Fables du français. Une langue et ses représentations en cinq siècles et vingt-cinq textes.

 
9782745327635: Fables du français. Une langue et ses représentations en cinq siècles et vingt-cinq textes.
Extrait :

Extrait de l'introduction

Actualités

Diderot, fin du XVIIIe siècle, dans son Essai sur les règnes de Claude et de Néron : «Sais-je ou ne sais-je pas ma langue V». La phrase est d'une intrigante concision. Pour dissiper le mystère, on peut éventuellement la prolonger : «savoir une langue», au sens de savoir parler ou écrire une langue, maîtriser ses tables de conjugaison, les contraintes de la syntaxe, etc.

Début du XXIe siècle : la question est à l'ordre du jour. Une quinzaine éditoriale parmi d'autres : le mercredi 2 septembre 2009 sortait Zéro faute, où François de Closets décrivait un vieil ordre orthographique miné par les nouvelles pratiques d'écriture. Le 10 septembre, dans l'émission littéraire «La grande librairie», Éric Orsenna évoquait des jeunes générations indifférentes au système de la ponctuation. Ce même jour, paraissait Langue morte (Jean-Michel Delacomptée), dont Pierre Assouline rendait compte sur son blog : il y soulignait le mépris que notre temps porte à la langue classique, et à ses canons. Enfin, le 16 septembre, parution de La langue française au défi de François Taillandier, qui exposait les raisons pour lesquelles le français a cessé d'être un principe unificateur de notre société.
Cela ressemble à un tir groupé. À la question de Diderot que nous avons reformulée, une voix unanime répond : le français, on a su, on ne sait plus. Une voix réactionnaire ? L'adjectif serait trop court, quand certains parient sur le futur (ainsi Taillandier, qui espère un multilinguisme à la hauteur de l'idéal européen), et que d'autres accueillent en souriant le désordre nouveau (voir de Closets, partisan d'une désacralisation de l'orthographe). Surtout, à faire la part entre «purisme» et «progressisme», on perdrait de vue l'essentiel : il y aurait, dans d'étonnantes proportions, une actualité du français; et puristes, progressistes, politiques, gens de lettres, journalistes ont en commun de suggérer que le français vivrait aujourd'hui des moments historiques, inédits, qui engagent son devenir, et le devenir même de la société.
Fort bien, et pourquoi pas. Mais ce qui peut encore troubler, c'est que cette actualité soit continûment brûlante, qu'elle ne soit pas l'affaire d'une saison ou de la rentrée des classes. Sur le front de notre langue, il y a toujours du nouveau, et souvent du nouveau qui fait drame. C'est, par exemple, l'existence de «ghettos linguistiques» dont s'inquiète le linguiste Alain Bentolila, dans une tribune du Monde datée du 21 décembre 2007 :

Pour les jeunes de ces quartiers-ghettos, l'imprécision et la pénurie des mots va de pair avec l'enfermement qu'ils subissent; elles constituent leur lot réduit parce que ni l'école ni la famille ne leur ont transmis l'ambition d'élargir le cercle des choses à dire et celui de ceux à qui on les dit. Cantonnés à une communication de proximité, prisonniers d'une situation d'extrême connivence, ils n'ont jamais eu besoin de mots justes et nombreux pour communiquer ensemble.

C'est, par exemple, la création d'une «Délégation générale à la langue française et aux langues de France» qui alarme l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse, alors qu'elle s'adresse à ses pairs, le 5 décembre 2002 :

[...] La langue commune, la langue française [...] seule incarnera et maintiendra l'unité morale et culturelle des Français. Qu'elle soit condamnée à partager ce rôle avec les langues de France, elles sont d'ailleurs légion, et notre patrimoine culturel, notre identité voleront en éclats. Ce n'est pas un avenir de science-fiction que j'évoque en cet instant, mais des projets précis qui se développent insidieusement dans l'ombre de quelques institutions et chapelles. C'est pourquoi je lance ici un véritable cri d'alarme. N'ignorons pas ce péril, sauvons notre langue quand il en est encore temps, car ce qui est en cause c'est nous tous, notre longue histoire, notre vie commune, notre identité.

(...)

Présentation de l'éditeur :

Destiné à tous, curieux de la langue, enseignants et étudiants, cet agencement sur cinq siècles de vingt-cinq textes classés et commentés a dabord pour objet de combler un manque. Sil existe de très nombreux essais consacrés à lévolution et aux perceptions du français, il ny a pas en effet une seule anthologie pour mettre à disposition un large choix de textes. Ici sont repérés, du XVIe au XXe siècle, différents lieux de cristallisation de limaginaire linguistique, permettant de mieux comprendre ce que, au fond, parler français signifie.

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Description du livre Champion, 2015. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782745327635

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