Psychologie clinique et projective, N° 19/2013 : Manie-mélancolie : nouveaux paradigmes

 
9782749239675: Psychologie clinique et projective, N° 19/2013 : Manie-mélancolie : nouveaux paradigmes
Extrait :

Extrait de l'avant-propos de Catherine Azoulay et Catherine Chabert

La dénomination de «folie maniaque-dépressive» est apportée par Emil Kraepelin en 1899. Avec les travaux de Sigmund Freud, Karl Abraham et Melanie Klein, le mouvement psychanalytique a inauguré les recherches sur les processus psychiques à l'oeuvre dans les expressions maniaque et mélancolique et sur la compréhension, en profondeur, de ces fonctionnements aux prises avec une relation à un objet interne dominée par la haine et la destructivité.
Actuellement, si d'importants débats subsistent sur la différence entre dépression endogène et dépression psychogène ou réactionnelle, mais aussi sur l'aspect psychotique délirant ou non de ces troubles et sur l'utilité ou non de les distinguer de manière radicale, d'autres voies de réflexion s'ouvrent qui diversifient les approches cliniques et psychopathologiques : longtemps considérée comme une pathologie de l'âge adulte, la maladie bi-polaire est à présent reconnue chez les adolescents et son diagnostic constitue une véritable alternative à celui de schizophrénie ; le fonctionnement psychotique, quel qu'il soit, comporterait un noyau mélancolique rendant compte du «meurtre» du moi chez de nombreux sujets schizophrènes ; les études sur la dimension affective présente dans certaines psychoses dissociatives (schizophrénie dysthymique) témoignent de l'intérêt de décloisonner les concepts de schizophrénie et de troubles de l'humeur ; le fonctionnement limite constamment menacé par la perte d'un objet d'étayage et par la dépression anaclitique montre, dans ses aspects les plus délétères, une attraction mélancolique aux confins de la psychose.
Les cliniciens et chercheurs actuels envisagent la mélancolie et la manie comme de nouveaux défis à relever, voire de nouveaux paradigmes susceptibles d'être analysés et identifiés chez des fonctionnements limites, et de manière ponctuelle dans des organisations névrotiques. À cet égard, la mélancolie pourrait être considérée comme le modèle du traitement narcissique de la perte alors que le deuil rendrait compte des modalités objectales de ce traitement. Les méthodes projectives sont des outils irremplaçables pour mettre en évidence et analyser finement les problématiques princeps et celles, sous-jacentes, qui caractérisent les sujets souffrant de troubles graves de l'humeur.
Ce numéro comprend dix articles consacrés au thème, proposant des réflexions théoriques et cliniques incluant ou non la méthodologie projective, et cinq articles hors thème.
Les trois premiers articles exposent des travaux portant sur les troubles bipolaires : Catherine Chabert et Estelle Louët articulent l'historique et l'actualité de la transition conceptuelle entre manie-mélancolie et troubles bi-polaires et l'exposé conséquent d'une recherche comparative utilisant la méthodologie projective portant sur des adolescents limites et psychotiques. Christine Rebourg-Roesler rend compte de la continuité de ses travaux, à l'interface de la psychologie clinique et de la linguistique énonciative, mettant l'accent sur la manière dont le sujet bi-polaire communique sa réponse au Rorschach dans le registre de la sensation. Olivier Revaz prolonge ces réflexions par une étude sur la syntonie ou l'hyperesthésie chez le maniaco-dépressif, en défendant l'hypothèse selon laquelle elle constituerait une défense contre l'angoisse de mort et/ou de persécution.
Les cinq textes suivants se rapportent à la mélancolie : l'article de Mi-Kyung Yi interroge le fantasme de l'enfant mort dans la clinique des dépressions comme potentialité de mobilisation dynamique. Catherine Matha, à partir de l'étude du cas de Dorian, montre comment certains adolescents utilisent des aménagements pervers pour lutter contre le risque mélancolique encouru par la perte des objets d'amour originaires. Jacques Vargioni aborde la notion de mélancolie (manie) corporelle dans l'obésité, en référence à la cure d'une jeune femme hyperphage et obèse, refusant la passivité inhérente à la reconnaissance de la perte. L'exposé clinique par Cristina Lindenmeyer de la thérapie d'un enfant adopté de 6 ans révèle, sous le faux-self et les symptômes de violence, la difficulté d'inscrire la perte des objets de la culture d'origine et la tentation mélancolique. Enfin, Magali Ravit et coll. interrogent la clinique du passage à l'acte violent chez un patient parricide du côté de la mélancolisation de la position subjective.

Présentation de l'éditeur :

Si, actuellement, d'importants débats subsistent sur les différences entre dépression endogène et dépression psychogène ou réactionnelle, ou encore sur l'éventuelle dimension psychotique de ces troubles et sur l'utilité ou non de les distinguer de manière radicale, d'autres voies de réflexion s'ouvrent dans le champ psychanalytique en diversifiant les approches cliniques et psychopathologiques. En effet, longtemps considérée comme une pathologie de l'âge adulte, la maladie bipolaire est à présent reconnue non seulement chez les adultes mais aussi chez les adolescents et le diagnostic constitue une véritable alternative à celui de schizophrénie. Le fonctionnement psychotique, quel qu'il soit, comportant un noyau mélancolique, la dimension affective présente dans certaines psychoses dissociatives montrent l'intérêt de décloisonner les concepts de schizophrénie et de troubles de l'humeur. Enfin, les fonctionnements limites révèlent dans leurs dérives les plus délétères une tentation mélancolique aux confins de la psychose. Confrontés dans le monde entier à l'augmentation de troubles graves de l'humeur, notamment dépressifs, les cliniciens et chercheurs d'aujourd'hui considèrent les maladies maniaques et dépressives comme de nouveaux défis à relever, voire comme de nouveaux paradigmes en psychopathologie.

Ont participé à ce numéro : Eve BECACHE - Jean-Luc BERNABE - Isée BERNATEAU - Noemie CAPART - Delphine CARKA - Solange CARTON - Catherine CHABERT - Vincent DI ROCCO - Irem ERDEM ATAK - Erkan KALEM - Cristina LINDENMEYER - Estelle LOUET - Catherine MATHA - Françoise NEAU - Marie-Christine PHEULPIN - Bengi PIRIM DUSGOR - Magali RAVIT - Christine REBOURG ROESLER - Olivier REVAZ - Tiziana SOLA - Laurence TOURNE - Tevfika TUNABOYLU IKIZ - Jacques VARGIONI - Xanthie VLACHOPOULOU - Mi-kyung YI - Neslihan ZABCI -

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1.

Catherine Azoulay; Collectif
Edité par ERES
ISBN 10 : 2749239672 ISBN 13 : 9782749239675
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Nomade Store Europe
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Description du livre ERES. Paperback. État : NEW. ERES (02/01/2014) Weight: 536g. / 1.18 lbs Binding Paperback Great Customer Service!. N° de réf. du libraire 9782749239675

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