Antonin Gaudi 1852 1926 un Architecte de Génie

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9782296133419: Antonin Gaudi 1852 1926 un Architecte de Génie
Biographie de l'auteur :

Biographie de Jean-Claude Caillette : Antonin Gaudi, l’architecte de génie Jean-Claude Caillette Edit l’Harmattan Le point de départ de l’aventure que constitue l’écriture de ce livre est certainement la fascination qu’a exercée sur moi la découverte des oeuvres d’Antonin Gaudi. Au cours du temps, la curiosité pour ses réalisations s’est transformée en intérêt pour l’artiste exceptionnel, l’architecte hors norme, le génie, l’homme. Ce glissement progressif de l’attention bienveillante pour l’oeuvre vers l’homme a été guidé par la passion, mais également par la raison. Passion déclenchée par la magnificence de ses réalisations. Passion essentiellement subjective, constituée d’émotions que provoque l’esthétisme d’une courbe, le chatoiement de couleurs juxtaposées, l’équilibre juste des formes et des vides… La raison intervient quand on cherche à connaître les règles de la ‘’statique’’, quand on enquête sur la genèse d’un édifice, quand on commence à être en mesure de cerner les avancées techniques d’une solution architectonique, quand on replace l’oeuvre dans l’évolution artistique. Alors, sous le trait de génie, sous cette accumulation d’audaces, d’inventions et de virtuosités, un créateur émerge avec ses fabuleuses capacités intellectuelles, son don pour le dessin et son aptitude innée de coloriste. Mais plus encore, apparaissent l’enfant, puis l’homme replacé dans son époque, sa famille, sa trajectoire vitale ; l’homme avec ses forces, ses faiblesses, ses blessures, ses convictions et contradictions. Lorsqu’on contemple pour la première fois la Sagrada Familia - ce temple démesuré, à l’esthétisme dérangeant, dont la verticalité semble soutenue par la foi-, on cherche à connaître mieux le fou ou le génie concepteur, si décrié par une partie des intellectuels et artistes de son époque, que ceux-ci faillirent obtenir l’arrêt des travaux. En étudiant l’histoire de l’architecture, force est de constater que la Sagrada Familia est l’une des oeuvres architecturales les plus originales et novatrices du monde. Et quand on sait que les cathédrales du moyen âge ont demandé plusieurs siècles d’efforts, la mobilisation de milliers d’ouvriers, ainsi que plusieurs générations d’architectes, notre esprit cartésien est dérangé par le fait qu’un homme pratiquement seul se soit attelé à cette tâche pendant quarante ans. Dans les dernières années de sa vie, Gaudi termine ses études sur les édifices de grandes hauteurs, sans contrefort, soutenus par des piliers inclinés et ramifiés. C’est un homme déjà âgé, souffrant, affaibli par les deuils successifs, mais soutenu par sa dévotion et un caractère intransigeant. Il va donner au monde ses solutions les plus abouties, les plus esthétiquement affinées. De ce fait, on peut rapprocher l’état de grâce de l’érémitique Gaudi au Fra Angelico qui peignait en pleurant ses divines madones… L’appréhension des travaux de Gaudi se fait dans la fascination pour l’homme aux multiples talents et facettes paradoxaux. En premier lieu, on découvre un maître d’oeuvre à la culture historique sur l’architecture, alliée à une technique très sûre, appuyée sur une connaissance des méthodes et matériaux traditionnels. Comme Botticelli réclamant un supplément pour son pinceau et un statut de l’artiste, Gaudi considère l’architecture comme un tout ; du plan de masse - la construction située dans son environnement - au dessin du carrelage ou de la poignée de porte. On découvre l’artiste multiforme, l’homme pratique - qui est sans doute le premier à porter attention à l’ergonomie - le créateur à l’imagination sans limites, l’homme qui a appris et maîtrise la ferronnerie, l’ébénisterie, l’art des vitraux, et stupéfie ses collaborateurs par ses solutions architectoniques audacieuses. On regrette son peu de goût pour l’écriture. Cependant, les paroles et quelques écrits recueillis par ses collaborateurs, révèle un intellectuel à la pensée originale, profonde. Derrière l’artiste, l’homme extraordinaire est certain que ses oeuvres témoigneront à sa place pour la postérité. L’écriture de l’ouvrage a été également motivée par l’intérêt grandissant du public pour les oeuvres d’Antonin Gaudi. Les critiques d’art remettent l’art nouveau en lumière et reconnaissent son génie. S’il existe de nombreuses monographies et plus encore d’ouvrages sur les travaux du maître, il n’existe que peu de biographies, dont aucune en français. La plupart des écrits sur la vie d’Antonin Gaudi se réfèrent aux collaborateurs du maître. Ceux-ci sont largement responsables de leur interprétation sur l’interaction de sa foi sur son oeuvre et de l’image mysticisme qu’ils en donnent. La présente biographie saisit Antonin Gaudi dans son époque, son environnement géographique, historique et sociologique. Antonin Gaudi, d’origine modeste, est resté fidèle à ses origines, sa région, la ville de son enfance. (Reus) C’est un Catalan combatif. L’enfance d’Antonin Gaudi est marquée par une naissance traumatique et une affection rhumatismale qui le fera souffrir toute sa vie. Son parcours scolaire est éclairé par sa spécificité d’enfant surdoué et les difficultés qu’il rencontre. C’est un élève moyen que les matières abstraites rebutent. A Barcelone, l’étudiant en architecture est décrit dans le milieu universitaire des étudiants pauvres de l’époque. Gaudi a du mal à suivre son cursus, mais s’intéresse aux sciences humaines, apprend les langues étrangères, l’histoire de l’art. Parallèlement, il travaille dans des cabinets d’architecture où il est «repéré». Il fait preuve d’un tempérament si original, que le directeur de l’école dira le jour de la remise des diplômes : Sa jeunesse est frappée par les décès successifs de son frère, sa mère et sa soeur. On ne lui connaît aucune relation féminine. Au début de sa vie professionnelle, Gaudi apparaît comme un dandy anticlérical qui est à l’aise dans les milieux intellectuels et artistiques. Il fréquente des personnages notoirement francs maçons. Deux déceptions amoureuses le conduisent au célibat accepté. Sa rencontre avec E, qui deviendra son mécène, lui ouvre le cercle fermé de la haute bourgeoisie. Tout comme sa nomination d’architecte en chef de la Sagrada Familia lui permet d’établir des relations avec le haut clergé. Ses fréquentations d’hommes d’Eglise, ainsi qu’une intense réflexion, le poussent vers la religion. Sa foi se raffermit. En quelques années, Gaudi devient un fervent catholique, un dévot, un ascète, un mystique. Dès lors, la vie de l’architecte se décline et se confond avec les projets qu’il conçoit, développe et construit. Dans la vie, c’est un homme ingénu et timide, tandis que professionnellement, il peut être hautain, cassant. C’est en partie dans son environnement que l’architecte trouvera son inspiration architecturale et ornementale. Sa capacité de synthèse lui permet de saisir les lois que lui enseigne la contemplation de la nature qu’il transpose par des expérimentations empiriques à l’aide de maquettes. Gaudi est un précurseur en beaucoup de domaines ; notamment du plan libre, repris plus tard par Le Corbusier, les panneaux de façade, l’utilisation des puits de lumière, la ventilation et l’aération. (V M C) Il est l’inspirateur de l’art nouveau (dix ans avant Horta) et bien avant la première toile non figurative de Kandinsky, (1910) il utilise l’abstraction dans ses décorations. Ses cheminées préfigurent le surréalisme. Il renoue avec les trencadis dont il magnifie la technique. Le présent ouvrage tente de faire partager aux lecteurs la vie d’un homme extraordinaire, aux capacités intellectuelles hors du commun, aux connaissances universelles. Un homme au psychisme paradoxal dont la force de caractère lui permettra de sublimer une imagination sans limites. Joan Bergos «Gaudi» Flammarion Passionné d’art, j’anime une émission littéraire hebdomadaire, «le lire et le dire» à la radio «Fréquence Paris Plurielle». Je peins et ai exposé collectivement. J’écris et ai été publié : un spicilège de poésie, «Anamorphoses». Un recueil de nouvelles, «Histoires profanes». Et un roman, «Net plus ultra» En outre, je participe activement à la vie culturelle parisienne en faisant partie de plusieurs manifestations artistiques. (Cafés littéraires, brunch’art…) J’ai eu l’occasion de retourner plusieurs fois à Barcelone, Reus, Tarragone, Santa Coloma de Cervello, pour me familiariser avec l’architecture de Gaudi. De plus, je me suis procuré une nombreuse documentation sur les techniques architecturales et les livres portant sur les constructions de Gaudi. Pour l’élaboration du livre, j’ai largement utilisé les possibilités de recherche de documents sur internet, l’alternative de se procurer des livres anciens dans le monde entier, la fréquentation de la B N F «section recherches», ainsi qu’un séjour à Barcelone. Les recherches et la rédaction m’ont demandé un an et demi. Mais plus encore, j’ai voulu transmettre toute l’émotion que l’on peut ressentir en présence des fabuleuses réalisations du Maître. Emprunter le circuit Gaudi à Barcelone, c’est être confronté à des sensations multiples, des émois à qualificatifs forts. Comment ne pas être stupéfait devant le bestiaire de la porte de la Nativité ? Gaudi, encore une fois, choque l’ordre établi, modifie notre perception de l’esthétisme. Sa statuaire est particulière, elle tranche sur le commun ; en cela singulière comme l’a dit Dali : > Comment ne pas être perplexe devant la Casa Mila ? Plus qu’un bâtiment, l’édifice est une grande sculpture où le génial architecte va de créations surprenantes en inventions artistiques. Comment ne pas être décontenancé par la force dramatique des portes jumelles aux arcs funiculaires du palais Güell ? Comment ne pas être ébloui par les nuances chromatiques de la façade de la casa Batllo qui ressemble à un tableau de Monnet ? Enfin, le saisissement stendhalien est à son comble quand, déambulant dans le Park Güell, on se perçoit, transmuté en un morceau de mosaïque gaudienne La vie de Gaudi et les oeuvres qu’il a engendrées sont indissociables. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu redonner la vie à Antonin Gaudi, afin que le lecteur puisse mieux appréhender son travail et avoir une pensée reconnaissante pour cet immense artiste. JCC.

Extrait :

Extrait de l'introduction

«Les hommes se mesurent mieux par la volonté que par l'entendement.»

Dans les années soixante-dix, le vacancier aoûtien qui se soustrayait aux plages de la Costa Brava pour visiter Barcelone, avait le choix entre la déambulation sur les "Ramblas", la découverte du "Barri gotic", la contemplation de la "Santa Maria", ainsi que la visite d'une surprenante curiosité, la Sagrada Familia ; une cathédrale en construction, présentée comme "baroque", créée par un architecte original, sinon fou, Antonin Gaudi.
Le visiteur pouvait serpenter à travers un chantier aux échafaudages rouillés, dont seule la crypte était ouverte au public. Il découvrait alors, un peu surpris, la statuaire réaliste du portail de la nativité, avant de repartir pour une dégustation de "Tapas" et un passage obligatoire dans un cabaret de flamenco...
Gaudi, architecte oublié ? Et pourtant ! Le 12 juin 1926, une foule immense, émue, fervente, se pressait aux funérailles d'Antonin Gaudi, renversé cinq jours plus tôt par un tramway...
40 ans plus tard, tout a changé ! La capitale catalane s'est emparée du grand homme. Barcelone est devenue la ville de Gaudi, avec parcours fléchés, bus touristiques et visites guidées des édifices conçus par l'architecte. La Sagrada Familia est maintenant l'emblème de la cité, tandis qu'en 2002, Barcelone célébra avec fastes, le 150e anniversaire de la naissance de l'architecte...
Actuellement, les touristes du monde entier sont accueillis à l'aéroport Joan Miro. Trois palais du XVIIIe siècle, au coeur de la vieille ville, abritent le musée Picasso, cependant que tout Barcelone encense et vend le génie catalan, Antonin Gaudi.
Ainsi, après que le visiteur se soit imprégné de l'oeuvre du maître et ait surmonté une première impression stupéfaite ; après s'être perdu dans les mélanges de styles médiévalistes, néo-gothiques, mudéjars ; après avoir été décontenancé par la force dramatique des portes jumelles aux arcs funiculaires" du Palais Güell, saisi par les cheminées "sentinelles" de la "Pedrera" ébloui par les nuances chromatiques de la Casa Batllo ; celui-ci se laissera aller à la poésie de l'oeuvre en déambulant dans le Park Güell.

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