Dictionnaire d'esthétique et de philosophie de l'art

 
9782200346591: Dictionnaire d'esthétique et de philosophie de l'art
Extrait :

Extrait de la présentation générale :

L'esthétique est un domaine dont l'identité reste à bien des égards discutée. Non seulement on y trouve des contributions très hétérogènes, en raison de la diversité des sujets abordés et des manières de les traiter, mais la conception même de ce qui constitue son champ de recherches est loin de faire l'unanimité. Dans l'idée immédiate que l'homme de la rue a du mot et de la notion, l'esthétique semble inséparable des idées d'apparence et de beauté, au sens le plus prosaïque du terme; il suffit d'ailleurs d'utiliser un moteur de recherche en ligne pour constater que l'adresse des esthéticiennes l'emporte sur les institutions qui ont façonné la généalogie de la discipline. «L'esthétique, il y a des salons pour ça !» pourrait-on être tenté de dire, en parodiant une réplique célèbre et bornée. Et pourtant qui se satisferait d'une réaction qui laisse de côté une bonne part de ce qui constitue l'apport le plus précieux légué par une tradition séculaire, sinon millénaire ?

Apparue tardivement dans le champ des disciplines constituées, l'esthétique a en fait toujours été partagée entre deux orientations divergentes, souvent complémentaires et parfois rivales.
D'une part, une approche de base anthropologique qui cherche à spécifier un type de réaction à des expériences fort diverses de contenu mais qui toutes procurent une forme de satisfaction (ou une absence de satisfaction) caractéristique : c'est par exemple le cas du sentiment de plénitude éprouvé devant la majesté d'un paysage de montagne, du trouble subtil procuré par un pas de deux ou de la grâce un peu mièvre que suggère un bibelot. Nous sommes rarement neutres devant le monde et si certaines disciplines s'acharnent à rechercher le maximum de généralité dans la compréhension de l'ordre des choses ou les moyens les plus efficaces de le modifier, il semble que l'esthétique soit concernée en propre par la spécificité irréductible qui est celle de l'univers sensible et la variabilité infinie dans les manières d'y répondre.
D'autre part, une attention plus ou moins informée dirigée vers une classe parti­culière d'artefacts ou d'événements qui, bien que phénoménologiquement disparates, relèvent néanmoins de principes de classification assez stables. Certes l'ensemble des objets et des expériences étiquetés comme relevant des «arts» possèdent en général d'autres fonctions (liées aux rites, à la dévotion religieuse, à la vie politique, à la distraction, à la décoration, etc.). Mais ils sont également et surtout le support d'un complexe spécifique d'activités qui les situent dans un espace spécialisé (d'exposition, de réalisation, de conservation, etc.) et en font l'enjeu d'appropriations spécifiques (celles du goût, de la culture, mais aussi du jeu, du loisir, de l'élitisme ou de la démocratisation). En ce sens, la réflexion philosophique s'en est toujours préoccupé, puisqu'elle les rencontre à titre de formes exemplaires de la technè, quel que soit le domaine considéré. De certains d'entre eux qui font l'objet d'un soin tout particulier ou qui s'inscrivent dans un contexte de réception sélectionné, nous disons qu'ils sont des oeuvres d'art, même si leur identité spécifique reste problématique - c'est la question de la définition de l'art - et si leur lien avec d'autres domaines de la production d'objets (de l'artisanat au design industriel) ou avec d'autres registres d'activité (des expressions spontanées aux formes sociales de réponse) reste une question ouverte.

Présentation de l'éditeur :

Toute civilisation perçoit le monde à sa manière, et en exalte des aspects spécifiques si bien qu'objets, corps et comportements sont assujettis à des normes esthétiques qui, pour n'être pas toujours explicites, n'en sont pas moins impérieuses.
Il en résulte aujourd'hui une «esthétisation» de l'existence et une difficulté des arts proprement dits à se situer dans ce contexte. L'opacité des mythologies contemporaines et la prolifération des discours et théories sont autant de raisons de développer une réflexion dédiée en propre à ces questions.
Or, paradoxalement, en tant que discipline à part entière du champ philosophique, l'esthétique est mal connue, volontiers marginalisée ou abandonnée aux intuitions les plus vagues.
L'ambition de ce dictionnaire est de contribuer à une cartographie de son territoire. Il fait le choix d'une approche notionnelle, centrée non pas sur les auteurs ou sur les oeuvres mais sur les concepts, leur définition, leur généalogie, leurs contenus et leurs relations.
À travers quelque 240 entrées, sont ainsi abordées les principales questions relatives au fonctionnement de l'art, au niveau ontologique, sémiotique, intentionnel, évaluatif, etc. Quelques articles plus spécifiques portent sur des aspects caractéristiques de certains arts, notamment visuels.
Enfin une trentaine d'essais ouvrent autant de perspectives sur des tendances contemporaines - comme les arts de masse, l'écologie ou la cognition - ou proposent des relectures des grandes interrogations philosophiques.
À la fois outil de référence et de formation, cet ouvrage vise à mettre en évidence l'importance d'une discipline et à donner aux étudiants un accès de plain-pied à l'essentiel des débats contemporains sur le sujet.

Jacques MORIZOT et Roger POUIVET sont tous deux professeurs de philosophie, respectivement à l'université de Provence et à l'université de Nancy. Ils se sont entourés d'un comité scientifique comprenant Dominique Château, Danièle Cohn, Jean-Pierre Cometti et Bernard Vouilloux, et de près de 80 rédacteurs dont une importante proportion de jeunes chercheurs.

Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

(Aucun exemplaire disponible)

Chercher:



Créez une demande

Si vous ne trouvez pas un livre sur AbeBooks, nous le rechercherons automatiquement pour vous parmi les livres quotidiennement ajoutés au catalogue.

Créez une demande