Je ne sais rien... mais je dirai (presque) tout

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9782259202954: Je ne sais rien... mais je dirai (presque) tout

Du corbeau de l'affaire Juppé à l'ouragan Clearstream, de la surveillance du parti communiste sous Mitterrand à la chute de la maison Pasqua, en passant par la déstabilisation de François Léotard après l'assassinat de Yann Piat, on ne compte plus les affaires dans lesquelles le seul nom d'Yves Bertrand tient lieu de sésame : Il est dans le coup ! . Maintes fois entendue, cette exclamation en dit long sur l'aura de ce personnage qui, jusqu'alors, avait obstinément refusé de s'exprimer à mots découverts sur les méandres d'une carrière épousant les contours les plus dissimulés de la République. Directeur central des Renseignements généraux de 1992 à 2004, après avoir tout connu de ce service alimentant suspicions et fantasmes, Yves Bertrand restera-t-il comme le Hoover français , du nom de l'ancien patron du FBI qui fit trembler trois générations d'hommes politiques américains? Avec une franchise parfois déroutante, et par de nombreuses anecdotes inédites, il répond aux questions que se posent les Français sur le renseignement intérieur et sa logique profonde. Existe-t-il encore une police politique? A quoi servent les notes blanches et les dizaines de milliers de fiches nominatives archivées dans les ordinateurs de la Place Beauvau? A force de renseigner ceux qui gouvernent, n'est-on pas tenté de manipuler l'information, voire d'en faire usage pour son seul profit? Enfin et surtout, voit-on les hommes de la même façon quand, pendant tant d'années, on s'est efforcé d'être les yeux et les oreilles du pouvoir, qu'il s'agisse d'enjeux véniels, comme l'issue d'une élection cantonale, ou majeurs, comme la lutte contre le terrorisme ou les réseaux pédophiles?

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Extrait :

Immobile derrière son bureau, il balaye d'un oeil faussement distrait l'énorme dossier que je lui ai apporté. Des coupures de presse par centaines, relatant les «affaires» d'Etat réelles ou supposées dans lesquelles son nom est cité, depuis près de vingt ans...

«Que voulez-vous que je vous dise ? Il y a du vrai. Il y a du faux. Et puis, il manque des choses...»

A soixante-trois ans, Yves Bertrand n'est blasé qu'en apparence. Il est simplement passé maître dans l'art de tout relativiser, mithridatisé, en quelque sorte, par les assauts erratiques d'une chronique politico-médiatique qui se brise sur son silence sans parvenir jamais à éroder son sang-froid. Celui du reptile ? Dans le long portrait qu'a brossé de lui Piotr Smolar, du Monde, en janvier 2004, juste avant qu'Yves Bertrand ne quitte la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) - l'un des postes les plus sensibles de la République avec le contre-espionnage -, le grand mot est lâché : «S'il était un animal, ce serait sans doute le caméléon, lequel jouit de deux aptitudes privilégiées : un champ de vision de 360° (ses yeux se déplacent de façon indépendante) et la capacité de changer de couleur en réponse aux modifications de son environnement.»
Nicolas Sarkozy va plus loin. Comme Smolar l'interrogeait en 2002 sur ce même Bertrand qu'il aurait souhaité remplacer, aussitôt nommé ministre de l'Intérieur, si Jacques Chirac, alors à l'Elysée, ne s'y était pas énergiquement opposé, le futur président de la République «avait esquissé une grimace, joint ses mains et imité un serpent se faufilant entre les fougères».
Deux ans plus tard, Sarkozy parviendra à ses fins : n'ayant pu obtenir par décret présidentiel le départ du patron des RG, il attendra, non sans quelque impatience, que celui-ci atteigne les soixante ans de sa retraite réglementaire pour lui faire intégrer l'Inspection générale de l'administration, corps de contrôle certes éminent mais qui, au même titre que l'IGPN (l'Inspection générale de la Police nationale, la fameuse «police des polices»), passe pour une semi-retraite.
Et pourtant ! Si même Yves Bertrand avait eu, alors, la tentation de se faire oublier, il aurait vite déchanté...
Au creux de l'été 2004, Charles Pasqua, dont l'odeur de soufre n'a rien à envier à celle de Bertrand, accuse celui-ci d'avoir aiguillé sur sa piste le juge Philippe Courroye qui, sans sa fatale intercession, l'aurait sans doute épargné...

Puis c'est Nicolas Sarkozy qui l'accuse droit dans les yeux d'avoir été le complice de sa mise en cause dans l'affaire Clearstream, et même d'autres coups dirigés contre lui. Quelques semaines plus tôt, Sarkozy a appris - officiellement - que son nom apparaissait sur les listings Clearstream trafiqués et, le 15 octobre, lors d'un entretien orageux avec Dominique de Villepin, qui l'a remplacé au ministère de l'Intérieur, il s'est offusqué que son successeur ne l'ait pas mis au courant de l'enquête diligentée à ce sujet par la DST. Laquelle, de fait, concluait à une manipulation !
Entre les deux hommes, c'est désormais la guerre totale. Et comme Bertrand est réputé proche de Villepin, le voici à présent du mauvais côté de la barricade.
De Clearstream, Bertrand ne connaît alors que peu de chose, à l'exception peut-être du principal. Il a eu entre les mains, fin 2003, un premier listing recensant certains détenteurs de comptes. Le CD-rom lui a été transmis par l'un de ses informateurs et, après l'avoir fait analyser par les informaticiens des RG, il en a conclu que cette liste ne présentait pas d'intérêt. «Et pour cause, explique aujourd'hui Yves Bertrand. Elle ne contenait aucun nom connu, et ceux qui y figuraient ne disaient rien à nos services. A posteriori, voilà qui deviendra l'information essentielle : la preuve que le nom de Sarkozy, mais aussi ceux de Chevènement, Madelin et de bien d'autres, ont été rajoutés après !» CQFD.
Mais quand, un an plus tard, en novembre 2004, Nicolas Sarkozy qui vient de prendre la tête de l'UMP, convoque Bertrand au siège parisien du parti, rue La Boétie, son nom est apparu sur les listings de Clearstream. Sans accuser formellement Bertrand d'y être pour quelque chose, le futur président de la République lui fait savoir qu'il le tient à l'oeil. «Je sais que vous complotez contre moi.» Et de lui citer des noms d'officines privées que serait censé connaître l'ancien patron des RG et qui seraient, elles, parfaitement capables de monter un tel «chantier»...

Biographie de l'auteur :

Interrogé par Eric Branca, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, Yves Bertrand, Directeur central des Renseignements généraux de 1992 à 2004, brise le silence.

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