Mensonges d'Etat

 
9782738119735: Mensonges d'Etat

1

Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

Extrait :

Il fallut presque un mois pour trouver le cadavre idéal. Roger Fends avait posé des exigences très particulières : il voulait un homme d'une trentaine d'années, en bonne condition physique, blond de préférence, mais surtout de race blanche. Il ne devait présenter aucun signe évident de maladie ou de traumatisme physique. Aucune blessure par balle non plus. Cela aurait trop compliqué les choses par la suite.
Ferris se trouvait au Moyen-Orient la plupart du temps ; c'est donc son supérieur, Ed Hoffman, qui eut à s'occuper des détails. Hoffman était sûr qu'aux yeux de ses collègues il était impensable de s'occuper d'une telle mission sans en référer à une commission parlementaire. Mais il se trouvait aujourd'hui dans l'armée des gens auxquels on pouvait demander quasiment n'importe quoi : Hoffman contacta donc un ambitieux colonel de la section J2 du commandement des opérations spéciales sur la base aérienne de MacDill, en Floride, qui lui avait déjà été utile au cours de précédentes affaires. H lui expliqua qu'il avait un service à lui demander, un service peu banal, qui plus est. Il fallait qu'on lui trouve un homme de race blanche, d'environ un mètre quatre-vingts, d'âge moyen, suffisamment musclé pour donner l'impression d'être un officier traitant, mais pas non plus au point de ressembler à un mercenaire. Le candidat idéal ne devait pas être circoncis. Et surtout, il fallait qu'il soit mort.
Trois semaines plus tard, le colonel dénicha un corps dans une morgue du sud de la Floride. Il avait fait appel à un réseau d'officiers en retraite, désormais employés par des entreprises de sécurité privée, qui ne l'avaient jamais déçu. Le cadavre était celui d'un homme qui s'était noyé en faisant de la planche à voile au large de Naples, en Floride. C'était un avocat de Chicago en vacances. Il était en bonne condition physique, les cheveux châtains, ne présentait aucune maladie et possédait un prépuce. Son nom était James Borden, il était âgé de 36 ans au moment du décès. Le corps convenait parfaitement, à l'exception d'un seul détail : dans deux jours, il allait être incinéré dans un funérarium de Highland Park, dans l'Illinois. Il fallait trouver une solution à ce problème. Hoffman demanda au colonel s'il avait déjà monté une opération en sous-main et celui-ci lui répondit que non, mais qu'il ne reculerait devant rien si nécessaire. Hoffman entendait rarement ce genre de déclarations à la CIA.
Us se livrèrent donc à un jeu de bonneteau à deux cartes où les cartes étaient remplacées par des cadavres. L'un des corps fut chargé dans la soute d'un avion à Fort Myers et un autre en sortit à O'Hare. Le cercueil était identique. Mais l'homme qui se trouvait à l'intérieur était désormais un vieux monsieur de 78 ans, ancien cadre des assurances mort d'une crise cardiaque. Le colonel dépêcha un sous-officier au funérarium de Highland Park afin de s'assurer que personne ne décide au dernier moment d'exposer le corps au public. Us avaient préparé une histoire au cas où un incident se produirait : une terrible erreur avait été commise par la compagnie aérienne, qui avait confondu les deux cercueils pendant leur transfert, mais à présent il était trop tard, car l'autre corps avait déjà été incinéré à Milwaukee. Ils n'eurent jamais à s'en servir.
Le corps de James Borden n'était pas la perfection, mais il s'en rapprochait. Le haut était musclé, même si le ventre commençait un peu à s'affaisser, et il présentait une légère calvitie au sommet du crâne. Il apparut qu'un de ses testicules n'était pas descendu. Plus Hoffman réfléchissait à ces imperfections, plus elles lui plaisaient. Elles constituaient la part de réalisme humain qui rendrait crédible l'ensemble de la supercherie. Un stratagème parfait comporte toujours quelques erreurs.
A ce corps, Hoffman rattacha ensuite une légende. James Borden disparut au profit de Harry Meeker. Ils louèrent à ce dernier un appartement à Alexandria, en Virginie, et le munirent d'une ligne de téléphone fixe et d'un mobile. En utilisant la photographie qui figurait sur le permis de conduire de Borden, établi dans l'Illinois, ils obtinrent un permis en Virginie, puis un passeport ; un employé des services administratifs se chargea d'imiter les cachets et les visas officiels. Pour la photo du passeport, Sami Azhar, un collègue de Hoffman, s'introduisit dans le site Internet du cabinet de Borden et obtint d'autres photos de lui qui avaient servi aux envois publicitaires.
Harry Meeker était censé travailler à l'Agence américaine pour le développement international, ils lui obtinrent donc une carte professionnelle de l'USAID. Ils lui firent également fabriquer des cartes de visite portant son numéro de poste personnel. L'indicatif qui y figurait était correct - le 712 -, cependant lorsqu'on appelait ce numéro, on n'entendait pas la voix d'une véritable secrétaire mais celle de quelqu'un qui était chargé de couvrir Meeker. Us attribuèrent à Meeker une place de parking sous le Ronald Reagan Building, sur Pennsylvania Avenue, et glissèrent dans son portefeuille une carte sur laquelle figurait le numéro de la place au cas où il l'aurait oublié. Jusque-là, rien de bien compliqué : c'était le travail habituel auquel se livrait la CIA lorsqu'elle élaborait une couverture. A présent, ils devaient faire de Harry Meeker une vraie personne.

Revue de presse :

Editorialiste au Washington Post, David Ignatius est l'un des journalistes américains qui connaît le mieux la CIA et le Moyen-Orient, où il fut correspondant au début des années 1980. Depuis plus de vingt ans, il fréquente cette microsociété de Washington où gravitent diplomates, agents secrets, congressmen et hauts fonctionnaires fédéraux, et où se joue une bonne part des affaires du monde. Autant dire que David Ignatius est un homme très bien informé. Ce qui donne à ses thrillers un incontestable parfum d'authenticité. Une vie de mensonges, qui paraît aujourd'hui en français, est son sixième roman. Les agents de la CIA, éclipsés dans Le Magnat (2002), y retrouvent la place qu'ils occupaient dans ses premiers livres. Et le Moyen-Orient redevient le centre de gravité de l'intrigue, comme dans les désormais classiques Un espion innocent (1988) et Nom de code : Siro (1992). L'auteur revient donc à ses thèmes et ses terres de prédilection. A ceci près que le monde a changé. Et que les ennemis sont désormais les terroristes islamistes. (Thomas Wieder - Le Monde du 22 juin 2007)

Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

Meilleurs résultats de recherche sur AbeBooks

1.

David Ignatius
Edité par Editions Odile Jacob (2007)
ISBN 10 : 2738119735 ISBN 13 : 9782738119735
Neuf(s) Quantité : 3
Vendeur
Gallix
(Gif sur Yvette, France)
Evaluation vendeur
[?]

Description du livre Editions Odile Jacob, 2007. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782738119735

Plus d'informations sur ce vendeur | Poser une question au libraire

Acheter neuf
EUR 21,90
Autre devise

Ajouter au panier

Frais de port : EUR 12
De France vers Etats-Unis
Destinations, frais et délais

2.

David Ignatius
ISBN 10 : 2738119735 ISBN 13 : 9782738119735
Neuf(s) Quantité : 20
Vendeur
BWB
(Valley Stream, NY, Etats-Unis)
Evaluation vendeur
[?]

Description du livre État : New. Depending on your location, this item may ship from the US or UK. N° de réf. du libraire 97827381197350000000

Plus d'informations sur ce vendeur | Poser une question au libraire

Acheter neuf
EUR 34,35
Autre devise

Ajouter au panier

Frais de port : Gratuit
Vers Etats-Unis
Destinations, frais et délais