Sophie Carquain 100 histoires du soir

ISBN 13 : 9782501080934

100 histoires du soir

 
9782501080934: 100 histoires du soir
Extrait :

POUR L'HISTOIRE ET CONTRE LE SILENCE

«Je trouvais plus de sens profond dans les contes de fées qu'on me racontait dans mon enfance que dans les vérités enseignées par la vie.»

Schiller

Rappelons-nous. Nous aussi, nous avons été petits. Nous avons frémi devant la citrouille ricanante, le chevalier masqué. Nous avons tremblé dans le noir, quand nos parents se disputaient. Nous avons redouté le passage à la grande école, craint comme la peste la solitude des cours de récré, quand nous étions le «petit nouveau»... Nous avons été tristes à en étouffer quand nos grands-parents sont morts.
Nous aurions voulu connaître le secret pour terrasser les monstres, pour effacer les bobos. Le secret pour ne plus exploser en larmes quand maman pleurait ; celui pour se dire au revoir sans sombrer...
«Quel tableau noir ! répondrez-vous. L'enfance n'est-elle pas un âge merveilleux ?» Je répondrais : «Plutôt l'âge du merveilleux.» Nos enfants ne sont pas coupés des réalités de ce monde. Ils ne vivent pas sur un petit nuage. Plus que jamais gavés d'images et bombardés sur Internet en culottes courtes, les voilà confrontés en permanence à des réalités de tous ordres et des épreuves qui les feront grandir. Et souffrir... Nous qui sommes devenus grands, comme ils disent, nous nous rappelons à peine a quel point, tout petit, plongé dans ce monde, on se sent vulnérable. Françoise Dolto a parlé de cet état de vulnérabilité, en particulier chez les «primo-scolaires», qui ne contrôlent aucun repère spatio-temporel, voire corporel. «Il faudrait, disait-elle apprendre aux enfants le sens de l'orientation, leur donner des cours de géographie pour leur permettre de se diriger dans l'espace et se l'approprier.» Tout cela, bien sûr, nous l'avons oublié. De la même façon, nous avons oublié ce que signifiait la peur du noir. Quand nous les voyons jouer, sourire, ces enfants qui sont sortis de nous-mêmes, que nous avons l'impression de connaître jusqu'au bout de leurs orteils, nous oublions à quelles angoisses ils peuvent être confrontés. Les enfants sentent, pressentent, savent... Sans nous en parler.
On a beau camoufler nos états d'âme sous un sourire Ultra Bright, les enfants sentent quand nous sommes à bout, fatigués, quand nous nous sommes disputés, que nous sommes au bord de la crise de nerfs ou du divorce. Leur fameux sixième sens. Certes, ils ne disent rien, continuent à coiffer leur poupée ou à manipuler leurs Lego. Mais à l'intérieur, c'est un tremblement de terre.
Cachez-leur un deuil, masquez-leur la réalité. Elle reviendra comme un boomerang. Et eux, qui ont encore du mal à verbaliser, se mettent à somatiser. Pipi au lit, cauchemars ou rhinopharyngites...
Aujourd'hui, l'effet pervers du silence est bien connu : on condamne les tabous et secrets de famille. Nous savons, bien heureusement, qu'il ne servait à rien de cacher ou contourner les angoisses enfantines. Les enfants n'ont besoin de silence que pour dormir. Pas pour grandir !
Ne les prenons ni pour des anges, ni pour des petits matous de salon. Face à une crainte, ne leur répondons pas : «Que vas-tu imaginer, mon chéri ? Allons, n'en parlons plus ! C'est une affaire réglée.» Ou «Bien sûr que non, nous n'allons pas nous séparer. Tout va bien entre nous, ok ? Maintenant va faire tes devoirs.» Laissons ces petites phrases à la préhistoire...
Combien d'enfants se sont repliés sur eux-mêmes, culpabilisés par leur violence intérieure et leurs «mauvaises pensées» ? Que de dégâts ces phrases, qui se voulaient lénifiantes, ont-elles provoqués ? Refuser de parler de leurs angoisses, c'est les renvoyer à leur solitude.

Un mot de l'auteur :

A huit ans, je me suis beaucoup ennuyée... Pendant trois mois, je me suis retrouvée à l'hôpital, pour soigner une maladie au nom de rongeur (le R.A.A), pas grave, mais qui peut le devenir... C'est alors, avec pour toute compagnie mon poisson rouge Barnabé - victime rapidement d'une maladie nosocomiale, à moins que ce ne soit le stress de l'hôpital - que j'ai décidé de devenir écrivain pour enfants. Je voulais sauver les enfants de la solitude, de la tristesse, et de toutes sortes de bobos qui font irruption dans leur vie. Sans être négative, j'en ai trouvé un certain nombre... Là encore, graves, pas graves, mais qui m'ont inspiré des histoires, courtes, rythmées, que tout parent peut partager avec son enfant. Ensemble, sous la couette, on lit, on écoute. L'émotion affleure, on la partage. Et c'est dans ce partage d'émotions, touché au coeur, que l'on peut comprendre. Et, pourquoi pas, guérir... Pour écrire ce livre - enrichi de trente nouvelles histoires sur des thèmes contemporains (la garde alternée, l'homoparentalité, l'obsession des marques, l'écologie, l'addiction aux écrans...) j'ai exploré mon coeur d'enfant. Et c'est sans doute la raison pour laquelle elles plaisent tant.

Sophie Carquain

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