Un marin charentais autour du monde : Elie Auriau (1819-1859)

 
9782361990237: Un marin charentais autour du monde : Elie Auriau (1819-1859)
Extrait :

Extrait du prologue

Mon enfance a été bercée de souvenirs maritimes, ceux de mes ancêtres maternels, marins charentais, dont ma grand-mère, grande lectrice des romans de Stevenson, de Jack London, de Pierre Mac Orlan et d'Henri de Monfreid, me racontait avec passion les fabuleuses aventures : des récits qui parlaient de voyages au long cours, de grands voiliers, de ports lointains et de départs sans retour.
Il y avait cet aïeul qui avait abandonné son navire pour chercher l'or en Californie, celui qui avait péri en allant chasser la baleine du côté des Galápagos, ceux qui ramenaient à Bordeaux le nitrate de Valparaiso, celui qui, dans le Pacifique, avait disparu avec son navire et tout son équipage à l'exception d'un mousse et du chat du bord, réfugiés sur un radeau de fortune, ou encore celui qui avait été attaqué dans l'océan Indien par des pirates malais. Il y avait également tous ceux qui étaient morts des fièvres dans les mers tropicales, immergés au large dans un linceul de toile à voiles et celui, plus heureux, qui, lors de ses escales dans l'île de Gorée, bénéficiait des faveurs des belles signares. Il y avait enfin cette arrière-grand-mère qui, du chevet de l'église de Talmont, sur les rives de la Gironde, regardait partir vers le Cap Horn le trois-mâts de son fiancé qui ne devait revenir que trois années plus tard.
A ces récits se rattachaient des objets conservés dans la famille depuis plusieurs générations : tableaux de navires, coffres de bord, instruments nautiques, armes de toutes espèces, anciens manuels de navigation, brevets de capitaines, coquillages tropicaux, bouddhas de bronze ou de porcelaine et autres souvenirs exotiques.
Il y avait plus particulièrement une aquarelle figurant un trois-mâts, le Jean-Louis, un coffre de marin en bois de camphrier garni de cuivre portant sur son couvercle une plaque avec un nom : «Julien Moreau», une dent de cachalot gravée de la représentation d'une chasse à la baleine et deux petites balances destinées à peser l'or.
Tous ces récits, tous ces objets, flottaient, quant à leur origine, dans une large incertitude et, dans mon esprit, il n'y avait qu'une seule et même personne, une sorte de fabuleux aventurier : «le grand-père capitaine». Il y avait ainsi «le bateau du grand-père», «le sextant du grand-père», «le coffre du grand-père», «le revolver du grand-père», etc.
C'est le trois-mâts barque Jean-Louis qui m'a permis de pénétrer dans toute cette histoire. Partant de ce nom et d'une date située approximativement dans les années 1850, j'ai trouvé la trace de ce navire. Il a été construit en 1853 à Bordeaux, dans les chantiers Arman, et il a été un des tout premiers voiliers de construction composite, c'est-à-dire avec une coque de bois sur une structure de fer.

Présentation de l'éditeur :

Élie Auriau (1819-1859) est un marin de Seudre, un capitaine au long cours dont la vie permet de reconstituer bien des aspects de la marine marchande du début du XIXe siècle. Pêche à la baleine au temps de Moby Dick, ruée vers l'or de Californie, commerces bordelais et marseillais de l'arachide du Sénégal, ports exotiques de l'Océan indien, c'est aussi une part de l'histoire maritime des côtes de Saintonge et de la construction navale à Bordeaux sous le Second Empire.
Carrière étonnante que celle d'Élie Auriau, elle illustre pour le lecteur d'aujourd'hui quelques pages glorieuses et parfois sombres du commerce maritime et de l'empire colonial français, naissant dans les années 1850. Ainsi, à la Réunion, l'abolition de l'esclavage introduit les travailleurs indiens du fameux coolie-trade, pour y remplacer les esclaves africains dans les plantations sucrières en plein essor.
A partir de souvenirs familiaux confirmés par de nombreux documents d'archives, tels que matricules des gens de mer du quartier de Rochefort, rôles d'armement et de désarmement de navires des ports de Bordeaux et de Marseille, rapports de mer, l'auteur reconstitue les voyages du capitaine Auriau et fait revivre de façon passionnante les aventures de son ancêtre, dont l'aboutissement fut tragique (une terrible épidémie de choléra à Zanzibar). L'ouvrage comporte des témoignages inédits ainsi que de nombreux documents d'archivé, et toute une série de gravures de l'époque.

Jacques Ducoin est docteur en histoire et spécialisé en histoire maritime et coloniale. Il est l'auteur de nombreuses publications sur le thème de la traite négrière, des risques maritimes et de leur assurance, de la flibuste, de la piraterie et des migrations. Il a notamment publié : Naufrages, conditions de navigation et assurances dans la marine de commerce au XVIIIe siècle. Le cas de Nantes et de son commerce colonial avec les îles d'Amérique, Librairie de l'Inde, 1993 (Prix Henri Vovard 1995 de l'Académie de Marine) ; Paquebots à voiles, Glénat - Le Chasse-Marée, 2009 ; Barbe-Noire et le négrier La Concorde, Glénat, 2010.

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1.

Jacques Ducoin
Edité par Le Croît vif (2011)
ISBN 10 : 2361990237 ISBN 13 : 9782361990237
Neuf(s) Quantité : 3
Vendeur
Gallix
(Gif sur Yvette, France)
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Description du livre Le Croît vif, 2011. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782361990237

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