Dictionnaire amoureux de la Rome Antique

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9782259212458: Dictionnaire amoureux de la Rome Antique
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Dictionnaire amoureux de la Rome Antique

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Extrait :

Affranchis, même un peu trop

On pense tout de suite à l'exubérance assez trash de Federico Fellini, mettant en scène, en 1969, le Satyricon de Pétrone. L'affranchi Trimalcion, un nouveau riche, la bedaine enflée et la trogne suante, s'y répand en largesses ostentatoires et en dépenses vulgaires. Il donne un banquet dispendieux, mixte de «grande bouffe» et de partouze. Il ne conçoit pas qu'un dîner ne soit pas une orgie, puisqu'il s'agit de faire étalage des excès de sa fortune. Il bâfre et engloutit. Cette mangeaille, on l'a compris, est la métaphore d'un autre appétit : le pouvoir. Celui de tout acheter, de tout dévorer, donc de tout contrôler. C'est sous l'empire que cette captation s'est accomplie. «Rome à trois affranchis fut longtemps asservie», dit Racine (Britannicus, I, 2). Il se souvient sans doute d'un mot de Tacite à propos des empereurs romains : «Ils sont les maîtres des citoyens et les esclaves des affranchis.»
Dès qu'on s'intéresse à l'histoire politique ou aux moeurs privées de Rome, on tombe sur ces affranchis, personnages à la fois obscurs et dominants, impliqués dans les intrigues et mêlés aux crises. Ce sont d'anciens esclaves, domestiques des villes ou des campagnes. Leur maître les a libérés, par testament, pour services exceptionnels, souvent pour qu'ils le servent encore ou autrement, puisqu'ils restent ses «clients». Le rite est rapide : un témoin suffit. Les vieux citoyens oublient vite les origines de ces libérés (liberti ou libertini) qui sont dans un état médian, plus esclaves, pas encore citoyens libres. Ils ont su se rendre indispensables. En théorie, ils ne possèdent guère de droits civiques. Mais ce sont forcément des débrouillards. Ils se mettent à leur compte. Ils font du commerce ou de la petite industrie et ils s'entremettent pour manigancer au profit d'une classe supérieure qui ne sait plus rien démêler par elle-même.
Car, dans cette affaire, tout le monde est gagnant. L'affranchi prend le nom et le prénom de son maître, qu'il reconnaît comme parrain, patron ou protecteur (patronus). Il lui doit respect (obsequium). Quant au maître, il s'est inventé un indispensable agent. Car les sénateurs, par exemple, ne pouvaient monter un commerce : leur affranchi sera leur truchement pour de lucratives activités. Il ne leur fera d'ailleurs pas d'ombre : toutes les précautions sont prises. Il ne peut accéder aux magistratures ni au cursus honorum. Il ne peut ni voter ni être élu. Mieux, il reste à la disposition de son ancien maître et n'a pas le droit de l'attaquer en justice. Il ne peut épouser une femme libre. Voilà pourquoi, au cours de l'empire, l'affranchissement est fréquent et parfois collectif, au point qu'Auguste devra limiter l'âge minimum (vingt ans) du maître qui affranchit et l'âge (trente ans) de l'esclave à affranchir (Lex Aelia Sentia). Une génération passée, les choses se fluidifient : les enfants d'affranchis deviennent des citoyens à part entière, comme le poète Horace, le protégé de Mécène, ou comme Polybe, l'historien.
Finalement, les rouages économiques, voire politiques, de la société romaine passent aux mains d'affranchis : ils sont médecins, architectes, grammairiens, banquiers, précepteurs, administrateurs, bureaucrates, confidents, ambassadeurs. Ils s'insinuent dans la cour impériale où ils régentent tout, pendant que leurs maîtres se dissipent en bains, fêtes et banquets. Ils les poussent à se dévergonder et à leur laisser les charges, quitte à les trahir si le vent tourne. Ainsi, c'est l'affranchi Calliste qui encouragea l'insane Caligula dans sa folie et ses crimes, avant de tremper dans son assassinat.

Revue de presse :

Cette visite guidée dans le monde romain pourra se faire par des entrées imposées (César, Caligula, Gladiateurs...) ou des chemins de traverse plus insolites - saviez-vous que la secte des pythagoriciens était l'ancêtre de nos scientologues ? L'ancien ministre de l'Éducation nationale en profite pour mettre à mal ces clichés qui aiment à représenter les Romains "banquetant, vautrés sur leurs lits pour s'empiffrer et s'enivrer". Son dictionnaire est érudit, haut en couleur, fouillé et surprenant, pédagogique sans jamais être professoral. (Thomas Mahler - Le Point du 29 septembre 2011)

Un petit bijou d'érudition que l'on ouvre comme un coffret. A l'intérieur, des trésors qui flattent l'esprit, rafraîchissent la mémoire et ramènent au bon temps des salles de classe silencieuses. C'est en prodigieux machiniste des imaginations que Xavier Darcos redresse les colonnes, remonte les murailles, ranime l'Urbs et la repeuple de tous ses grands hommes. Dans son Dictionnaire amoureux de la Rome antique, en latiniste distingué (il est aussi helléniste), il a mis tout son coeur et beaucoup de science. Et parvient à nous faire remonter le temps avec le talent d'un archéologue qui prendrait sa revanche sur Cecil B. DeMille. Darcos s'amuse, et le lecteur en tire le plus grand profit. (Christian Makarian - L'Express, novembre 2011)

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DARCOS XAVIER
Edité par PLON <000094 1/21/2014 (2014)
ISBN 10 : 225921245X ISBN 13 : 9782259212458
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(Migné Auxances, France)
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Description du livre PLON <000094 1/21/2014, 2014. Etat : Neuf. N° de réf. du vendeur 9782259212458

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