Entre les oreilles

Note moyenne 3,25
( 12 avis fournis par GoodReads )
 
9782070766765: Entre les oreilles
Extrait :

Prologue de l'oreille
« Pourquoi que vous avez plaqué votre femme ? demanda-t-elle.
— Parce qu'elle aime trop les crevettes », dit-il
Faulkner, Sanctuaire

Par conséquent, il me semblait nettement plus opportun d'en finir dès aujourd'hui. Je devais accepter l'idée qu'il s'était passé quelque chose. Une évidence que cette chose ; je pouvais donc commencer à angoisser car je savais mes évidences bordées par la fragilité. L'hésitation s'y greffait toujours comme une seconde peau. On respire un peu plus qu'à l'habitude, on accumule du souffle juste ayant d'entrer, on rêve au temps d'avant l'évidence. On rêve au temps où l'on aimait gentiment l'oreille de sa fiancée Mireille.

Cette pensée m'angoisse, une ombre calme mais tenace. Je n'aime plus son oreille. C'est énorme et faible comme une fissure. Comment continuer ? On ne peut décemment feindre de l'intérêt pour une oreille déchue. Jusqu'ici je l'avais tant aimée, son oreille. Elle m'était devenue sympathique après huit mois d'une liaison décente ; je l'avais même léchée certains soirs. Elle me dégoûte maintenant avec toute son idiote rondeur. La porte du domicile de Mireille semblait savoir, je ne peux l'expliquer, c'est le bois qui tiédissait. Les objets testent toujours nos émotions comme des amis silencieux, sans voix et sans oreilles. La porte s'ouvrit. Au lieu de me précipiter comme à mon habitude sur Mireille, j'ai rêvé un instant que nous aurions précédemment fécondé un fils qui dormirait sagement dès dix-neuf heures (une éducation à la norvégienne) ; j'aurais pu alors contempler ma progéniture pour gagner du temps. Puis, j'admis que si nous avions un enfant, le moment présent eût été plus laborieux ; en un sens, je fus soulagé. C'était presque une méthode, s'angoisser davantage pour voir du rose.

Les délices d'autrefois (sa fragilité névrotique), son petit visage à présent gâché, j'étais si lâche. L'odeur du drame me prenait sous les aisselles pour me tasser au plafond. Je ne demandai même pas ce qu'elle avait préparé à dîner malgré un appétit d'habitude. Je tenais bon ; je fermai les poings pour absorber le récit de sa journée, je hochai la tête d'une manière honorable, efficace, honorablement efficace. Je me découvris une capacité à illusionner. Capacité certes minable puisque j'attrapai ma serviette de table pour m'éponger. L'essentiel était qu'elle ne me demande surtout pas ce que j'avais.
« Qu'est-ce tu as mon chéri ? Je te trouve un chouia bizarre. »
C'est le chouia qui m'a achevé. Oui je m'éponge, moi le sec. Je voulais tant contourner l'inévitable, mais mon corps me trahit ; je mens comme un sérum de vérité. Sur ma tête se lit le choc de l'oreille, ah.
C'est fini.
« Je n'aime plus ton oreille. »
Il y eut un soupir médiocre, et des larmes égales. Avouons que cette séance fut assez digne. On ne s'éternisa pas. En général, c'est tout le problème de l'amour, l'agonie. Le motif que j'ai invoqué y fut certainement pour beaucoup, provoquant chez elle une réaction vive, brutale, excessive. Elle me propulsa sur le palier d'un coup de pied. J'avais toujours soupçonné en elle la capacité à être l'homme de notre couple. Elle savait réagir, virer les malpropres, les amants qui, subitement, n'aiment plus son oreille. Je décelais un peu trop de brutalité, je n'aimais pas ça la brutalité, pas très féminin la brutalité. J'avais bien agi finalement, Mireille était trop brutale. Et vulgaire. Oui, très vulgaire.
© Gallimard

Quatrième de couverture :

«Mon psychanalyste, constatant la vanité de ses efforts pour m'aider à mettre de l'ordre dans ma vie sentimentale, fit l'inventaire des causes de mes ruptures : Mathilde n'aimait pas les ciels ocre de Basse-Normandie (je maintiens, c'est rédhibitoire), Joséphine n'avait pas lu Virgile (je ne pouvais pas me commettre avec une telle fille, c'eût été cautionner), Christine buvait son café sans sucre (manque de goût évident), Ghislaine avait lu Virgile (je passais pour un idiot quand elle m'en parlait), et Catherine s'appelait Catherine (sans commentaires).»

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David Foenkinos
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Description du livre GALLIMARD, 2002. Paperback. État : NEUF. " Mon psychanalyste, constatant la vanité de ses efforts pour m'aider à mettre de l'ordre dans ma vie sentimentale, fit l'inventaire des causes de mes ruptures : Mathilde n'aimait pas les ciels ocre de Basse-Normandie (je maintiens, c'est rédhibitoire), Joséphine n'avait pas lu Virgile (je ne pouvais pas me commettre avec une telle fille, c'eût été cautionner), Christine buvait son café sans sucre (manque de goût évident), Ghislaine avait lu Virgile (je passais pour un idiot quand elle m'en parlait), et Catherine s'appelait Catherine (sans commentaires)." - Nombre de page(s) : 208 - Langue : fre - Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance BLANCHE. N° de réf. du libraire N9782070766765

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