La Revue Lacanienne, N° 7, Juin 2010 : Alcools

 
9782749212463: La Revue Lacanienne, N° 7, Juin 2010 : Alcools
Extrait :

AlcoolS

Jean-Louis Chassaing
Psychiatre, psychanalyste

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Ces vers d'Apollinaire - Guillaume Albert Wladimir Alexandre Apollinaire Kostrowitzky -, qui ne les a chantés voire retenus ?

Ou encore :

Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte

Le pont Mirabeau et La chanson du mal-aimé, respectivement, poèmes d'Alcools. 1913.

1913, montée des nationalismes en France, l'Europe fragilisée, un «contexte de précarité et de renouveau», avec pour ce dernier une réelle effervescence culturelle, littéraire, et apparition du cubisme en peinture.

Apollinaire, nom du poète, bâtard de naissance, de mère polonaise et de père italien n'ayant pas voulu le reconnaître. La naissance est encore plus complexe. Né le 26 août 1880 à Rome, il est déclaré sur les registres de l'état civil Guillaume Albert Dulcigni, mère anonyme, père non nommé. C'est le 2 novembre que sa mère le reconnaît légalement, après un baptême le 29 septembre. Après un second enfant Albert -, le père, officier italien, quitte sa femme en 1885. Kostrowitzky est le nom marital de sa mère, donc le nom de son père, mais la non-reconnaissance par celui-ci hantera Guillaume.

Maraudeur étranger malhabile et malade
Ton père fut un sphinx et ta mère une nuit
Qui charma de lueurs Zacinthe et les Cyclades
As-tu feint d'avoir faim quand tu volas les fruits
(Le larron)

Apollon, mais aussi Sidoine Apollinaire, poète qui fut confronté au paganisme, un des thèmes d'Alcools, furent sans doute les références du choix de son nom de poète.

Pourquoi Alcools - dixit la question posée à tout lycéen mis à l'étude ? Fluide, eau-de-vie, eau-de-feu, c'est dans un contexte de renouveau, tout feu tout flamme, celui d'une poésie qui faisait fi du symbolisme, celui de «l'esprit nouveau» tel que le voulait ce critique d'art partisan et défenseur de cette «science de la construction», le cubisme, auquel il s'associe dès 1911. Apollinaire «cherche à réaliser dans l'écriture poétique une sorte d'élasticité, voire de plasticité verbale». «Ainsi, Alcools distille ses liqueurs et ses lueurs à venir dans un bouillonnement d'innovations et de curiosité insatiable» (Henri Scepi).

Présentation de l'éditeur :

Dans la suite du numéro La psychanalyse est-elle une addiction ?, la revue entend reprendre le fait de l'alcoolisme. Elle emprunte le pluriel d'Apollinaire afin de faire entendre la multiplicité des réalités de cette conduite et les avancées dans le dialogue entre médecine
spécialisée et psychanalyse.

Coordination : Jean-louis CHASSAING

Ont participé à ce numéro : Alain BELLET - Pascale BELOT-FOURCADE - Marika BERGES-BOUNES - Jean BRINI - Jean-luc CACCIALI - Olivier DOUVILLE - Sabine DUCHENNE - Thierry FLORENTIN - Ingrid FRANCE - Eva-marie GOLDER - Nazir HAMAD - Jean-paul HILTENBRAND - Claude LANDMAN - Charles LASEGUE - Cedric LEVAQUE - Nicolas MITERAN - Pascale MOINS - Marc MORALI - Esther TELLERMANN - Remi TEVISSEN -

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(Aucun exemplaire disponible)

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