Poison City T01 Edition grand format (01)

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9782355927928: Poison City T01 Edition grand format (01)
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Poison city t01 edition grand format

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Revue de presse :

Après s'être largement imposé en maître des récits "coup de poing" mêlant souvent suspense et actualité sociétale, Tetsuya Tsutsui revient seulement 2 ans après Prophecy (rappelons qu'entre Manhole et Prophecy, il s'en était écoulé 6), avec une oeuvre prévue pour faire 2 volumes et s'ancrant plus que jamais dans l'actualité avec un sujet animant toujours autant les débats : celui de la liberté d'expression et des censures.


Un sujet qui concerne d'autant plus l'auteur qu'il a lui-même été victime de censure dans son pays : son manga Manhole s'est retrouvé interdit dans la préfecture de Nagasaki sous prétexte qu'il inciterait à la violence, le tout sur base d'un jugement qui fut visiblement à côté de la plaque, au vu de la postface du tome venant expliquer tout ça. On peut donc s'attendre à ce que le mangaka fasse de Poison City une oeuvre plus personnelle que jamais... et concrètement, qu'est-ce que ça donne ?


Cela donne d'abord un récit nous projetant dans le Tokyo de 2019, à quelques mois des Jeux Olympiques organisés dans la ville. A force de faits divers sordides et en vue de montrer aux étrangers la meilleure image possible du Japon pendant les J.O., une loi de censure a été votée : la Loi d'assainissement de la littérature, apposant la motion "déconseillée" sur les ouvrages jugés interdits aux moins de 15 ans, ou carrément "nocifs" sur des oeuvres qui se retrouvent alors interdites à la vente. Soutenue par des mouvements autoproclamés de vigilance citoyenne, cette loi fut à l'origine votée sous affirmation qu'elle ne déborderait pas. Mais les mois passants et sous l'impulsion de l'ancien ministre Furudera, elle se voit désormais appliquée toujours plus sévèrement, si bien qu'au moment de notre histoire une véritable "chasse aux sorcières" s'effectue au quotidien dans tous les domaines artistiques/culturels. Littérature, cinéma, jeux vidéo... aucun mode d'expression n'y coupe.


C'est dans ce contexte toujours plus délicat que Mikio Hibino, un jeune mangaka de 32 ans, décide de lancer avec son éditeur un manga d'horreur réaliste, "Dark Walker". Très vite, malgré les conseils éditoriaux de ne pas aller trop loin, son oeuvre se retrouve visée par les partisans de la loi...


Sujet d'actualité, mais récit d'anticipation : Tsutsui nous décrit avec un réalisme inquiétant une société japonaise qui, à l'approche des Jeux Olympiques, accentue encore et toujours une censure qui en devient presque fascisante, et de ce côté-là le récit parvient à bien mettre en place les choses, puisque l'on cerne très vite tous les grands enjeux de cette politique basée sur la loi d'assainissement de la littérature, notamment chercher à détruire les images violentes dans la pop culture nippone pour en faire aux yeux des étrangers une véritable "coolture", histoire de reprendre le terme de l'un de ses partisans dans le manga. Tout cela sonne plutôt juste, et rappelle évidemment certaines choses passées (rappelons-nous, entre autres, des censures en Chine ou en Russie au moment des J.O. de Pékin et Sotchi). Forcément, il y a donc de quoi s'inquiéter et se demander si le Japon de 2019 ne pourrait pas se rapprocher un peu de tout ça... Tsutsui pousse-t-il un cri d'alerte ?


Tsutsui nous propose alors de vivre les répercussions que cela a sur les auteurs et les éditeurs à travers le regard de son personnage principal, Mikio, qui est sans aucun doute une représentation fictive de l'auteur lui-même, comme en témoignent toutes les références à peine cachées à la réalité : le Young Jump devient le Young Jumk, Shûeisha devient Shôeisha, on peut également se demander si Alfred Brown ne serait pas un petit clin d'oeil aux éditions Ki-oon puisqu'il s'agit là d'un étranger laissant sa chance à Mikio/Tsutsui hors du Japon (rappelons que c'est Ki-oon qui a révélé l'artiste, avant même qu'il soit connu au Japon)... et Tsutsui s'amuse évidemment à glisser dans "Dark Walker" des clins d'oeil évocateurs à sa série Manhole, notamment certains rebondissements et le fameux masque.


Mikio, c'est donc en grande partie Tsutsui, et c'est à travers lui que l'auteur exprime sa vision d'une telle censure, évoquant notamment les atteintes à la liberté de création et d'expression, ainsi que les conséquences financières et de publication pour les auteurs et les éditeurs, et les frustrations artistiques de créateurs obligés de brider leurs oeuvres, qui dès lors ne leur appartiennent plus vraiment et sont éloignées de ce qu'ils voulaient en faire.


Mais loin de se contenter de ça, Tsutsui en profite aussi pour nous immiscer un peu dans les dessous de l'édition de manga au Japon, présentant les importantes relations auteur/éditeur (les réunions et discussions de l'auteur Mikio avec son responsable éditorial, les demandes de modification de ce dernier pour éviter la censure...), et évoquant brièvement les sources de rémunération des auteurs, les royalties sur les éditions étrangères, le principe des séries longues, l'intérêt des oeuvres courtes et des anthologies, l'éclectisme des magazines de prépublication (surtout à côté du "comics code" qui a sévi aux USA)...


Poison City ne manque donc pas d'un univers et d'un background intéressants, sur lesquels il y a énormément de choses à dire, à développer, à nuancer... et dès lors, on se demande forcément si deux tomes suffiront à bien aborder les choses. Au fil de la lecture du volume 1, la réponse à cette interrogation se dessine peu à peu... et les espoirs posés se transforment de plus en plus en une petite déception.


La raison ? Elle tient en quelques mots : le profond manque de nuances et d'approfondissements du récit. Alors qu'il met en avant nombre de thématiques qui ne demandent qu'à être mieux explorées, Tetsuya Tsutsui reste constamment à la surface des problèmes. Pire, quand il tente d'approfondir son sujet premier, la censure et la liberté d'expression, il manque cruellement de nuances : il propose une vision très positive des éléments qui arrangent ses idées (en tête l'éditeur, sur lequel il reste finalement très lisse), et se contente d'une vision très négative de ce qu'il souhaite descendre. Alors qu'entre les deux, il y a tellement de choses à évoquer !


Le principal témoin de ce problème est sans aucun doute le personnage de Shingo Matsumoto, auquel Mikio se confronte à un certain moment. Ancien mangaka à succès qui fut le premier de la loi à être totalement catalogué nocif, il a dû stopper sa série et son travail de mangaka et s'est éloigné de tout ça. Après avoir subi un véritable lavage de cerveau de la part des dirigeants appliquant la loi, le voici de nouveau opérationnel, mais il ne dessine plus que des oeuvres entrant dans le moule et dont les scénarios sont conçus par d'autres. Ce personnage est d'abord un excellent moyen de mettre en avant le peu d'intérêt d'oeuvres stéréotypées, sans idées personnelles ni créativité et juste faites pour le multisupport, mais le reste est bien décevant : alors que le "nouveau" Matsumoto aurait pu permettre d'enfin nuancer les choses en évoquant des sujets très délicats et nébuleux, mais existants (l'influence des BD violentes sur les lecteurs, la responsabilité des auteurs et des éditeurs...), le fait qu'il a subi un odieux lavage de cerveau décrédibilise d'emblée tout ce qu'il dit et semble devoir être là pour permettre à l'auteur d'affirmer tout l'inverse sans chercher plus loin. Si ça tombe, ce n'est pas du tout ce que voulait véhiculer Tsutsui, mais si ce n'est pas le cas Matsumoto est alors un personnage complètement raté.


En fait, pendant la lecture, on a constamment l'impression que Tsutsui se contente de faire de son manga un plaidoyer sur la propre situation de son manga Manhole dans la réalité. En soi, ce n'est pas dérangeant, et c'est même très bon d'avoir ce type d'oeuvres personnellement engagées. Mais le problème est que l'auteur semble rester uniquement dans cette optique de démontrer sa rancune personnelle. On a l'impression que son récit ne développe rien en profondeur, se contente d'appuyer la colère qu'il doit ressentir vis-à-vis de la censure de Manhole, manque totalement de recul et passe à la trappe bon nombre de questions essentielles à ce vaste débat. L'auteur se contente de mettre les pieds dans le plat sans faire ressortir grand-chose, comme s'il s'était précipité pour que ça sorte quand il faut et pour évacuer au plus vite sa rancune.


Une impression renforcée par des dessins à des années-lumière de ce qu'il a pu faire autrefois : les décors apparaissent assez lisses et vides, de même que les visages qui, en plus, souffrent régulièrement de problèmes de proportion. De même, la narration et le découpage restent étrangement très basiques...


Ajoutons à cela plusieurs ficelles très grosses (l'éditeur américain intervenant pile quand il faut, les "relations" d'Alfred Brown qui nous laissent penser que les choses sont un peu trop bien faites...), et on a l'impression d'une oeuvre un peu inaboutie, pas assez mûrie. C'est vraiment dommage, car les nombreuses idées étaient intéressantes (mais elles ne sont que jetées ça et là sans développement) et l'univers était, une fois de plus, efficacement planté, immersif et prometteur.


Poison City marque également un coup d'essai éditorial pour Ki-oon, qui, pour la première fois, édite en simultané une édition standard et une édition Latitudes d'un même tome. Au-delà de la relative pauvreté graphique qui amoindrit l'intérêt de son grand format, l'édition Latitudes bénéficie d'un joli travail, notamment avec cette couverture cartonnée qui lui offre un certain cachet.

(Critique de www.manga-news.com)

Biographie de l'auteur :

On sait assez peu de choses sur Tetsuya Tsutsui (マンホール =) et encore moins sur sa vie personnelle.
Sa carrière de mangaka indépendant débute en 2002, alors qu'il lance son site Internet : pn221.
C'est d'ailleurs sous ce pseudonyme qu'il signe ses nouvelles, sa première publication étant Fool's Paradise.
Publiée en avril 2002, cette histoire en 18 pages nous présente un homme qui se rend chez une femme pour la capturer puis pour l'agresser sexuellement, tout en jouant en parallèle à un dating sim (jeu de simulation de drague) via un casque de réalité virtuelle. L'objet de son désir dans le jeu est donc incarné par sa victime en tant qu'objet sexuel, mais c'est alors que la réalité rattrape le protagoniste...
En juillet 2002 et toujours sur son site, il publie une autre nouvelle de 21 pages, Rêves Eveillés.
Ici, plusieurs histoires s'entremêlent : un homme découvrant un cadavre sur son lit, une jeune fille harcelée par son beau-père... On comprend rapidement que ces histoires sont liées, mais comment ? Là réside tout le sel de cette courte intrigue très surprenante, multipliant les inspirations graphiques.
Août 2002 marque sa première et courte expérience dans le circuit professionnel traditionnel, avec Saijaku kenjū-shi rūbikku (littéralement : Rûbik, le plus faible fabricant de pistolet), une histoire courte publiée dans le Monthly Shonen Jump de la Shueisha.
Peu de temps après, il publie une nouvelle plus dense  : Duds Hunt. Cette nouvelle de près de 150 pages a été présentée sous la forme de trois chapitres, publiés en septembre, novembre et décembre 2002.
Enfin, la dernière histoire présentée sur le site pn221 arrive en mars 2003 et s'intitule Tomomi-san no kyûjitsu (Les vacances de Tomomi-san).
Cette nouvelle de dix pages nous fait suivre le quotidien d'un homme qui épie sa voisine depuis sa fenêtre avec une lunette astronomique. Il se complaît dans cette situation jusqu'à ce qu'un imprévu vienne perturber sa routine voyeuriste....
Une rencontre, un tournant pour que le talent de Tetsuya Tsutsui soit enfin remarqué, il aura fallu attendre 2004 et une rencontre inattendue... Et c'est à une maison d'édition française que nous devons ce miracle, à savoir Ki-oon !
Ses deux fondateurs, Cécile Pournin et Ahmed Agne, sont tombés sur le site de l'auteur et ont décidé de le contacter par mail.
Le mangaka accepte leur offre et, quelques mois plus tard, le 24 octobre 2004 très exactement, paraît le one-shot Duds Hunt, recueil incluant l'histoire éponyme ainsi que la courte nouvelle Rêves Eveillés. Ce coup de cœur pour la jeune maison d'édition, publiant uniquement des titres orientés héroic fantasy jusqu'alors, est un coup de poker brillant, le bouche à oreille n'ayant pas tardé à faire le reste. Duds Hunt reste ainsi une exception dans le monde éditorial, ayant été édité sur le sol français avant même de connaître une publication japonaise !
Ce succès aura tout de même permis au mangaka de trouver un interlocuteur dans son pays d'origine, à savoir Square-Enix. Avec ce nouvel éditeur, il se lance dans un nouveau projet : Reset.
Prépublié dans le Young Gangan, ce second one-shot paraît au Japon le 25 mai 2005, en même temps que l'édition japonaise de Duds Hunt.
Mais Tetsuya Tsutsui n'oublie pas pour autant ses « parrains », et Reset connaît également une publication chez Ki-oon un an plus tard, en juin 2006.
En parallèle à la fin de Reset et toujours dans le Young Gangan, Tetsuya Tsutsui débute en 2005 Manhole, première série dépassant le volume unique.
Ce sont ainsi trois tomes qui sortiront sur le sol nippon d'août 2005 à juin 2006.
En France, le premier volume de Manhole paraît en même temps que Reset, et s'achève en décembre 2006.
Les trois tomes seront regroupés en coffret quelques années plus tard, en novembre 2012.
Par la suite, le mangaka entame plusieurs années sans nouvelles publications, exception faite d'une courte expérience de récit interactif, réalisée à partir d'une série d'illustrations, et publiée sur le web à la fin de l'année 2007 : Collector.
Narrant les méfaits d'un tueur en série découpant ses victimes pour récupérer certaines parties de leurs corps, cette histoire s'étale sous la forme d'une seule page web que le lecteur devra descendre pour plonger plus profondément dans les abysses de la psychologie de l'assassin. Certaines cases sont également assombries, révélant leur horreur véritable que lorsque le curseur de notre souris a le malheur de s'y poser.
Cette histoire a également été traduite par Ki-oon, mais le lien n'est hélas plus disponible aujourd'hui.

Pour le reste, Tetsuya Tsutsui a essentiellement goûté aux privilèges de sa soudaine notoriété, en ayant notamment réalisé deux visites consécutives sur le sol français, au Salon du Livre de Paris en 2007 puis à Japan Expo en 2008.
Lors de l'entretien réalisé au cours de ce dernier événement (lire l'interview), le mangaka nous avouait avoir fait plusieurs tentatives pour un projet qui n'a finalement jamais abouti, et préparer un nouveau projet plus concret... Mais finalement, celui-ci ne semble pas être allé au bout non plus, marquant la fin de l'engagement de l'auteur chez Square-Enix.
Il aura ainsi fallu attendre fin 2011 pour que soit enfin révélé la dernière série en date de l'auteur...et il s'agit, là encore, d'une exception culturelle à la française : Prophecy / Yokokuhan est en effet un projet conçu et développé en collaboration avec les éditions Ki-oon. !
Via un accord avec la Shueisha, le titre est sorti d'abord au Japon, grâce à une prépublication dans le Jump Kai puis avec l'arrivée du premier volume en avril 2012.
En France, le titre arriva en juillet de la même année, pour l'incontournable carrefour estival de Japan Expo.
Ainsi, Ki-oon profita de l'occasion pour organiser une impressionnante campagne autour du titre (avec notamment des affiches publicitaires dans les stations du métro parisien), inviter une nouvelle fois l'auteur sous nos latitudes et lui rendre hommage au travers d'une splendide exposition !
Les figures les plus inquiétantes de sa bibliographie ont ainsi pris vie via des statues grandeur nature, tandis qu'une partie du staff de l'éditeur s'était grimé en Paperboy, anti-héros de la série.
A cette occasion, nous avons d'ailleurs rencontré à nouveau l'auteur pour un nouvel entretien (lire l'interview).
La prépublication de Prophecy se termina en aout 2013, le troisième et dernier volume sortant en septembre au Japon puis en décembre en France. Mais la licence n'a pas fini de faire parler d'elle, puisque nous avons appris très récemment l'arrivée de deux nouveaux projets : d'une part, son adaptation dans un format encore inconnu (anime ? Drama ? Film live?), et de l'autre, le lancement d'un spin-off, Prophecy – The Copycat, prépublié à partir d'avril 2014 dans le Jump Kai Il sera cependant confié à un autre auteur, Fumio Obata (Journaliste, Shimauma).
A l'occasion de leur dixième anniversaire en 2014, les éditions Ki-oon ne pouvaient pas oublier l'un de leurs auteurs les plus emblématiques. Ainsi, en 2014, l'éditeur annonce qu'un nouveau projet est déjà en préparation: Poison City.
Au programme : l'effervescence des prochains Jeux Olympiques de Tokyo, et les problèmes de censure et de libertés d'expression au Japon, soulevé par l'approche de cet événement.
Ce nouveau titre, intitulé Yûgai Toshi pour le Japon, débutera également en avril 2014 dans le Jump Kai.

Tetsuya Tsutsui n'a donc pas encore fini de faire parler de lui, surtout au sein du lectorat francophone qui appris à l'aimer avant tous les autres !

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Editeur : Ki-oon, 2015
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Tsutsui, Tetsuya
Edité par Ki-oon (2015)
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