Le paradigme du comédien : Une introduction à la pensée de Georg Simmel, suivi de Le Comédien, Eléments d'une

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Extrait :

Extrait du prologue

«On appelle aujourd'hui les comédiens des artistes et on leur octroie tous les honneurs d'une profession artistique. Être comédien, aujourd'hui, pour nous, avec notre façon de voir, n'est une tare ni morale, ni sociale».
C'est seulement au XIXe siècle que change réellement le statut des acteurs, et ce propos de Hegel en témoigne. Le comédien n'est plus cet être damné, excommunié, que l'on enterre la nuit. Il n'est plus cet hypocrite qui cultive «pour tout métier le talent de tromper les hommes», et dont l'esprit «le rend propre à toute sortes de personnages, hors le plus noble de tous, celui d'homme qu'il abandonne». Et corrélativement, d'un point de vue artistique, le comédien n'est plus «censé être uniquement l'organe spirituellement et corporellement vivant du poète» : il n'est plus un simple instrument au service d'un texte. Il s'agit désormais de reconnaître son «art propre» dans toute sa spécificité. C'est précisément cette «émancipation» du comédien que thématise brièvement Hegel dans son cours d'esthétique.
Au XIXe siècle apparaissent ainsi de grandes figures de la scène, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Autriche. Certes, il existait quelques grandes vedettes au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle. Mais pour la première fois, le comédien devient une véritable figure sociale, dont l'individualité fascine un public de plus en plus nombreux à se rendre au théâtre. Après Talma au tournant du siècle, ce sont Kean en Angleterre, Frederick Lemaître en France, ainsi que Marie Dorval, Rachel et Sarah Bernardt ; Eleonora Duse et Tommaso Salvini en Italie ; Joseph Kainz et Alexander Moissi en Autriche. Les comédiens sont admirés, perçus comme des individus exceptionnels, comme des modèles d'épanouissement et de réalisation de soi. Apparaît l'idée que «faire du théâtre», jouer un rôle, ne signifie plus se perdre dans l'altérité d'un personnage, mais au contraire se retrouver ou même se conquérir soi-même.
Dans la deuxième moitié du XIXe et surtout au tournant du XXe siècle, le comédien devient, selon l'expression d'Henry James dans The Tragic Muse, le «grand personnage moderne», dont la littérature s'empare, comme en témoignent, entre autres, les oeuvres de James, de Hermann Bahr, d'Arthur Schnitzler ou de Proust. Dans le contexte des réflexions sur la modernité, la figure de l'acteur acquiert un statut de paradigme. Alors que la division du travail est perçue comme un facteur aggravant l'aliénation de l'individu, que la monétarisation des échanges et le développement des grandes villes provoquent l'impersonnalisation croissante des relations sociales, qu'un scepticisme généralisé s'est répandu, l'expérience de la modernité est vécue comme celle d'un moi déchiré. Pour certains, le comédien apparaît à la fois comme l'individu doué au plus haut point de cette faculté d'adaptation qu'exige la vie moderne, et comme celui qui réconcilie, dans et par son activité, sa personnalité et ses rôles. Tandis que l'individu moderne joue en permanence des rôles auxquels il ne s'identifie jamais complètement, le comédien reste, voire s'affirme lui-même à travers les rôles qu'il interprète.

Présentation de l'éditeur :

On ne fait pas du théâtre en toute innocence. Toute esthétique théâtrale est au carrefour d'enjeux métaphysiques, anthropologiques, éthiques, politiques, et on ne fait pas venir des spectateurs dans une salle ni monter des acteurs sur une scène, sans s'appuyer, qu'on le veuille ou non, sur une certaine conception de la nature de l'homme, des rapports des hommes entre eux et au monde. Au début du XXe siècle, le philosophe et sociologue allemand Georg Simmel (1858-1918) a cherché à reformuler la problématique propre à l'art du comédien, qu'il considérait comme celui qui soulève les problèmes les plus difficiles. Cette problématisation originale confère à la thématique du théâtre une réelle importance dans son oeuvre. À la relire à travers ce prisme, il apparaît que la «figure du comédien» se trouve à l'entrecroisement des principaux thèmes de sa pensée : sa réflexion philosophique sur l'art de l'acteur mobilise l'ensemble des outils conceptuels qu'il élabore par ailleurs, et cette problématique est au centre aussi bien de sa sociologie théorique que de ses importantes analyses de la modernité. Ainsi cet essai aimerait-il à la fois proposer une introduction à la pensée de Simmel et une réflexion plus générale sur l'art du comédien, en resituant notamment les positions de Simmel par rapport à celles de Stanislavski et de Brecht.

Auteur :

François Thomas, ancien élève de l'ENS, professeur agrégé de philosophie, est doctorant à l'Université Lille-3 et metteur en scène.

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