Grammaire des temps messianiques

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9782705681029: Grammaire des temps messianiques
Extrait :

Le totalitarisme de Babel

1. Babel ou de la confusion

Confusion des langues, punition que Dieu inflige à l'humanité : telle est la première signification, la plus commune et la plus répandue, associée à la tour de Babel, qui se détache des fameux versets de Bereshit 11,1-9. Répétée jusqu'à l'obstination au cours des siècles, l'interprétation s'est cristallisée jusqu'à menacer le mythe et le fonds inépuisable du mythe. Premier document d'une réflexion sur le langage et sur les langues, la tour a failli se figer en un emblème qui demeure en raison de la punition divine ancrée dans les mémoires, de la confusion des langues. Babel a pourtant toujours exercé et continue d'exercer une séduction singulière, au siècle dernier encore - de Kafka à Borges, de Benjamin à Derrida. Cela n'a rien de surprenant car, dès lors que l'on va au-delà des lieux communs, il y a tant de questions qui s'accumulent autour de la tour, autour de Babel, autour du mythe de Babel.

Babel est avant tout un mythe juif. On n'y trouve ni héros, ni héroïne ; il n'y a pas de personnages principaux ou secondaires. On n'y trouve pas d'individus. On n'y trouve même pas de noms. Il y a une communauté qui veut se faire un nom. Or c'est le nom, et non la tour, qui est le péché le plus grand. Il est surprenant, puisque Babel est un mythe juif, écrit et décrit dans Bereshit, que l'on ait prêté si peu d'attention aux questions que l'herméneutique juive, à partir des maîtres du Talmud jusqu'aux kabbalistes, a adressées à ces versets complexes, d'autant plus surprenant que la bénédiction de Babel, la signification positive de l'inachèvement et de la dispersion, traverse l'herméneutique juive. Il conviendra alors de partir de ces versets :

1 Sur toute la terre, on parlait une seule langue et les mêmes mots. 2 En partant de l'orient, les hommes se trouvèrent dans une plaine au pays de Shinéar et il s'y fixèrent. 3 Ils se dirent les uns aux autres : «Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu». La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. 4 Puis ils dirent : «Allons ! Bâtissons une ville et une tour dont le sommet arrive jusqu'au ciel : nous nous ferons un nom et nous ne serons plus dispersés sur la surface de la terre». 5 Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les fils de l'homme construisaient. 6 Et il dit : «Ils sont un seul peuple, ils parlent tous une seule langue et ont commencé à faire ceci ! Rien ne les empêchera de faire ce qu'ils se proposent de faire. 7 Allons ! Descendons et multiplions leur langue, pour que l'un ne comprenne plus la lèvre de l'autre». 8 Le Seigneur les dispersa de là sur toute la surface de la terre : ils cessèrent ainsi de construire la ville. 9A laquelle fut donné le nom de Babel, confusion, parce que là le Seigneur multiplia la langue de toute la terre, et de là le Seigneur les dispersa sur toute la terre (Genèse 11,1-9).

Babel, Babylone, est géographiquement et historiquement la ville où se fondent et se confondent les langues les plus diverses. La ville, située entre la Mésopotamie et l'Asie Mineure, est un ancien marché, riche, un carrefour de commerces, de trafics, d'intrigues. Les peuples y affluent de tous les horizons. Les langues et les dialectes s'y mêlent. Il n'est pas surprenant que cette ville, la grande Babylone, devienne pour les Juifs - mais pas seulement pour eux - homonyme et synonyme de «confusion».

Présentation de l'éditeur :

Les bâtisseurs de la tour Babel espéraient s'assurer une gloire éternelle, emporter l'éternité en se faisant un nom. Ils se sont toutefois montrés aussi peu maîtres du temps que du langage. Comment ce défi lancé par leur nom au Nom de Dieu se conclura-t-il ? La diaspora des langues pourra-t-elle trouver dans les temps messianiques la voie de la rédemption ?

En suivant le fil de l'herméneutique juive, ce livre reconstruit, avec le rythme fascinant du récit, les prophéties sur l'instant messianique qui signera la fin des temps. Dans l'unisson où il sera invoqué, le Nom de Dieu fera irruption dans l'histoire pour la subvenir, en inversant le temps en éternité. Dans le double futur de Dieu - «Je serai celui que je serai» (Exode 3, 14) - affleure le lien entre langage et rédemption. Vocatif absolu, Parole de la rencontre, Nom de l'espérance messianique, le Tétragramme est la possibilité de dépasser le temps dans le temps, de faire de la mémoire le commencement de la rédemption. Le Nom apposera le sceau de la fin.

Donatella Di Cesare est professeur de philosophie à l'université La Sapienza de Rome et enseigne la philosophie juive au collège rabbinique italien.

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