L'années des millions ou Comment l'amour m'a sauvée de la fortune

 
9782290330197: L'années des millions ou Comment l'amour m'a sauvée de la fortune
Extrait :

CHAPITRE 1

Octobre 1999
Ça y est ! Nous avons 50 millions. 50 millions de francs qui sont en train d'arriver sur notre compte, enfin, sur le compte de la société. Oui, oui, faire attention, ne pas mélanger, ils ne sont ni sur mon compte ni dans ma poche. Moi, j'ai mon salaire, le même qu'avant, mais quand même ! J'ai l'impression d'être riche. Isalou est au téléphone avec notre banquier, il attend la confirmation du virement sur son ordinateur. 50 MF !
50 MF ? Un immense appartement à Paris et une maison dans le Sud et un chalet à la montagne et un palace au bout du monde... Des petits tailleurs Chanel et toute la collection de chaussures Vuitton et des journées entières à se faire masser dans les spa les plus chics... - En plus, dit Isalou au banquier, vous n'oubliez pas de nous faire deux cartes Gold pour qu'on aille faire du shopping !
Elle rit de sa plaisanterie avant de négocier les taux d'intérêt de la somme qu'il va placer. Déjà, je vois les effets des 50 millions. Isalou prend de plus en plus d'assurance. Moi, J'ai chaud, j'ai faim et de plus en plus de mal à respirer. Un poids de 25 MF sur chaque épaule. 50 MF.
Voilà comment tout a commencé. Il y a six mois, j'étais à New York, pour interviewer Katy O'Connor, la P-DG d'un site Internet féminin américain.

CHAPITRE 2

6 mois plus tôt...
Avril 1999, New York
Comme toujours avant d'interviewer un grand patron, là, une grande patronne, j'ai le trac. Pour essayer de me détendre, je m'enfonce dans un fauteuil en mousse rouge. Au dernier étage de cet ancien atelier industriel new-yorkais, je m'imagine de retour à l'école maternelle : un plateau ouvert et lumineux, des murs de couleurs acidulées et des ordinateurs qui ressemblent à de gros jouets, tout semble conçu pour travailler en s'amusant. Les employés jouent à la start-up dans leur petit bureau en cubicule : ils ont l'air tellement heureux de créer le premier des magazines féminins sur Internet. Il y a de quoi, ce sont tous de nouveaux millionnaires. Leur société vient d'entrer en Bourse, cotée au Nasdaq et l'action a triplé dès le premier mois. Ce n'est pas à moi, en France, en travaillant à la télé, que ça risque d'arriver...

Ma prochaine émission traite de l'incroyable succès d'Internet aux États-Unis. Il n'y a eu encore aucun reportage dessus en France, faut se dépêcher, c'est dans l'air. Après une semaine passée dans la Silicon Valley, j'ai les nerfs qui débordent de jalousie. Tous, tous, tous, ils ne parlent que d'argent, en millions de dollars, des millions qui coulent comme du sang frais dans le gosier d'un vampire. Ils doivent me mépriser, moi, pauvre journaliste d'un pays du tiers-monde numérique venue les admirer dans leur parc technologique.
- C'est bon, Katy est prête. Si vous voulez bien me suivre...
Un peu boulotte, la cinquantaine, l'assistante de Katy n'est pas digne d'être filmée par Éric, le réalisateur, un grand blond blasé dans un uniforme en jean délavé de baroudeur. À quarante ans, Éric a tout vu, tout filmé... La seule chose qui le fasse encore cavaler, avec ou sans caméra, ce sont les superbes New-Yorkaises de vingt ans qui marchent vite, sans le remarquer. Millionnaires, elles sont.

Juste avant d'entrer dans le bureau de la pédégé, Éric rajuste mon micro et teste le son. Il se poste derrière moi, en position de cadreur, la Betacam sur l'épaule. C'est bon, on peut y aller. Je frappe à la porte et ouvre doucement, pour donner l'impression de pénétrer dans un sanctuaire de la technologie.
C'est chic. Tout est sobre, pour contraster avec le reste de l'immeuble. Sur le bureau en verre sont disposés un immense bouquet de fleurs blanches, fraîches du matin, et un ordinateur chromé, dernier modèle.
Katy se lève et nous accueille avec un sourire travaillé relations publiques. Elle est belle, mince et habillée tout en noir. Son visage maquillé très naturel est encadré par une masse de cheveux châtains bouclés comme seules les Américaines savent l'entretenir. D'après sa bio, elle a cinquante-quatre ans, deux enfants et est d'origine canadienne. Elle a commencé manager chez Disney puis est devenue un des plus gros cadres de CBS avant de lancer ce magazine, il y a cinq ans, tout au début du web.
Elle doit faire des exercices tous les jours, vu les bras musclés qui dépassent de son top sans manches en cachemire noir.
Son biceps se tend lorsqu'elle me sert la main et dit “ bonjour ” en français, avec un gros accent canadien. Je m'assieds en face de son bureau. Éric filme tout, on verra plus tard ce qu'on gardera au montage.
Elle propose de parler français. J'accepte, c'est bien plus facile que de faire une traduction. - Alors, comment vous est venue cette idée de créer un magazine féminin sur Internet ?

Il a fallu batailler pour obtenir cette interview. Sa directrice des relations presse ne voulait pas déranger cette patronne si débordée pour une télé française. Chaque fois que je pars en reportage aux États-Unis, je m'aperçois que les médias français ne représentent rien pour eux. Alors qu'en France, il suffit d'un coup de téléphone pour se voir dérouler un tapis rouge de bienvenue. Mais bon, ça remet les pendules à l'heure et rabaisse l'ego gonflé par les passages à l'écran. Après tout, ce n'est que de la télé. J'y travaille depuis dix ans, rentrée comme stagiaire. Aujourd'hui, j'ai mon émission que je produis et présente. J'ai bossé dur pour en arriver là. Dur, et beaucoup. Je n'ai même fait que ça, en dix ans, travailler...

Katy O'Connor raconte pour la centième fois devant une caméra l'histoire de sa formidable ascension. Son discours est rodé, elle m'épate par l'énergie positive qu'elle dégage. C'est la gym et les millions... J'aimerais tant lui ressembler !
- Vous êtes riche ?
Ma question ne la surprend pas. Elle rigole, relève ses cheveux et les laisse retomber sur ses épaules. Elle est fière.
- Très riche. Je pèse 400 millions de dollars.
- Excusez-moi, il faut que je change de cassette, dit Éric.
Dès que ça commence à devenir intéressant, il faut s'arrêter pour des questions techniques. C'est la télé. De l'humain et de la technique.
- Et vous, vous faites quoi ?
- Moi ?
C'est rare que les interviewés me posent des questions. Je me sens flattée, elle s'intéresse à moi. À moins que ce ne soit juste un truc de pro pour mettre les journalistes dans sa poche...
- Je produis cette émission sur la technologie, à la télé française, depuis cinq ans. C'est ma passion.
- C'est bien. Il n'y a pas encore de magazine féminin sur le net en France, n'est-ce pas ?
- Non, il n'y a pas grand-chose pour l'instant ! Vous allez venir en France bientôt ?
- Pas d'ici trois ans. L'Europe n'est pas notre priorité.
Katy vérifie qu'Éric n'a pas repris le tournage. Il fouille dans son sac, il va changer la batterie en même temps que la cassette.
Elle se penche vers moi, je peux voir les ligaments de ses épaules :
- Mais allez-y, vous. C'est un bon business. Vous avez l'air bien pour faire ça. C'est le moment. L'Europe se réveille.
Pourquoi me dit-elle ça ? Ça se voit tant que ça, que je bave sur ces millions faciles ? Des sociétés toutes jeunes qui valent déjà des milliards de dollars... Pourquoi pas moi ? Je rougis.
- Vous avez quel âge ?
- Trente-trois ans...
- Vous avez des enfants ?
- Non...
- Vous avez encore le temps pour ça.
Elle balaie d'une main ma réponse de célibataire angoissée. J'ai lu dans sa bio qu'elle a eu ses enfants après quarante ans. Je souris. Merci...
- Alors, foncez. C'est le moment.
- C'est bon, on peut reprendre, dit Éric en se remettant debout derrière moi.
Je continue l'interview en espérant que Katy me parle à nouveau personnellement. Deux minutes plus tard, elle s'excuse. Elle a son conseil d'administration à préparer. Je déborde d'admiration. Ses cheveux, ses muscles, son cachemire noir, ses 400 millions, ses deux enfants, son magazine, son conseil d'administration... Éric la filme en train de travailler sur son ordinateur pour les plans de coupe. Plus un regard. Elle nous a déjà oubliés. Déjà ? Adieu, French TV !

...

Amazon.fr :

Il y a des femmes qui sont journalistes. Qui rêvent d'argent, d'Internet et d'amour. Qui lâchent leur super boulot à la télé. Qui "montent" un site féminin sur la Toile. Qui rencontrent de beaux ténébreux surdoués. Qui "lèvent" cinquante millions de francs auprès de banques gourmandes et inhumaines. Qui flambent l'argent qu'elles n'ont pas encore gagné. Qui se disputent avec leur copine-chef. Qui perdent tout… sauf l'amour… et qui en font un livre ! Chine Lanzmann, dans la vraie vie, fut journaliste, productrice télé et cofondatrice de newsfam.com. Dans son roman, sa "fiction", l'héroïne s'appelle Chance et le site qu'elle monte webdesfemmes.com. Son concurrent direct est 1-2-3-femmes.com. Son amoureux, c'est David Lautner. Et leur milieu ressemble à la jungle. En pire. C'est dire. Mais comme l'auteur a beaucoup, beaucoup d'humour et un style vif, on évite l'ennui que provoque parfois le jeu des millions quand on n'est pas candidat soi-même. Pour preuve, le calcul savant des deux superwomen Chance et Isalou, quand elles s'aperçoivent que les 200 millions qu'elles espèrent "lever" sont l'équivalent d'un salaire de "20 KF de l'heure ! 275 000 balles la journée [...].100 francs, ce n'est plus rien maintenant, même pas trente secondes..." Si les lecteurs que nous sommes n'avaient pas le sens de l'humour, on en pleurerait. Tout, dans L'Année des millions est comme ça : on passe le réveillon à faire l'amour en regardant les dauphins aux États-Unis ; à l'heure du déjeuner, on claque son argent – virtuel – dans les boutiques de la rue Montaigne... Et pourtant, nous voilà pris dans le livre. On rit, on s'énerve... D'accord, la fin est sans surprise : l'héroïne a perdu son travail et sa carrière à cause du méchant Nasdaq et de l'argent roi, mais elle a gagné l'amour. Une Chance ! L'Année des millions ressemble à une page Web. Elle se lit. Vite. Se digère. Vite. Mais parce que c'est un livre, ça s'oubliera moins vite. Et ça, ça rassure. --Marine Segalen

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Chine Lanzmann
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Chine Lanzmann
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