L'amant en culottes courtes

Note moyenne 3,25
( 8 avis fournis par GoodReads )
 
9782020892841: L'amant en culottes courtes

612 pages.

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Revue de presse :

La première des précautions serait sans doute de prévenir le lecteur que ce livre n'est pas un manuel de dépucelage, mais d'abord un récit sur la mémoire, un travail d'écriture qui redessine les cercles concentriques d'un épisode amoureux lointain - donc très proche. Alain Fleischer étant aussi un homme d'image, photographe et plasticien, on dira que ce livre évoque plus l'exigence d'un cinéaste comme Luigi Comencini que les farces d'A nous les petites Anglaises. Et, comme dans un film de Hitchcock, la révélation du drame, ici de la volupté, ne peut surgir qu'une fois le décor planté et les personnages campés.
Le premier baiser entre notre jeune héros et sa proie, à moins que ce ne soit l'inverse, n'intervient qu'à la fin du premier tiers du livre, les deux autres tiers laissant évidemment libre cours aux gestes plus accomplis... L'Amant en culottes courtes est une éblouissante variation sur le geste amoureux, une révérence faite aux silences où s'enferment les souvenirs et à la fuite du temps, que le travail d'écriture tente de conjurer. Servi par un humour subtilement emprunté à nos voisins britanniques et porté par un style virtuose, ce roman est une plongée dans la carte du tendre, une ode au ravissement amoureux et l'exacte photographie d'un moment inaugural. Un livre de grande personne, destiné à celles et ceux qui savent qu'on ne passe pas impunément des bluettes de la comtesse de Ségur aux onze mille délires d'Apollinaire. Au bout de ces six cents pages, l'amour reste naturellement une évidence, une promesse et une énigme. (Gilles Heuré - Télérama du 2 septembre 2006)

[...]
On plonge dans cet océan de plus de six cents pages comme dans ses propres souvenirs, mais plus chatoyants, dans sa propre âme mais unifiée, on découvre de nouveaux plaisirs en lisant de nouvelles façons de les dire, telle cette pratique sexuelle qu'on ne nommera pas et que Fleischer décrit comme «le mouvement d'un récit, une douceur qui serait celle de quelque chose qu'on raconte à mi-voix, un secret, la douceur d'une histoire ancienne, enfin avouée, une douceur qui se décrirait elle-même, qui raconterait sa propre origine, son objet, son objectif». C'est qu'il s'agit, précise la quatrième de couverture, d'un «récit strictement autobiographique». En effet, rien de vrai ici, tout est littérature. Voilà en quoi il est «strictement» autobiographique, puisque tout entier dans l'acte scripturaire, rejoué, enluminé, déployé sur le temps qui sépare l'écriture de la vie, fruit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, etc.
[...] Osera-t-on dire qu'Alain Fleischer donne là un de ses plus beaux textes, car un des plus généreux ? Certains ont pu d'autres fois lui reprocher des longueurs, ou de lasser par jeux d'esprit et répétitions, mais on ne quitte, comme le narrateur Barbara, cet Amant en culottes courtes qu'à regret. C'est un flot qui emporte la lecture, dont on ne sort la tête que pour jubiler, apostropher seul l'écrivain, comme s'il était avec nous, comme si nous étions lui. (Eric Loret - Libération du 14 septembre 2006)

Le sentiment n'apparaît ici qu'en filigrane. Cet enfant qui ne porte pas encore de pantalon mais nourrit un intérêt certain pour la culotte est en effet partagé entre deux mondes. Car tandis qu'il continue à mener son existence de gamin rythmée par les jeux et les jouets, il n'en est pas moins le témoin d'une autre histoire. Les dernières pages du livre, récit du voyage que l'adolescent effectue dans le pays natal de son père, la Hongrie, réduisent à néant l'expérience du séjour anglais. En lisant la plaque d'un monument aux morts sur laquelle figure le nom d'une dizaine de Fleischer disparus en 1944, le narrateur en vient à penser que son séjour londonien n'était que «simulacre, supercherie et imposture». Faut-il comprendre que le roman l'est aussi ? Il le serait, n'étaient ces ultimes images de Hongrie : du néant qu'elles incarnent surgit un commencement. (Bernard Géniès - Le Nouvel Observateur du 5 octobre 2006)

Un mot de l'auteur :

C'est un récit autobiographique, le premier de ce genre pour moi, publié après que j'ai fait paraître d'assez nombreux romans, et dont l'idée consiste à restituer aussi fidèlement que possible un souvenir particulièrement marquant entre l'enfance et l'adolescence, puisque c'est celui de «la première fois», au sens de la première aventure amoureuse et sexuelle. Cela se passe en Angleterre, à Londres très exactement, au mois de juillet 1957, alors que j'ai 13 ans et que je suis en séjour d'apprentissage de l'anglais dans une famille. Voilà ce que raconte le livre. Si je l'ai écrit maintenant, c'est que, pendant longtemps, j'ai considéré que l'anecdote était trop mince pour donner lieu à un livre. Et c'est après avoir expérimenté l'écriture romanesque que j'ai pu donner à ce souvenir de jeunesse une forme littéraire qui me semble le restituer avec fidélité. Ce n'est pas un roman ; c'est, comme je l'ai dit, un récit strictement autobiographique. Pourtant, sa forme est romanesque. C'est seulement ainsi que j'ai pu ne pas trahir ce qu'était ce souvenir que j'ai emporté avec moi pendant très longtemps, comme une sorte de jardin secret où j'aimais me réfugier les jours d'humeur maussade. C'est maintenant que l'envie est venue de lui donner cette forme. L'écriture en a donc été une sorte de retrouvaille. Disons qu'écrire ce livre est la dernière occasion de revivre «la première fois». Et contrairement à l'oeuvre romanesque de fiction qui est une projection dans un avenir architectural, ce travail-là est plutôt une fouille archéologique qui fait ressurgir un vestige du passé enfoui dans les sables de la mémoire, l'écriture consistant à gratter autour d'un affleurement, de quelque chose qui fait surface, et de voir ce qu'il y a plus en profondeur. Et j'ai découvert, en écrivant, que la mémoire est beaucoup plus fine, beaucoup plus riche qu'on ne le croit, surtout autour d'événements marquants. Voilà ce que je peux dire, en saluant ceux qui me liront.

(Propos recueillis par téléphone)

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