La clinique lacanienne, N° 19 : Psychoses et toxicomanies

 
9782749214207: La clinique lacanienne, N° 19 : Psychoses et toxicomanies
Extrait :

La dépendance vis-à-vis d'un objet peut-elle protéger de la psychose ?

Charles Melman

Je crois qu'il y a une étape dans la vie du jeune enfant, dans les premiers mois qui suivent sa naissance, une étape que nous n'avons pas encore parfaitement étudiée. Cette étape est celle où la jouissance de type organique qu'il éprouve dans sa relation à sa mère - jouissance purement organique, puisqu'elle est faite essentiellement de tensions organiques résolues par l'intervention et par la présence maternelle - se trouve entrer en conflit avec ce que vient introduire chez lui sa participation à l'ordre du langage, et dont nous savons que cela intervient très tôt chez le jeune enfant, et sans doute déjà dans la vie intra-foetale sensible aux modulations et aux rythmes vocaux, ça c'est avéré. Donc, la manière dont cette jouissance de type organique entre en conflit avec ce que met en place sa participation à l'ordre du langage et qui implique une renonciation à la jouissance première éprouvée, et dont nous savons qu'elle est supportée par la mère.
Il y a là un type de conflit qui est assurément observable chez le nourrisson, entre ce qui est chez lui la tension provoquée par le trop plein de la générosité maternelle, et également - et venant coexister avec cette difficulté éprouvée face à ce trop plein - la crainte d'une introduction à un manque qui serait absolu. Cela, comme nous le savons, a été merveilleusement et prématurément - si je puis dire - perçu par Freud, avec sa fameuse histoire du fort-da, de la bobine, qu'il avait observé chez sa petite fille, c'est-à-dire ce plaisir à faire à la fois disparaître un objet pour avoir l'assurance ensuite de pouvoir le faire revenir. Par la suite, Winnicott a très bien théorisé la question de l'objet transitionnel, qu'il a appelé ainsi, c'est-à-dire justement ce type d'objet dont le retour possible précède, en quelque sorte, ce qu'il en sera d'un retranchement, d'un abandon, d'un renoncement définitif.
Ce qui est peut être pour nous amusant - avant d'entrer dans la question que je souhaite directement et rapidement examiner avec vous -, c'est que ce mode de relation à l'objet, en tant que sa présence risque vite de paraître excessive et insupportable, et que la sédation sera recherchée dans un abandon qui souvent ne fait que précéder la répétition du même cycle ; et, comme vous le savez, ce mode de relation est aujourd'hui un mode qui n'est pas rare chez nos contemporains, et en particulier dans la façon dont les jeunes aujourd'hui et même les moins jeunes viennent à nouer leurs relations, avec ce qui serait devenu donc cette espèce de rapide intolérance à la présence rendue excessive de l'objet et à l'insatisfaction éprouvée dès lors qu'il est parti, qu'il est absent, mais sans arriver à trouver une position stabilisée face à lui.

Présentation de l'éditeur :

La toxicomanie ne concerne aucun type clinique en particulier : elle est transstructurale. Mais une fois l'accoutumance à la drogue installée, elle a ses propres effets et une problématique spécifique. Ce sont ces conséquences qui servent à décrire le tableau du «toxicomane», entité bien réelle, mais artificielle. Car avant la tourmente addictive, ce «toxicomane» était bel et bien quelqu'un, que les failles de sa structure - névrose, psychose ou perversion - poussèrent vers les paradis artificiels. Le tableau courant du «toxicomane» est d'autant plus trompeur que non seulement il décrit moins un sujet que les transformations accomplies par la drogue, mais qu'il s'attache surtout aux types cliniques les plus fréquents dans les institutions de soins (c'est-à-dire certaines modalités de la perversion et ces extensions de l'hystérie que les psychiatres classiques appelaient «psychopathies»). S'intéressant à la structure du sujet plutôt qu'à la modélisation du toxique, ce numéro de La clinique lacanienne s'interroge sur l'appétit de psychotropes qui caractérise certaines formes de psychoses. S'il s'agit de tentatives d'auto-guérison - qui comportent leurs propres impasses -, elles en apprennent aussi beaucoup sur les psychoses elles-mêmes.

Ont participé à ce numéro : Pierrick BRIENT - Gorana BULAT-MANENTI - Françoise DECANT - Fernando GEBEROVITCH - Hélène GODEFROY - Jacques JUNGMAN - Philippe KONG - Marc-Léopold LEVY - Charles MELMAN - Thatyana PITAVY - Gerard POMMIER - Thierry ROTH - Didier SABATIER - Yaelle SIBONY-MALPERTU - Laure WESTPHAL -

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