Enfances & psy, N° 57/2013 : Figures du surmoi

 
9782749236407: Enfances & psy, N° 57/2013 : Figures du surmoi
Extrait :

ÉDITORIAL
Gisèle Apter

La pédopsychiatrie de liaison : petite musique d'ouverture

Gisèle Apter, praticien hospitalier, 7e intersecteur de psychiatrie infanto-juvénile, EPS Érasme, 92, université Paris Vil-Diderot.

Les interventions en psychiatrie de liaison restent la première porte, nous semble-t-il, par laquelle il est possible d'entrebâiller le domaine de la psyché pour offrir à des enfants et à leur famille une esquisse de l'existence de leur fonctionnement psychique, auquel ils n'auraient que peu ou pas accès. Il ne s'agit pas seulement de la prise en compte de la part psychologique et/ou des conséquences psychiques d'une maladie somatique. La dimension intrapsychique de l'enfant qui se manifeste dans les liens avec sa famille et plus largement à son environnement, les difficultés de séparation qui s'expriment lors d'une hospitalisation intempestive, les capacités de l'enfant à faire face avec plus ou moins de souplesse ou de détresse à un événement intercurrent sont autant d'éléments qui rappellent aux professionnels, comme à l'enfant et à sa famille, l'inaltérable «entièreté» de l'enfant et «ses liens avec le soma-psyché» (Winnicott, 1949).

La présence systématique d'une équipe multidisciplinaire lors de l'hospitalisation en pédiatrie, comme cela peut être le cas dans certains services, est un gage de la prise en compte de toutes ces dimensions. Il s'agit moins d'être une mini-unité ambulatoire mobile trans-services, comme se sont constituées depuis les unités antidouleur dans les hôpitaux pédiatriques, que d'envisager une prise en charge incluant d'emblée le lien soma-psyché ; une façon d'échafauder les soins à l'enfant dans une prise en charge la plus intégrative possible.

De cette construction résultent de nombreux bénéfices, car elle permet :
- de rendre les interventions d'ordre psychologique et/ou psychiatriques non stigmatisantes, puisque tous les patients sont susceptibles d'être vus ;
- d'offrir une prévention des troubles susceptibles d'être liés à l'hospitalisation elle-même : troubles de la séparation, adaptation à une annonce ou à un diagnostic de maladie grave ;
- de repérer et d'affiner l'observation de troubles psychiques non discernés au premier abord par la famille et les soignants ;
- d'évaluer le développement de l'enfant dans un contexte contraignant mettant enjeu l'accès à des ressources intérieures parfois peu visibles ou, au contraire, dévoilant des vulnérabilités plus difficilement perceptibles habituellement.

Ces quatre dimensions de la santé globale de l'enfant permettent d'approcher l'accès aux soins dans un continuum entre normal et pathologique, en considérant la capacité développementale de la conflictualité intrapsychique et sa dimension psychopathologique potentielle.

En France, cet intérêt ancien pour le travail de liaison donne lieu, aujourd'hui, à une défense de cette pratique, à une mise en avant de ses avantages tant pour les familles que pour les services, et à un enseignement spécialisé (Jousselme, 2010 ; Medjkane et coll., 2010 ; Duverger, 2011 ; Canouï et coll., 2012). Encore timides, les recherches concernant la pédopsychiatrie de liaison mériteraient pourtant de se développer. Elles seraient nécessaires pour évaluer l'intérêt de cette approche dans l'enseignement fait aux jeunes médecins, et pour la santé publique. En effet, il nous semble que la liaison oblige à une approche de l'enfant où médecine du corps et de l'esprit se doivent de travailler ensemble. L'apprentissage du travail en équipe est imposé. Il s'agit pour le psychiatre d'être «disponible, pragmatique et compréhensible» (Rothenberg, 1979). Les activités en commun, devenues aujourd'hui interventions de seconde ligne, pourraient servir de manière bien plus judicieuse que ce qui est proposé actuellement, ces évaluations si chères à nos tutelles. À travers la pédopsychiatrie de liaison, il semble possible d'intégrer les appréciations par les services eux-mêmes des prestations proposées par les personnels, de proposer des évaluations objectives de la subjectivité de l'aide apportée aux équipes médicales, voire d'estimer l'impact sur la durée de séjour en pédiatrie et même sur la nature de la prise en charge après la sortie, sans parler de l'avis des familles qui sont soucieuses de dialogue.

(...)

Présentation de l'éditeur :

La notion de Surmoi, empruntée à la psychanalyse, est quasiment passée dans le langage courant avec des sens assez variables. On retient en général son côté interdicteur, surveillant le moi, féroce, on n'insiste pas assez sur sa dimension de socialisation, d'entrée dans la civilisation. Il est central dans les étapes de subjectivation de l'enfance, intimement lié à la formation du complexe d'Oedipe et à son recul à l'adolescence. En ce sens, le surmoi est l'héritier de l'instance parentale et du complexe d'Oedipe (unification des interdits sous le registre de l'interdit de l'inceste), mais il est aussi bien porteur de l'idéal issu de la perfection que l'enfant attribue aux parents. Si l'idéal que porte le surmoi est un puissant organisateur de la vie relationnelle et culturelle, c'est sur fond d'un malaise, nous dit Freud. Au point qu'il suppose que «la communauté développe elle aussi un surmoi dont l'influence préside à l'évolution culturelle», produisant un «surmoi collectif».
Au regard des croisements de ces différents vecteurs, il nous a semblé fécond, pour nos pratiques avec les enfants et les adolescents, de repérer différentes figures du Surmoi pour aider à la compréhension de certaines problématiques et à l'abord d'une thérapeutique adaptée.

Coordination : Boris CHAFFEL - Didier LAURU

Ont participé à ce numéro : Salah Eddine ABBASSI - Audrey ABOAB - Gisele APTER - Claude BESSY - Claudette BOCCARA - Martine DE MAXIMY - Louise DUPEYRON - Fréderic ESCOLANO - Eric FLAME - Bernard GAILLARD - Antoine LEBLANC - Geneviève MOREL - Xavier MOYA-PLANA - Ludmila PAGLIERO - Francisco PALACIO ESPASA - Alain QUESNEY - Laura SARFATY - Sarah STERN - Jeremy TANCRAY - Sarah TERQUEM - Michèle VALENTIN - Alain VANIER - Elodie VERMONT -

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Boris Chaffel; Collectif; Didier Lauru
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