Richard POWERS Gains

ISBN 13 : 9782749109237

Gains

Note moyenne 3,77
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9782749109237: Gains

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Revue de presse :

C'est là que réside l'immense talent de Richard Powers : cette faculté à passer de la réflexion générale au tourbillon personnel, de la performance du produit à un corps décharné qui continue de perdre du poids. Gains parle d'argent, bien sûr, et s'achève sur un procès gagné par une mourante pour ses enfants, mais c'est surtout d'empoisonnement des corps et des esprits qu'il est question dans ce grand roman. Publié en 1998 aux Etats-Unis, il demeure, quatorze ans plus tard, une grande fiction sur la manipulation et la société de consommation, un livre provocateur et bouleversant où l'intelligence démonstrative n'est jamais gratuite. (Christine Ferniot - Télérama du 22 août 2012)

On retrouve dans Gains cette structure en double hélice - général/intime - que Powers affectionne. Mais, cette fois, c'est l'économie qui l'intéresse. Nous suivons l'ascension irrésistible d'une entreprise de savon créée à Boston au début du XIXe siècle par la famille Clare. Powers explique comment les produits Clare ne vont pas tarder à tout envahir et pas seulement les armoires à pharmacie des Américains...
Son roman est un jeu d'écritures en partie double, où il est sans cesse question de prix, d'estimations, de dépréciation, des termes de l'échange, bref de débits et de crédits. Cours des matières premières, nombre de grandes fortunes, pourcentages de guérison... Tout est chiffre, espérance de gain. Mais quel gain ?...
Sixième roman traduit en français, Gains n'est pas un livre récent et c'est dommage. Lorsque Powers l'écrivait, en 1998, il ne pouvait imaginer la crise de 2008, les subprimes, les scandales des banques ou les turpitudes de l'industrie du tabac qui auraient rendu sa démonstration plus tranchante encore. Quinze ans plus tard, son livre reste néanmoins une peinture effarante de la société de consommation, de sa genèse et de ses dangers. Des dangers impalpables dont les victimes - nous tous - sont presque toujours des complices. (Florence Noiville - Le Monde du 30 août 2012)

C'est une loi des mathématiques littéraires modernes : un parallèle donne souvent deux narrations. Croisées, comme ici, et qui cherchent l'opposition dans leurs termes. La première narration de Gains est donc collective et s'enracine dans le passé : elle raconte la croissance mouvementée, sur deux siècles, de l'entreprise Clare, qui deviendra ce Moloch économique auquel rien de ce qui est chimique n'est étranger. La seconde narration est individuelle et se déroule dans le présent : elle relate les quelques mois de lutte de Laura, jeune mère divorcée, Américaine typique, contre le cancer qui frappe inexplicablement ses ovaires. Dans les deux cas, il s'agit de prolifération incontrôlée. Et, dans les deux cas, d'une affaire humaine qui conduit l'homme, tel le brave cafetier Céleste au procès de L'Étranger, «tout au bout de sa science», là où le désir de compréhension finit par capituler...
La chute du roman, ironique, semble consacrer la pérennité organique du capitalisme : comme les tumeurs cancéreuses, il naît littéralement sur la nature humaine, se nourrit de son esprit d'invention et paraît relever de l'irrémédiable. Mais, en livrant, à travers l'allégorie Clare, ce portrait presque exhaustif, Richard Powers nous permet aussi de rêver à une réformation raisonnée. (Alexis Brocas - Le Magazine Littéraire, septembre 2012)

En éblouissant maître des constructions romanesques où l'universel s'articule à l'intime, Richard Powers (natif de l'Illinois comme son compère écrivain David Foster Wallace) retrace, dans cette fresque qui ne se laisse jamais gagner par la lourdeur démonstrative, rien de moins que l'histoire du libéralisme mondial. Un réquisitoire aussi efficace que subtil. (Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 20 septembre 2012)

Une saga autour de la création d'une fabrique de savon qui deviendra une multinationale. Le romancier américain Richard Powers montre l'exploitation et les dérives du capitalisme, sans manichéisme...
Gains, le nouveau roman de Powers, est une fresque balzacienne, une saga impressionnante par son érudition et par les interrogations qu'elle soulève, des interrogations liées au destin - et à l'essence - du capitalisme. Le récit remonte au début du XIXe siècle lorsqu'une petite fratrie - les Clare - s'installe près de Boston pour y fonder une modeste savonnerie en remuant des graisses dans des chaudrons d'alchimistes...
A force de manoeuvres machiavéliques, leurs descendants sauront déjouer les révoltes ouvrières et ils s'installeront dans l'Illinois, à Lacewood, où ils prendront les commandes d'une multinationale tentaculaire exportant des denrées alimentaires et des cosmétiques, des produits pharmaceutiques et chimiques. Mais le rêve des Clare, pour les populations locales, se transformera en cauchemar lorsque leurs usines cracheront dans les airs des nuages toxiques porteurs de mort. Cette mort qui talonne Laura Bodey, une habitante de Lacewood dont Powers raconte le long calvaire pour lutter contre le cancer... Sous sa plume, cette maladie sert de miroir à un autre fléau, le capitalisme moderne, dans une époque obsédée par la consommation, le "marché roi" et la course au bonheur - autres cibles de Powers, qui signe un roman passionnant, inquiétant, jamais manichéen, où l'intime se mêle sans cesse au collectif, où les êtres sont à la fois victimes et complices de toutes sortes d'empoisonnements de plus en plus sournois. (André Clavel - Lire, octobre 2012)

Extrait :

Le jour avait une façon bien à lui d'éveiller Lacewood. La tapotant délicatement comme on le ferait d'un nouveau-né. Lui frictionnant les poignets pour la ramener à la vie. Lorsque la matinée était tiède, on se rappelait sans difficulté la raison pour laquelle on s'activait. Il fallait battre le fer pendant qu'il était chaud. Travailler, parce que la nuit n'allait pas tarder. Travailler ici et maintenant, précisément parce que là où on allait il n'y avait nulle part où travailler.
Mai donnait l'impression que cette ville n'avait jamais abrité de pêcheurs. Le printemps ouvrait grand les battants des fenêtres. La lumière débarrassait les chênes de leurs derniers doutes hivernaux, faisant naître de nouvelles pousses à partir de rien, vous laissant libre encore une fois de gagner votre pitance. Quand le soleil était de la partie à Lacewood, on pouvait enfin vivre.

La trace de Lacewood, on la retrouvait partout : à Londres, à Boston, aux îles Fidji, dans la baie de la Désillusion. Mais toutes les traces aboutissaient là, dans cette ville consacrée à la production. Certains matins, surtout les matins ensoleillés, l'histoire s'évanouissait. La longue route qui menait jusqu'à aujourd'hui disparaissait, se perdait dans le voyage encore à venir.
La ville avait d'abord subsisté grâce à la terre revue et corrigée. Les prairies aux herbes folles avaient cédé la place au grain, à une seule variété d'herbe comestible, qui, cultivée sur une grande échelle, faisait que même l'herbe pouvait rapporter. Plus tard, Lacewood s'était élevée grâce au génie humain : une série de transformations alchimiques lui avait apporté la prospérité. On l'avait nourrie d'argile schisteuse, engraissée à la cendre d'os et au guano. Les découvertes se succédaient aussi sûrement que mai suit avril.
Il avait dû exister une époque où, quand on parlait de Lacewood, on ne parlait pas forcément de Clare Incorporated. Mais personne ne s'en souvenait. Aucun de ceux qui étaient encore en vie n'était assez vieux pour cela. Impossible de prononcer un des deux noms sans aussitôt évoquer l'autre. C'est par le large canal de cette compagnie que s'écoulait toute la grâce jamais répandue sur Lacewood. Les grandes boîtes noires en bordure de la ville retiraient des pépites de la boue. Et Lacewood était devenue l'emblème des richesses qu'elle fabriquait.

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Richard POWERS
ISBN 10 : 274910923X ISBN 13 : 9782749109237
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QUARTIER LATIN FRANCE
(SAINT-ETIENNE, France)
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Description du livre Aug 23, 2012. État : New. 40 000 livres en stock. Expédition rapide et soignée. N° de réf. du libraire A2140FEA9EA1

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