Phénoménologie du mouvement : Patocka et l'héritage de la physique aristotélicienne

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9782705689384: Phénoménologie du mouvement : Patocka et l'héritage de la physique aristotélicienne
Extrait :

Extrait de l'introduction

Dans un manuscrit de travail de 1969, Jan Pato?ka esquisse un tableau de l'impression phénoménologique du mouvement, impression globale (pour autant qu'elle rassemble le mouvement des «choses inanimées» et celui des «êtres vivants») et tableau auquel ne manque que le mouvement de persistance des choses - leur être-maintenu-dans-le-devenir qu'on décrit généralement par cette espèce du mouvement qu'est le repos - pour être un tableau complet de la donnée phénoménologique primaire : le monde est monde de mouvement. Cette liste est presque un poème, le poème global de tout ce qui nous est donné de voir et de son comment : toujours du mouvement. Dans la Physique, Aristote a pu écrire qu'il est clair par induction que toutes les choses de la nature sont en mouvement ; et c'est précisément cette induction que Pato?ka semble effectuer ici.
Mais, nous le savons, l'induction n'est pas encore une démonstration. De quelle autre manière peut-on tester l'hypothèse selon laquelle c'est le mouvement qui est phénoménologiquement et ontologiquement premier ? Nous venons de suggérer, suivant une autre thèse aristotélicienne, que le repos est lui-même mouvement, mouvement de résistance au devenir dans le devenir. Est-il cependant vrai, en fin de compte, que tout est mouvement ? Ne peut-on pas trouver quelque chose qui échapperait à cette caractérisation ? Peut-être le logos, c'est-à-dire la possibilité de tenir sous le regard (en puissance) toutes les occurrences changeantes de quelque chose ? Ou l'acte des formes du monde, la présence invariante de Y espace er du temps ? Ou le mobile lui-même, l'hypokeimenon - traduit par la modernité sous une double forme, corps (de la physique) et sujet -serait-il l'invariant dans la variation ? Autant d'avatars du repos, autant d'exceptions apparentes à l'universalité du mouvement, et autant de problèmes qui requièrent une analyse. Notre travail examinera ces questions et s'organisera en conséquence, après la présentation de la définition (aristotélicienne) du mouvement et de sa reprise par Pato?ka, dans une suite d'analyses portant successivement sur le possible, le temps, l'espace, le corps et la subjectivité dans leur relation ou opposition au mouvement.
Mais qu'est-ce que le mouvement ? De quelle énigme est-il le nom ? Comment cerner le problème, comment trouver une définition du mouvement qui conviendrait à toutes les variantes er espèces qui peuvent y être distinguées, et donc rassemblerait pour notre pensée toute la diversité du monde : déplacement, mais aussi persistance ; altération d'une chose et processus qu'elle subir, mais aussi génération et dépérissement ? A propos de la définition du mouvement par Aristote (l'acte de la puissance en tant que puissance), la modernité a pu demander, par exemple dans la Logique de Port-Royal, «à qui servit-elle jamais pour expliquer aucune des propriétés du mouvement». Néanmoins, à partir de la fin des années 1950 et jusqu'à l'élaboration de ses positions phénoménologiques et ontologiques les plus propres, Pato?ka se penche constamment sur la vérité de cette définition et s'y réfère comme à un guide infaillible, après et à condition de l'avoir dégagée des charges que lui ont fait porter une tradition trop dogmatique et sa présentation parfois insuffisamment radicale chez Aristote lui-même. Nous comptons, pour notre part, suivre cette reprise patockienne, pour essayer de dégager ce que la réintroducrion de la définition aristotélicienne du mouvement dans la phénoménologie apporte de plus radical.

Présentation de l'éditeur :

Le projet phénoménologique de Jan Patoïka peut être lu comme une tentative de récupérer ce qui, de la Physique d'Aristote (que Heidegger appelait le «livre caché de la philosophie occidentale»), a été oublié par l'histoire de la philosophie. Cet ouvrage se concentre sur l'un des résultats les plus aristotéliciens de Patoïka, que l'on pourrait résumer ainsi : le mouvement est phénoménologiquement et ontologiquement premier.
Mais si le mouvement est premier, cela veut dire que les extases et les déterminations du mouvement ne sont, elles, que secondaires, c'est-à-dire phénoménologiquement et ontologiquement dérivées. La matière et la forme (du monde), l'acte et le possible, le temps et l'espace, l'hypokeimenon (le corps et le sujet) sont secondaires car sédimentés, déposés par le mouvement, et ne s'éclairent donc fondamentalement que par leur reconduction au mouvement. C'est une telle reconduction que nous avons tâché d'accomplir à chaque étape de notre analyse.

Dragoc Duicu est docteur en philosophie de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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