Le FNI et la FRPI: Résistance locale et alliances régionales dans le nord-est du Congo (Usalama Project) (French Edition)

 
9781907431241: Le FNI et la FRPI: Résistance locale et alliances régionales dans le nord-est du Congo (Usalama Project) (French Edition)

Ce rapport, tout comme le précédent rapport consacré à l'Union des patriotes congolais (UPC), examine la baisse fulgurante de la violence armée en Ituri mais en déplaçant la perspective depuis les groupes armés Hema aux groupes armés Lendu. Plus précisément, il met l'accent sur le Front des nationalistes intégrationnistes (FNI) et la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI), deux mouvements établis formellement fin 2002 et qui tous deux émanent de plusieurs milices Lendu de petite taille. Si le FNI s'est en grande partie transformé en parti politique en 2005, la FRPI continue à ce jour de résister à toute intégration.

Les deux groupes sont nés de différends fonciers locaux et des guerres par procuration entre Kinshasa, Kampala et Kigali. À partir de 2005, l'implication du Rwanda et de l'Ouganda en Ituri a diminué, ce qui a aidé le gouvernement congolais et ses partenaires étrangers à arrêter ou intégrer les commandants des groupes armés et à démanteler les groupes. Cependant, le gouvernement n'a jamais examiné en profondeur les racines locales de cette lutte; par conséquent, la reprise du conflit reste une possibilité permanente, d'autant plus que l'on assiste actuellement à une hausse des tensions régionales du fait de la rébellion du M23.

Les milices Lendu ont été moins centralisées et cohésives que leurs homologues Hema, d'où une plus grande difficulté à parvenir à des accords de paix durables avec elles. Deux grands groupes se distinguent: les milices du nord de l'Ituri, instaurées à cause des conflits fonciers de 1999 et qui se sont largement dispersées sur plusieurs collectivités séparées par des zones contrôlées par les Hema; et celles qui ont ensuite été constituées de membres de la communauté Lendu du Sud vivant dans la collectivité de Walendu Bindi, qui affiche une grande homogénéité sur le plan géographique. Lorsque, en 2002, les combats se sont intensifiés en raison d'une guerre par procuration régionale, les groupes du Nord sont devenus le FNI, et les groupes du Sud, la FRPI. Brièvement, de la mi-2002 à la mi-2003, ces deux groupes ont non seulement bénéficié du soutien de l'armée congolaise mais aussi de celui de l'armée ougandaise, qui cherchait ainsi à contrecarrer l'UPC soutenue par le Rwanda.

Avec l'armée ougandaise, le FNI et la FRPI contraignirent l'UPC à quitter la capitale iturienne, Bunia, en mars 2003. Cependant, deux mois plus tard, alors que l'Ouganda s'était retiré du district, l'UPC reprit le contrôle de la ville lors d'une bataille qui fit des centaines de morts parmi les populations civiles. Au cours des mois qui suivirent, les deux groupes se retirèrent dans leurs bastions respectifs du nord et du sud de l'Ituri. C'est là que les conflits et autres clivages internes mirent rapidement en évidence l'existence d'un véritable fossé entre les responsables politiques et les commandants des milices locales du FNI, et encore plus de la FRPI. L'illusion de deux groupes armés bien organisés, créés en 2002 avec le soutien des gouvernements congolais et ougandais, s'évanouit de nouveau lorsque la réalité apparut: ces groupes étaient en fait des milices localisées et extrêmement fragmentées.

Fin 2007, la plupart de leurs commandants et troupes s'étaient intégrés dans l'armée congolaise. Si les responsables politiques du FNI créèrent un parti, la FRPI resta une force, certes de petite taille, mais perturbatrice à Walendu Bindi. En mai 2010, Cobra Matata, le plus célèbre des commandants de la FRPI, fit défection de l'armée et rejoignit ses anciens camarades. Depuis la fin 2011, il bénéficie des défections de l'armée et des nouvelles coalitions de rebelles, qui ont toutes été liées d'une manière ou d'une autre au M23. Entre-temps, Kinshasa oscille entre combats et négociations avec la FRPI, tout en ne cherchant guère à résoudre les tensions omniprésentes relatives aux questions foncières et au pouvoir local.

Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

About the Author :

Henning Tamm est doctorant en Relations internationales au St Antony’s College de l’Université d’Oxford et chercheur prédoctoral auprès du Programme sur l’Ordre, le Conflit et la Violence de l’Université de Yale.

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