L'Université n'est pas en crise : Les transformations de l'enseignement supérieur : enjeux et idées reçues

 
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Extrait :

Extrait de l'introduction

«L'Université n'est pas en crise». Ce titre peut surprendre. Ceux qui sont éloignés des luttes internes au monde de l'enseignement supérieur pourront le trouver paradoxal. Ceux qui sont plus proches des «facultés» et des «écoles», y verront sans doute une provocation. Écartons donc quelques malentendus. Dire que l'Université n'est pas en crise, ce n'est nullement ignorer les difficultés rencontrées par un certain nombre d'étudiants et, de plus en plus fortement, par les agents de cette institution (personnels techniques et administratifs, enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs). Il s'agit seulement de se donner les moyens d'une analyse empirique de la situation actuelle et de l'évolution récente de l'enseignement supérieur (de ses STS, IUT, universités, petites et grandes écoles) en rompant avec l'un des discours récurrents et les plus aveuglants à ce sujet : celui de la «crise».
Car, s'il y a débat sur le sens, le contenu et les causes de cette crise, l'évidence de son existence ne semble plus faire question. Or, en s'imposant comme un constat indiscuté, parce qu'indiscutable, cette idée de «crise de l'Université» a réussi à se constituer comme le cadre a priori de toute réflexion sur les transformations récentes et la situation actuelle de l'Université, occultant ainsi d'autres manières plus pertinentes de penser et d'interroger.
En outre, les discours sur la «crise» de l'Université, quelle que soit leur nature (et leur époque), semblent paradoxaux à plus d'un titre. Ils le sont d'abord dans la mesure où ils mobilisent le plus souvent la rhétorique de la catastrophe imminente, c'est-à-dire de la nouveauté et de l'urgence, là même où un peu de recul historique montre le retour incessant et régulier des mêmes inquiétudes et des mêmes arguments. Ils le sont ensuite dans la mesure où ils semblent contre-productifs au regard même des objectifs qu'ils se donnent. En effet, le discours sur la «crise» de l'Université, sur les taux d'abandon et/ou d'échec catastrophiques en première année de licence, ou encore sur les taux d'insertion professionnelle particulièrement mauvais des diplômés de l'Université (autre topique plus que douteux), est celui-là même qui justifie chez d'autres la privatisation de l'enseignement supérieur. Cette rhétorique «crisologique», non seulement paralyse et démoralise les acteurs universitaires, mais elle justifie aussi, depuis de nombreuses années maintenant, les réformes les moins solidement fondées de l'Université publique.

Actualité et pertinence d'un discours sur la crise ?

Ce que l'on appelle la «crise de l'Université» a suscité nombre de prises de position récentes, dans et hors le milieu universitaire et beaucoup s'accordent pour dire qu'il faudrait, de façon urgente, faire quelque chose pour l'Université. Son état actuel semble donc particulièrement inquiétant. Pour autant, à regarder un peu arrière, il apparaît que cette crise (ou, du moins, le fait d'en affirmer l'existence) n'est pas si actuelle qu'on voudrait le laisser entendre. En 1971, François Bourricaud parle déjà d'une Université à la dérive. En 1972, Jean Fourastié condamne La faillite de l'Université. En 1983, Laurent Schwartz cherche des solutions Pour sauver l'Université. Ces traités-catastrophes ponctuent ainsi les décennies telles des Cassandre, où l'Université n'en finit pas de mourir. La presse n'est pas en reste et se fait amplement le relais de cette déchéance programmée. Le dépouillement systématique des archives du Monde, disponibles depuis 1944, l'illustre bien. Entre la fin de la deuxième guerre mondiale et 2013, on dénombre 103 articles faisant mention de l'expression «crise de l'Université» ; 115 articles évoquant la «crise universitaire» et 11 articles qui contiennent les termes «Université» et «en crise». (...)

Présentation de l'éditeur :

Depuis quelques années, les rapports ministériels et les controverses (politiques, médiatiques, sociologiques) se multiplient et alimentent la thèse d'une crise de l'Université liée à l'échec important en premier cycle, l'insertion difficile des diplômés et le faible niveau des «nouveaux étudiants». À ces trois maux sont proposés trois remèdes : sélection, professionnalisation, «propédeutisation». Or ce diagnostic repose sur une cartographie erronée de l'enseignement supérieur et sur une connaissance partielle des publics universitaires.
En mobilisant les résultats d'enquêtes sociologiques menées auprès d'étudiants de premier cycle universitaire, d'IUT, de STS et d'écoles spécialisées, cet ouvrage remet en cause ces trois constats.
Tout d'abord, la dénonciation de ces trois maux apparaît comme une constante des discours sur l'Université depuis les années 1960 : ils ne permettent en rien de comprendre sa situation actuelle.
Ensuite, en dressant un tel portrait à charge de ces établissements d'enseignement supérieur, des universitaires et des étudiants, ces discours entretiennent surtout le phénomène qu'ils prétendent combattre et contribuent à la dévaluation de l'Université et à la mise en cause de son service public.
Enfin, la rhétorique déployée autour de la «crise de l'Université» ne se contente pas de diffuser une image biaisée de la réalité, elle détourne l'attention de ce qui est vraiment en question : les objectifs politiques et sociaux assignés à l'enseignement supérieur, les désordres actuels du marché du travail et le désengagement progressif de l'État.

Romuald Bodin est sociologue, maître de conférences à l'université de Poitiers et chercheur au GRESCO.

Sophie Orange est sociologue, maître de conférences à l'université de Nantes et chercheuse au CENS.

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