9782355842733: Criminels
Extrait :

Bretagne, fin du XVIe siècle
«Le sieur de Rosampoul reçut d'un paysan un grand coup de fourche à la gorge, qui passa aux deux côtés et qui lui fit deux plaies de part en part, dont il pensa mourir. Le sieur du Faouët eut un coup de hache sur la tête, qui l'eût fendue jusqu'aux dents, sans qu'il fût soutenu par quelqu'un qui était près de lui qui interposa ses armes et rabattit la force du coup. Les autres ne coururent pas moindre fortune et c'est merveille qu'ils ne demeurèrent tous sur la place, tant cette cruelle tête de paysan était enragée de ce que ceux qui les avaient tellement pillés et volés leur échappassent ainsi. Ils firent plusieurs indignités au corps du capitaine Kerandraon, et il n'y avait celui qui ne lui baillât son coup ou n'en apportât une pièce de son corps, même lui coupèrent les parties honteuses qu'ils mirent au bout d'une lance et furent par le camp en faire montre.» Une jacquerie en terre bretonne ? Non, car toute la France connaît de telles scènes. Une guerre civile, alors ? En quelque sorte. Deux siècles exactement avant le début de la Révolution française. Une période noire, mal connue, diront certains, qualifiée de «guerres de Religion» pour mieux masquer la fondamentale déroute économique et sociale d'un pays ruiné. Les états généraux impuissants qui bientôt rassemblent des partis ; une armée divisée ; un pouvoir central en fuite. Un pays qui voit s'opposer deux camps, catholiques et protestants, puis royalistes légalistes et ligueurs partisans du changement. Ces ligueurs comptent des villes «autonomistes», qui rassemblent en leurs rangs tout un peuple d'exclus, un «tiers état» dont les Lumières se souviendront. Henri III, assassiné le 2 août 1589, laisse un trône quasi vacant : le cardinal de Rouen, Charles de Bourbon, est même élu roi par certains ligueurs, c'est dire la pagaille ! Le duché de Bretagne se transforme alors en terrain de jeux sanglant pour des centaines de bandes de pillards, de fantassins corrompus, de militaires déchaînés et de paysans exsangues et vengeurs.
Au milieu de marins, serfs, moines défroqués, et autres spadassins toujours prompts à marcher en bande pourvu qu'au bout du compte le pillage et le viol viennent en récompense asseoir leurs efforts, une jolie tête blonde aux cheveux bouclés, un drôle, 17 ans à peine, La Fontenelle. Durant douze années, La Fontenelle va parcourir la lande bretonne, s'emparer ici et là de domaines, conquérir une île, s'inventer son propre royaume. Tous les enfants le soir à la veillée, de Rennes à Nantes, de Saint-Brieuc à Tréguier, entendirent parler de ses exploits durant deux siècles. Surnommé «Ar Bleiz» («le loup >»), le sieur La Fontenelle demeure un brigand d'exception, dont les crimes inquiétèrent grandement les ministres du nouveau roi Henri IV. Les Cartouche ou Mandrin du siècle suivant font en comparaison figure de petits joueurs. Un brigand, vraiment ? Ainsi le qualifièrent les historiens et chroniqueurs de la Ligue qui ne l'aimaient guère. Sans doute se montra-t-on parfois injuste à son égard et lui reprocha-t-on bon nombre d'«exploits» dont il n'était pas l'auteur. Sans doute ne pillat-il, ne brûla-t-il, ne massacra-t-il pas plus que d'autres. On intriguait, on volait, on rançonnait des otages, c'étaient les moeurs de l'époque. On dévalisait les châteaux des nobles et les chaumières des paysans. On se battait pour Dieu, pour le roi de France, le roi d'Espagne ou pour la reine d'Angleterre mais on n'oubliait pas, d'ordinaire, ses intérêts personnels. On travaillait volontiers pour soi, pour s'enrichir, s'agrandir, se venger, pour devenir un seigneur plus puissant, plus important que ceux du voisinage. Beaucoup de gentilshommes bretons nourrissaient des aspirations séparatistes, rêvaient d'indépendance, regrettaient les beaux jours d'avant Anne de Bretagne. Quant aux paysans, ils furent toujours les grandes victimes, pendant toute cette guerre. Savaient-ils bien ce qu'ils voulaient ? Ardents catholiques en général, ils tenaient à leurs vieilles croyances, à leurs habitudes. Ils n'aimaient pas les étrangers, pas même ces Espagnols, très dévots, qui pillaient tout autant et plus que les autres et se montraient si gênants, si exigeants, si pétris d'arrogance. Les paysans obéissaient à leurs prêtres, à leurs seigneurs, et se révoltaient rarement. Surtout ils aimaient leur terre et ne voulaient point supporter une domination étrangère. Alors, quand on leur disait que leurs foyers, leur religion ou bien les manoirs de leurs maîtres étaient menacés, ils se levaient, ils marchaient. Mais à eux comme aux seigneurs, la guerre promettait parfois des satisfactions et des récompenses. Après la prise d'une ville, d'un château, il y avait le pillage. Ces pauvres «rustiques» étaient-ils des révolutionnaires ? Et ce La Fontenelle, qui semblait être le plus indomptable de tous ces rebelles, comptait-il braver longtemps Paris et provoquer au bout du compte la séparation de la Bretagne d'avec la France ?

Présentation de l'éditeur :

Vous aimez les histoires dont les héros sont des criminels ?Sonatine et Perrin pour la première fois en coédition ! Depuis que Cain a trucidé Abel, l'humanité a accouché d'une ribambelle d'assassins aussi féroces qu'hétéroclites. Leurs motivations tournent toujours autour des mêmes obsessions, passions contrariées, vénalité, haine viscérale de la société, folie incontrôlable. Aussi pourrait-on parier que les tueurs qui hantent cet ouvrage ne sortent pas du lot. Ce serait commettre une erreur impardonnable. En effet, ces " virtuoses " ne se sont pas contentés de liquider des êtres humains sans laisser d'autre trace qu'une tombe dans un cimetière. Non, ils ont fait mieux. Beaucoup mieux. Non seulement leurs crimes s'inscrivent dans l'histoire, mais ils ont carrément modifié son cours, sur le plan politique, militaire, juridique ou social. Autant dire que les auteurs de ces méfaits devraient figurer dans n'importe quel manuel scolaire ou autre grand livre d'or du bestiaire humain. Ce qui n'est pas le cas. D'où la nécessité de réparer cette injustice...

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Philippe DI FOLCO; Yves STAVRIDES
Edité par Sonatine Perrin (2014)
ISBN 10 : 2355842736 ISBN 13 : 9782355842733
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Philippe DI FOLCO; Yves STAVRIDES
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Di Folco, Philippe- Stavrides, Yves
Edité par SONATINE (2014)
ISBN 10 : 2355842736 ISBN 13 : 9782355842733
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Description du livre SONATINE, 2014. Paperback. État : NEUF. Vous aimez les histoires dont les héros sont des criminels ?Sonatine et Perrin pour la première fois en coédition !Depuis que Cain a trucidé Abel, l'humanité a accouché d'une ribambelle d'assassins aussi féroces qu'hétéroclites. Leurs motivations tournent toujours autour des mêmes obsessions, passions contrariées, vénalité, haine viscérale de la société, folie incontrôlable.Aussi pourrait-on parier que les tueurs qui hantent cet ouvrage ne sortent pas du lot. Ce serait commettre une erreur impardonnable. En effet, ces " virtuoses " ne se sont pas contentés de liquider des êtres humains sans laisser d'autre trace qu'une tombe dans un cimetière. Non, ils ont fait mieux. Beaucoup mieux. Non seulement leurs crimes s'inscrivent dans l'histoire, mais ils ont carrément modifié son cours, sur le plan politique, militaire, juridique ou social. Autant dire que les auteurs de ces méfaits devraient figurer dans n'importe quel manuel scolaire ou autre grand livre d'or du bestiaire humain. Ce qui n'est pas le cas. D'où la nécessité de réparer cette injustice. - Nombre de page(s) : 400 - Poids : 516g - Genre : Histoire Essais. N° de réf. du libraire N9782355842733

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