Mickael O'Brien L'odyssée du père

ISBN 13 : 9782706710353

L'odyssée du père

 
9782706710353: L'odyssée du père
Extrait :

Extrait du prologue

Fin février d'une année peu lointaine, le docteur Irina Filippovna traversait en transsibérien l'interminable immensité de la taïga et fut le témoin involontaire d'un événement singulièrement étrange. Quoique le compartiment dans lequel elle voyageait fût de troisième classe, les sièges durs et ses compagnons de voyage d'une humeur massacrante à cause d'une perturbation récente du trafic ferroviaire par des manifestants écologistes, elle avait prévu de dormir pendant l'essentiel du voyage entre Novossibirsk, où elle avait donné une conférence sur l'immunologie dans un institut médical, et Irkoutsk, où elle avait espéré débarquer sans encombre pour y prendre le bus puis un traîneau qui la conduirait jusqu'à son village dans lequel elle conservait une activité réduite mais nécessaire.
C'était une jolie femme, dans la quarantaine, veuve avec deux fils à charge, qui mettait une détermination tranquille à mener une vie aussi simple que possible afin de conduire ce qu'il restait de sa famille à travers ces temps où la situation sociopolitique semblait, d'une certaine manière, plus confuse à ce jour qu'elle ne l'avait jamais été durant le régime communiste. Elle n'avait aucun attrait pour ce qui subsistait de l'omnipotence apparente de l'État et de son appétit omnivore et ne perdait pas non plus son énergie à essayer de comprendre l'univers en d'autres termes, car ce qui pouvait ou non se trouver au-delà ne pourrait jamais être prouvé par la science. Elle se considérait elle-même comme une mère et une scientifique. Elle se rappelait souvent qu'elle avait bien de quoi être reconnaissante, pensant particulièrement à son mari qu'elle avait aimé comme nul autre et à ses fils qui étaient maintenant, si l'on peut dire, sa vie même. Son histoire personnelle était compliquée, mais en rien unique. Et, quoique pauvre, c'était une intellectuelle, ni politique, ni naïve. Elle ne nourrissait aucune illusion sentimentale sur sa terre natale mais elle l'aimait intensément, dans son âme, alors même qu'elle doutait de l'existence de cette dernière.
Elle avait l'habitude, de temps à autre, de rajuster ce qu'elle appelait son masque russe, l'impénétrable neutralité d'une expression qui reflétait une attitude d'indifférence et de résignation, car il avait tendance à glisser dans des moments inopportuns qu'elle qualifiait généralement après coup d'instants de défaillance dus à des «raisons humanitaires». Elle n'était ni indifférente ni résignée, mais la vie lui avait appris qu'il valait mieux dissimuler les éléments les plus intimes de sa personnalité, surtout devant des étrangers. Ainsi se disait-elle immunisée.
Aussi, tandis qu'elle observait du coin de l'oeil un homme malheureux sur le siège de l'autre côté du couloir, elle enregistra le fait mais n'attribua aucune signification particulière à sa présence. À première vue, il semblait bien peu différent de certains autres passagers du compartiment, engoncé dans un pardessus sale, décharné, la mine défaite et renfrognée, non rasé. Il avait sensiblement son âge, peut-être un peu plus. De temps à autre, il levait la main gauche, la choyait comme si elle était foulée ou brûlée, et la pressait contre la vitre givrée à côté de lui. Oui, c'est une brûlure, décida-t-elle en évaluant sa grimace ainsi que le disque livide rouge qui apparaissait sur sa paume et les cloques suintantes qui l'accompagnaient. Elle envisagea de lui proposer un baume antibiotique qu'elle aurait tiré de la trousse médicale posée à ses pieds mais elle se ravisa. Ses cheveux, colorés d'un jaune aussi criard qu'artificiel, se dressaient en pointes à l'instar de quelque rock star américaine décadente. Il n'était pas rare de voir des jeunes Russes arborer de telles apparences dans les grandes villes mais chez un homme d'âge moyen, c'était repoussant. Elle décida de ne pas entrer en contact. C'était peut-être un saoulard ou un criminel, ou bien les deux, de toute évidence une personne dérangée, et les centaines de verstes qu'il restait à parcourir pouvaient trop facilement dégénérer en tribulations. Le pays était plein de gens comme lui, absurdes et démunis. Même si elle avait éprouvé un instant le désir de l'aider, elle se dissuada d'intervenir et chassa le pauvre bougre de ses pensées.

Présentation de l'éditeur :

Alexander Graham, libraire dans une petite ville du Canada, mène une vie tranquille et plutôt triste depuis la mort de sa femme, lorsque son fils Andrew, étudiant à Oxford, disparaît subitement, sans explication. Commence alors pour lui un voyage à la recherche de l'enfant prodigue qui le conduira, au-delà de son monde sécurisé et de ses limites personnelles, à travers l'Europe jusqu'aux confins de la Sibérie où sa foi sera mise à rude épreuve. D'une puissance spirituelle peu commune, ce roman - peut-être celui dans lequel l'auteur de Père Elijah a mis le plus de lui-même - tour à tour noir, poétique, haletant, mystique, politique, démontre une nouvelle fois le talent d'écrivain stupéfiant de Michael O'Brien, si justement capable de peindre l'âme humaine dans toutes ses dimensions.

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Mickael O'Brien
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Description du livre SALVATOR, 2013. Paperback. État : NEUF. Alexander Graham, libraire dans une petite ville du Canada, mène une vie tranquille et plutôt triste depuis la mort de sa femme, lorsque son fils Andrew, étudiant à Oxford, disparaît subitement, sans explication. Commence alors pour lui un voyage à la recherche de l'enfant prodigue qui le conduira, au-delà de son monde sécurisé et de ses limites personnelles, à travers l'Europe jusqu'aux confins de la Sibérie où sa foi sera mise à rude épreuve. D'une puissance spirituelle peu commune, ce roman - peut-être celui dans lequel l'auteur de Père Elijah a mis le plus de lui-même - tour à tour noir, poétique, haletant, mystique, politique, démontre une nouvelle fois le talent d'écrivain stupéfiant de Michael O'Brien, si justement capable de peindre l'âme humaine dans toutes ses dimensions. Michael D. O'Brien est l'auteur de nombreux romans, dont Père Elijah, La librairie Sophia, Une île au coeur du monde et Theophilos publiés chez Salvator (respectivement en 2008, 2010, 2011 et 2012). - Nombre de page(s) : 1150 - Poids : 1355g - Langue : ANGLAIS - Genre : Littérature Anglo-Saxonne. N° de réf. du libraire N9782706710353

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