Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs : Et (surtout) de ceux qui ne le sont pas

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9782350121499: Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs : Et (surtout) de ceux qui ne le sont pas
Extrait :

Extrait de la préface de Fabrice Gaignault :

Le snobisme est une maladie grave de l'âme mais localisée et qui ne la gâte pas tout entière.
Marcel Proust, La Prisonnière.

Envisager un dictionnaire snob de la littérature, et en parler autour de vous, déclenche une rafale de questions souvent contradictoires. Quelle définition donner au mot snobisme ? Est-ce à dire que vous allez rédiger le millième annuaire des écrivains britanniques d'extraction snobinarde ? Un mauvais remake du Livre des snobs de Thackeray ou de Noblesse oblige, l'article irrésistible de Nancy Mitford sur les classifications (you, non you). Ou, à l'inverse, souhaitez-vous regrouper sous cette bannière élitiste une certaine chapelle élective composée essentiellement d'écrivains cultes ? Une fois posé l'axiome de départ selon lequel un tel dictionnaire est tout sauf un abécédaire dévolu à des esthètes «chichi-pompon», tout est possible dans la mesure où les écrivains snobs peuvent être incorporés dans un plus vaste ensemble d'écrivains cultes.
Car, si l'on admet l'étymologie - contestée - selon laquelle le mot snob viendrait de l'abréviation de sine nobilitate, désignant autrefois à Oxford les étudiants dénués de titres, chacun conviendra que la plupart des écrivains répondent favorablement à ce critère d'exclusion. D'autres aussi, d'une certaine façon. Prenons le cas de la romancière anglaise Vita Sackville-West. Le fait d'appartenir à l'une des plus vieilles familles du Royaume-Uni la dispense de facto de l'étiquette snob. Que certains aient pu considérer qu'elle avait un comportement snob ne signifie pas qu'elle l'était réellement. Ce sont sans doute davantage les personnes en marge de ce milieu qui le sont, par esprit d'émulation.
Le terme de snob est plutôt à prendre ici dans un sens de secte élective qui préférera toujours placer au sommet de son panthéon personnel un auteur méconnu mais jugé, pour des raisons qui n'appartiennent qu'à lui, mille fois plus important qu'une sommité universelle des lettres au palmarès suffisamment éloquent pour s'attirer une indifférence teintée de mépris. À ce petit jeu subtil, Jean de La Ville de Mirmont blackboulera son ami François Mauriac, le délirant poète beat John Giorno, ce balourd de Jack Kerouac, l'amusante Louise de Vilmorin, son dernier amant, le vibrionnant André Malraux. Dans le Dictionnaire du snobisme de Philippe Jullian, le très fin et trop oublié Olivier de Magny rappelle justement que «le snobisme consiste en un ensemble de partis pris dont un groupe de personnes fait une stratégie destinée à ce que le reste des humains se sente, éternellement et en tout, à côté de l'élégance. Grande brouilleuse de cartes, la littérature semble avoir su troubler la belle pureté du snobisme.» Car si les snobs en tout genre sont opposés au changement, les snobs litt, eux, considèrent au contraire de leur devoir de s'avancer dans les eaux étroites de l'avant-garde. L'abbé Mugnier, bien sûr, Kathy Acker, of course. Les néophobes, dont parlait autrefois Valéry Larbaud, ne seront jamais des snobs litt. Souvenons-nous que déjà à la fin du XXe siècle, les premiers amateurs de l'impressionnisme, les adeptes des décadents morphinomanes, les admirateurs de Mallarmé étaient taxés de snobs...
Il est cependant fort probable, et on doit le regretter, que le snobisme en littérature ne soit plus aujourd'hui que ce qui ne rentre pas dans les innombrables grilles de formatage qui nous enserrent toujours plus. Ainsi que le faisait remarquer à l'auteur, l'écrivain et éditeur Patrick Mauriès «avoir des goûts - supposés - snobs en littérature, ce n'est que rester fidèle avec intransigeance à ses inclinations et ses choix propres.» Cet ouvrage s'adresse bien sûr aux happy few (We few, happy few, happy few band of brothers...), mais aussi à tous ceux qui veulent enfin savoir qui est ce Blanchard de Vesoul ou ce baron Corvo de Venise. Et s'ils n'ont jamais songé à se demander qui ils étaient, peut-être trouveront-ils ici une tentative succincte d'explications. Comme ils pourraient enfin faire leur la réflexion de cette égérie du poète T. S. Eliot avouant à une amie : «L'âme de Chopin ne pouvait être évoquée qu'entre amis.»

Présentation de l'éditeur :

Comment ai-je pu penser que le Club des Longues Moustaches était une association de gays pileux ? Où est situé ce restaurant de l'Algonquin dont on me répète qu'il était le centre du monde au début du XXe siècle ? D'où sortent ce baron Corvo et ce Zo d'Axa ? Suis-je tenu de relire l'intégrale des colloques de Cerisy, de me mettre à la post-poésie et à la littérature agénérique ? Pourquoi les Crosby sont-ils jugés beaucoup plus importants que les Fitzgerald ? Dois-je lire ce mystérieux B. Traven dont on m'assure qu'il surpasse Conrad et London ? Suis-je vraiment un idiot de croire que la Paru Review est un guide touristique consacré à la Ville Lumière ? Jean de La Ville de Miremont est-il le plus grand écrivain français du XXe siècle, comme on me l'affirme dans les dîners ? Qui est cet André Blanchard, de Vesoul, qui provoque crises de spasmophilie à la seule évocation de son nom ? Quel est le prix littéraire le plus déjanté ? Pourquoi devrais-je prêter attention aux journaux du défunt Matthieu Galey ? Suis-je obligé d'aller acheter mes livres à Tours, place Grand-Marché ?

Ce lexique indispensable de connaissance littéraire pointue s'adresse à tous ceux qui soupçonnent l'existence d'un autre monde derrière les grandes figures imposées. Entre seconds couteaux ignorés ou oubliés, figures de dandy vénérées, personnages pittoresques, us et coutumes d'une secte étrange, ce dictionnaire d'un genre inédit est un remarquable voyage à travers la littérature. Et confirme le mot de Schnitzler selon lequel le snob a en général raison.

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