9782365833295: Le prince

Conquérir le pouvoir ? Rien de plus simple, pour ceux que favorise la Fortune et qui acceptent d'être des créateurs d'Etats. Mais le conserver, voilà qui exige de la virtus. Car il faut conduire les hommes selon la nécessité d'un temps politique toujours incertain. Dans Le Prince, Nicolas Machiavel (1469-1527) expose cet art de gouverner en brisant les miroirs au prince des temps médiévaux. Il l'écrit en 1513, alors que le retour des Médicis l'éloigne de l'engagement républicain qui fut la passion d'une vie entièrement tournée vers l'action politique. Il l'écrit pour parer les coups et comprendre sa défaite. Non pour rêver de cités idéales, mais pour nommer avec exactitude la réalité du pouvoir, cet exercice habile de la domination. Provocateur, drôle parfois, mais toujours surprenant, Le Prince fut écrit en état d'urgence, la traduction de Jacqueline Risset restitue à sa langue son irrésistible vélocité. Car Le Prince file droit jusqu'à nous. Quelle que soit l'idée préconçue que l'on se fasse du "machiavélisme", on le lit toujours au présent. Aussi les commentaires que propose ici Patrick Boucheron visent en même temps à resituer le texte dans son temps historique d'incertitude politique et à le donner à lire dans sa capacité d'actualisation. Ce qui s'y joue ? Rien moins que l'idée de Renaissance. Cette édition illustrée tente de reconstituer la culture visuelle du temps de Machiavel. Peinture, sculpture, architecture, mais aussi objets plus ordinaires du cadre de vie princier, choisis et légendés par Antonella Fenech Kroke. Tout ici concourt à donner à voir l'éclat d'un moment où le prince se vivait comme le créateur d'un Etat considéré comme une oeuvre d'art.

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Extrait :

Extrait de l'introduction

«II nous fait respirer l'air sec et subtil de Florence et ne peut se retenir d'exposer les questions les plus graves au rythme d'un indomptable allegrissimo, non sans prendre peut-être un malin plaisir d'artiste à oser ce contraste : une pensée soutenue, difficile, dure, dangereuse et un rythme galopant, d'une bonne humeur endiablée.»

Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal (1886), I, 28.

Qui ne connaît Le Prince ? Nombreux sont ceux en tout cas qui, sans nécessairement l'avoir lu, en ont quelque idée. Accéder à ce savoir par ouï-dire est le rare et douteux privilège de certaines oeuvres : celles dont la postérité a défiguré le nom propre de leur auteur d'un isme. De Machiavel, on ne voit le plus souvent que le masque grimaçant du machiavélisme. Or, celui-ci n'est, depuis le XVIe siècle, rien d'autre qu'une invention malveillante de l'antimachiavélisme. C'est d'ailleurs l'auteur de l'Anti-Machiavel, l'avocat et théologien huguenot dont le nom même, Innocent Gentillet, semblait le prédestiner à pourfendre la méchanceté du monde, qui forge en 1576 le néologisme de «machiavélisme». Si bien qu'on apprend à détester Machiavel avant même de savoir ce que «machiavélien» veut dire. Rédigé en 1513, publié de manière posthume en 1532, mis à l'Index de la sainte Inquisition en 1559 jusqu'à l'extrême fin du XIXe siècle, Le Prince n'a cessé depuis lors de hanter la pensée politique européenne. Au point que le retour régulier de son spectre scande pour certains une succession de «moments machiavéliens».
Voici pourquoi on ne peut jamais tout à fait lire Le Prince pour la première fois. Car même si on ne l'a jamais ouvert et que l'on prétend poser sur ce texte un oeil neuf, s'interpose nécessairement entre lui et nous l'épaisse couche des lectures accumulées, cette lente sédimentation des interprétations, des trahisons, des appropriations, tout ce fatras d'intelligences et de préjugés qui porte simplement le nom de culture. Prenez Nietzsche : lorsqu'il évoque Machiavel en 1886 dans Par-delà bien et mal, ce n'est pas seulement à une «pensée soutenue, difficile, dure, dangereuse» qu'il se mesure, mais à toute la tradition allemande qui, avant lui, l'a affrontée. Celle de l'Anti-Machiavel de Frédéric II de Prusse (1740), celle de Hegel et de Fichte qui voyaient au contraire dans ce nouvel art politique l'expression du républicanisme, celle de Jacob Burckhardt qui avait décrit dans sa Civilisation de la Renaissance en Italie (1860) «l'État considéré comme une oeuvre d'art». Et c'est par opposition aux pesanteurs de la philosophie en langue allemande que Nietzsche décrivait l'allegrissimo de la joyeuse cavalcade de ce diable de Machiavel.
Il faudrait pouvoir le suivre, de ce pas - car tout ici est affaire de rythme. Ne pas alourdir la lecture de précautions inutiles, et se laisser emporter par son allure artiste, faite d'écarts et d'embardées. Inutile pourtant de se voiler la difficulté : le texte de Machiavel est aussi exigeant qu'il est entraînant. Car s'il invite à un vertige de lecture, celui-ci n'est rien d'autre que l'effet de l'indétermination du politique, c'est-à-dire de la déstabilisation de toutes les certitudes idéologiques qu'amarrent les grands systèmes des classifications institutionnelles, au profit d'un art de gouverner qui varie en fonction des incertitudes d'une philosophie de la nécessité. Dès lors peut s'énoncer une hypothèse audacieuse : ce que Le Prince a à dire de plus fondamental et de plus dérangeant sur l'ordre politique est assumé par la manière dont il le dit - une forme de narrativité à la fois déliée et brusquée que révèle d'un coup notre impression de lecture.
Nul mieux que Claude Lefort, dans son maître livre Le travail de l'oeuvre Machiavel (1972), n'a décrit cette impression de lecture dans son étrange duplicité : «À la fois celle d'un discours rigoureux, dont le mouvement nous porte du début à la fin, sans que nous puissions résister à l'éloquence de la démonstration, et celle, s'accusant au fur et à mesure que nous avançons dans l'examen du texte et lui prêtons attention, d'une pensée divagante, qui perce soudain à l'occasion d'un détour, se rétracte ou s'arrête au moment où elle paraît s'élancer librement dans la direction qu'elle s'était fixée et revient nombre de fois sur son tracé, pour le modifier, voire en inverser le cours.»

Revue de presse :

Le Prince est un coup de fouet violent et perpétuel. Il provoque une «joyeuse cavalcade» en vingt-six brefs chapitres : galop sec et léger de ce qui est, dans un monde où les gens vivent de ce qu'ils croient, de ce qu'ils rêvent. Machiavel «ne s'occupe que de la stricte vérité, écrit Giono, c'est à ce titre qu'il est un écrivain moderne»...
C'est le sens de cette édition : restituer le rythme et l'allure du texte, grâce à la traduction claire et naturelle de Jacqueline Risset, d'abord publiée chez Actes Sud ; puis l'encadrer de reproductions d'oeuvres et de documents, qui permettent non seulement de voir et sentir dans quel monde naquit, vécut et écrivit Machiavel, tout ce qui l'inspira, mais aussi quelle est, de la peinture à la bande dessinée, de la tombe florentine réalisée en 1787 par Spinazzi à un portrait de Gramsci qui l'étudia, sa complexe postérité. Chaque reproduction est accompagnée d'un texte qui est une histoire jetée sur l'oeuvre. (Philippe Lançon - Libération du 13 décembre 2012 )

Les illustrations restituent la splendeur de la Renaissance italienne, une manière de rappeler que le philosophe, comme l'écrit Boucheron, " n'échappe pas à cette tyrannie de l'oeil qui caractérise pleinement l'histoire sensible du Quattrocento ". Une façon subtile et convaincante, aussi, de proposer un nouveau regard sur ce grand texte classique. (Julie Clarini - Le Monde du 13 décembre 2012 )

Peu d'écrivains, au cours des siècles, ont réussi à transformer leur nom en adjectif indiquant l'enfer, l'effroi, la monstruosité ou l'angoisse. Dante, Machiavel, Sade, Kafka ont droit à cette distinction. Vous ouvrez n'importe quel dictionnaire, et vous avez le choix entre «machiavélisme» et «machiavélique». «Machiavélique» veut dire, paraît-il, «digne de Machiavel, c'est-à-dire rusé, perfide, tortueux». «Machiavélisme» va plus loin et désigne «une politique faisant abstraction de la morale, une conduite tortueuse et sans scrupules»...
Qui est ce Machiavel ? Un secrétaire convaincu et actif de la République de Florence, très cultivé et au courant de tous les secrets, un diplomate entre les différents pouvoirs italiens, mais aussi en voyage en France et en Allemagne. A l'avènement des Médicis, il est arrêté et torturé : «Sans l'avoir mérité, je supporte une grande et continuelle malignité de fortune.»...
Voyez le contraste fabuleux entre les sensationnelles peintures et sculptures de son époque (Michel-Ange, Raphaël, Vinci, Titien), et cette main solitaire et nocturne. Et pensez à vous recueillir, à Florence, devant sa belle tombe dans l'église de Santa Croce. L'épitaphe de 1787, en latin, dit tout : «Tanto nomini nullum par elogium» : «Aucun éloge n'est digne d'un si grand nom.» (Philippe Sollers - Le Nouvel Observateur du 20 décembre 2012 )

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