L'EVENTAIL DU VIVANT. Le mythe du progrès

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9782020285032: L'EVENTAIL DU VIVANT. Le mythe du progrès

Collection Science ouverte . 303 pp.

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Revue de presse :

Dans L'éventail du vivant, Stephen Jay Gould nous confronte à la thématique du progrès en en discutant le sens. Entre le commentaire critique de l'évolution vue comme un progrès systématique, et en nous offrant une compréhension de Darwin à la lumière de l'actualité de l'histoire naturelle, l'auteur a une ambition qui concerne la nature même de la réalité, la «réalité naturelle» nous dit-il, qui est de nous convaincre que cette réalité est composée de populations d'individus variables et que les variations sont en elles-mêmes irréductibles car composantes mêmes de la réalité. C'est dire ici de façon très raccourcie l'argumentation qu'il nous propose pour nous aider à «questionner les évidences» qui tournent autour du concept de progrès.

Que peut-il bien nous dire d'autre ou encore que peut-il bien nous dire à nous, confrontés au monde de l'entreprise ?

D'abord, il vient nous aider à enrichir la métaphore organique de l'entreprise. Je rappellerai brièvement ici en quoi, la métaphore venant rendre le discours créatif, la métaphore organique appliquée à l'entreprise nous aide si souvent à penser l'entreprise (c'est le cas lorsque nous parlons d'évolution, de changement et d'adaptation de l'entreprise). Elle nous conduit en effet à approfondir notre réflexion sur la dualité variété - diversité à nous qui cherchons à la réduire aussi bien dans l'entreprise (par référence à un modèle type) qu'en dehors de l'entreprise (par référence à la stratégie de l'entreprise qui recherche une certitude propre à fonder son activité et ses marchés).

Il nous invite ainsi à apporter un contenu plus fondamental à ce que nous avons adopté de l'univers darwinien dans une acception socio-biologique appliquée à l'entreprise, c'est-à-dire à questionner le sens d'une réflexion sur le changement et l'adaptation. Les entreprises doivent s'adapter souligne-t-on constamment aujour-d'hui mais qui se soucie réellement d'apporter un contenu à ce terme ?

Stephen Jay Gould assume ses racines anglo-saxonnes par référence à Darwin (plutôt que Lamarck dont la pensée domine en France) mais aussi à Adam Smith, tout autant directement qu'indirectement (que de fois nous demande-t-il de nous référer à un «spectateur impartial», version morale de la «main invisible» de la Richesse des Nations). Ces références opèrent certainement sur le volet le plus défendable de l'univers de la pensée anglo-saxonne, c'est-à-dire le commentaire de Darwin, d'où son importance. Nous échappons en même temps à l'incontournable référence au naturalisme du marché, souvent unique, même si la «main invisible» du marché peut nous sembler, a priori, plus cohérente avec le monde des entreprises et c'est donc ce regard décentré qui nous intéresse au plus haut point.

Il nous invite aussi à nous inquiéter du «mur de gauche» de la complexité minimale et non du «mur de droite», celui de la loi des rendements décroissants (des efforts croissants conduisent à des résultats améliorés de façon de moins en moins évidente), message cohérent avec les dérives du management qui se focalise en effet presque exclusivement sur le «mur de droite», comme pour tout ce qui nous confronte à l'amélioration de la productivité.

Quant à l'utilité, l'auteur nous y confronte avec la plus totale humilité. Elle nous a conduit à voir un organisme suivant son intérêt pour l'homme alors que nous avons complètement oublié les bactéries. Et si, complétant la pensée de Stephen Jay Gould à la lumière des philosophes allemands Habermas et Jonas, nous ajoutions la dimension de la technoscience, déplaçant la thématique du progrès à celle du progrès technique, ne pourrions nous alors nous inquiéter de la lecture que nous donnons de l'utilité des choses en reprenant sa thèse ?

Le dernier grand champ de réflexion auquel nous invite l'auteur en regard des entreprises est celui de la complexité. Il souligne en effet, sous forme d'un pari, sa petite préférence pour une nature qui valoriserait plutôt une diminution de la complexité, à l'opposé de ce que nous croyions. Il met ainsi en évidence, au-delà d'une tendance active qui nous plaît à l'accroissement de la complexité, une tendance passive, non conventionnelle, sans direction préférentielle. Il défend donc une conception de l'évolution, profondément darwinienne, sans «sens» donné vers une amélioration de quelque nature que ce soit. Alors, pour revenir à un propos tenu plus haut, et si le changement de l'entreprise équivalait à s'adapter à une évolution elle-même dépourvue de sens au lieu de nos incantations à la nécessité de s'adapter à un monde inexorablement plus complexe ? -- Yvon Pesqueux -- -- Business Digest

Une vision anthropocentrique de l'évolution des espèces
Lorsque nous nous interrogeons sur le pourquoi de l'existence humaine et sur son évolution, nous laissons libre cours à des descriptions partiales qui nous semblent si évidentes que nous ne concevons pas qu'elles puissent être le produit de décisions sociales.
À notre prédilection pour les tendances centrales, opposons la richesse de sens des variations Toute étude d'un système évolutif suppose la prise en compte de l'ensemble de ses variations. Les moyennes ou les valeurs extrêmes que nous nous évertuons à choisir ou à calculer ne sont aucunement représentatives de l'ensemble du système. L'utilisation de tendances centrales ou de valeurs moyennes a donné lieu à nombre d'erreurs dont deux sont très représentatives : la croyance éperdue dans le progrès des espèces et... le regret de la disparition de la moyenne de 400 au base-ball* !
Le mode bactérien est d'une grande stabilité
La persistance et la stabilité du mode bactérien sur notre planète depuis les premières heures de la vie devraient nous aider à nous rendre compte que la tendance à la complexification des organismes est loin d'être la règle. Nous ne sommes qu'un élément isolé et notre présence des plus fortuites.
*ndlr : cet exemple, bien que non coutumier pour un lecteur français, constitue un pan entier de la démonstration de l'auteur. -- Idées clés, par Business Digest

Quatrième de couverture :

Un livre dérangeant ! Ne respectant décidément aucune idée reçue, Gould s'en prend ici à notre image d'une nature dont l'histoire serait régie par une logique de progrès. L'évolution, montre-t-il, n'est pas cette inéluctable marche vers une complexité et une subtilité croissantes qui, partant des formes les plus simples, culminerait triomphalement par l'apparition de ce chef-d'oeuvre, l'Homme. C'est en vérité la notion de progrès dans toute sa généralité qui est mise à l'épreuve par cet essai original, certainement l'une des oeuvres majeures de l'auteur et une importante contribution à la culture contemporaine. A l'aide d'exemples tirés des sciences naturelles (grandeur et décadence des chevaux), de son expérience personnelle (sa lutte victorieuse contre une maladie grave) et de l'histoire sportive (la prétendue baisse de niveau du base-ball), Gould nous montre l'impossibilité d'interpréter correctement l'évolution de tout phénomène si l'on ne prend en compte tout l'éventail de ses variations. Ainsi, réduire l'histoire de la vie à celle des organismes les plus complexes est gravement méconnaître la nature même de la théorie de l'évolution, et la portée radicale de la vision darwinienne. La forme de vie dominante sur Terre (et peut-être ailleurs ?) est, a toujours été et restera, celle des bactéries. L'apparition d'une vie intelligente et consciente n'était ni nécessaire, ni prévisible. Loin de nous décevoir, cette contingence de l'existence humaine, ainsi révélée par la science, ne fait qu'en rehausser la grandeur.

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Stephen Jay Gould
ISBN 10 : 2020285037 ISBN 13 : 9782020285032
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GOULD STEPHEN JAY
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Gould, Stephen Jay
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Description du livre SEUIL, 1997. Paperback. État : NEUF. Un livre dérangeant! Ne respectant décidément aucune idée reçue, Gould s'en prend ici à notre image d'une nature dont l'histoire serait régie par une logique de progrès.L'évolution, montre-t-il, n'est pas cette inéluctable marche vers une complexité et une subtilité croissante qui, partant des formes les plus simples, culminerait triomphalement par l'apparition de ce chef-d'oeuvre, l'Homme. C'est en vérité la notion de progrès dans toute sa généralité qui est mise à l'épreuve par cet essai original. certainement l'une des oeuvres majeures de l'auteur et une importante contribution à la culture contemporaine.A l'aide d'exemples tirés des sciences naturelles (grandeur et décadence des chevaux), de son expérience personnelle (sa lutte victorieuse contre une maladie grave) et de l'histoire sportive (la prétendue baisse de niveau du base-ball), Gould nous montre l'impossibilité d'interpréter correctement l'évolution de tout phénomène si l'on ne prend en compte tout l'éventail de ses variations. Ainsi, réduire l'histoire de la vie à celle des organismes les plus complexes est gravement méconnaître la nature même de la théorie de l'évolution, et la portée radicale de la vision darwinienne.La forme de vie dominante sur Terre (et peut-être ailleurs?) est, a toujours été et restera, celle des bactéries. L'apparition d'une vie intelligente et consciente n'était ni nécessaire, ni prévisible. Loin de nous décevoir, cette contingence de l'existence humaine, ainsi révélée par la science, ne fait qu'en rehausser la grandeur. - Langue : fre - Genre : Sciences appliquées Faits de société, Témoignages contemporains, Actualité, Bio SCIENCE OUVERTE. N° de réf. du libraire N9782020285032

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