Egarements : Amour, mort et identités numériques

 
9782705688042: Egarements : Amour, mort et identités numériques
Extrait :

C'est quoi, moi ?

Je te demande de me faire confiance. Puisque je ne sais pas où je vais, je ne peux pas te faire violence. Puisque je n'ai pas de carte ni de plan à te proposer, je ne peux pas te forcer à aller où tu ne veux pas.
Dans ce livre, je me propose de m'égarer avec toi et te demande de me suivre. Je n'ai pas un parcours prédéfini et sûr, mais je suis convaincu que la philosophie doit être un geste, qu'un geste est un voyage et qu'un voyage ne réussit que s'il implique un égarement.

I. LE VOYAGE

Qui suis-je ? La banalité de cette question nous la rend insupportable. Elle est usée, fausse ou du moins caricaturale. Et pourtant, peut-être formulée autrement, elle me hante, et probablement nous hante tous. Voilà pourquoi elle est banale : j'ai l'impression qu'elle est la question de tout le monde et pourtant elle est la mienne.
Formulée autrement, disais-je. Puisque déjà l'emploi de la première personne a l'air mystérieux, présuppose une différence, avec toutes les choses, qui n'est pas acquise. La question pourrait donc, dans un premier temps, se poser, plus simplement, comme : «c'est quoi, moi ?»
Mais d'où vient cette question ? On ne peut pas dire qu'elle soit originaire, qu'elle se pose dès le début : elle a besoin de temps pour se former, d'un parcours, d'un voyage. Un voyage fait par un quelqu'un qui n'est pas encore quelqu'un, et qui arrive à la fin à s'égarer complètement : voilà l'histoire que je vais raconter ici. Une histoire imaginaire, presque littéraire, pourrait-on dire. Je ne vais pas raconter l'histoire de la pensée du sujet, je veux oublier les références pour permettre au lecteur de me suivre complètement dans ce voyage, pour que l'on s'égare ensemble à la recherche de l'identité.
Commençons à imaginer ce que pourrait être le voyage qui m'amène à cette question : «c'est quoi, moi ?» Au début, il y a quelque chose tout autour. Tout autour d'un point transparent que je ne remarque même pas. Il y a des formes, des couleurs, des lumières. Si ce tableau m'intéresse et que j'y prête plus d'attention, je commence à distinguer des choses, c'est-à-dire que j'ai l'impression que quelque chose reste, dans le temps, la même chose.
Le temps passe, ce qui est autour bouge, change même, et pourtant je suis convaincu que chaque chose, même dans le changement, reste la même chose : je peux la suivre.
Captivé par la scène, je suis d'autant plus attiré par ce qui bouge et surtout par ce qui bouge le plus : les êtres vivants. Je les regarde, les suis, en étudie l'activité. Un d'entre eux, finalement, me regarde.
Et voilà la catastrophe : ce point transparent, invisible, inexistant, apparaît. Le point d'où je regardais se manifeste en tant qu'un point particulier de l'espace.
Jusqu'à présent, je n'avais pas l'impression d'avoir un point de vue, je n'avais pas l'impression d'être quelqu'un qui regarde; il n'y avait que quelque chose, il y avait le monde. Dès qu'un autre être vivant me regarde, je comprends que je fais partie de ce monde et que ce que je vois est le monde pour moi.
Je suis alors obligé de mettre un «je» devant tout ce qui existe. Il n'y avait pas, tout simplement, des choses revoyais des choses. Je commence alors à m'inquiéter : si l'autre me regarde, que voit-il ? Si moi je le vois, me voit-il de la même manière ?
Qu'est-ce que ce «je» ? C'est quoi, moi ?

Présentation de l'éditeur :

Êtes-vous prêts à partir en voyage ? Une quête qui a pour but de répondre à une question qui d'universelle finit par sembler banale. Un voyage à la recherche de nos identités. Qui suis-je ? Ou plutôt : c'est quoi, moi ? Ici ni carte, ni plan. À l'écart des sentiers battus, il nous faudra naviguer jusqu'à l'égarement, à l'affût des traces que chacun laisse. L'égarement est la condition de possibilité de ce parcours. Sur ce chemin qui n'en est pas un, quelques étapes indispensables : l'amour, la mort. Comment contribuent-ils à produire notre identité ? De cet égarement en naîtra un second, en apparence bien plus dépaysant, celui qui nous mènera à parcourir l'espace virtuel engendré par nos existences numériques. C'est ici, semble-t-il, entre profils, pseudonymes, avatars et traces numériques, que se joue aujourd'hui le jeu de l'identité.

Marcello Vitali-Rosati est professeur adjoint de Littérature et culture numérique au Département des Littératures de longue française de l'Université de Montréal. Il a précédemment publié Riflessione e trascendenza. Itinerari a partire do levinas (ETS 2003), Corps et virtuel. Itinéraires à partir de Merleau-Ponty (Harmattan 2009) et, dans la collection «Cultures numériques», chez Hermann, S'orienter dans le virtuel (2012).

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