Philippe IV, Roi de fer : Petit-fils de Saint Louis, 1285-1314

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9782756401461: Philippe IV, Roi de fer : Petit-fils de Saint Louis, 1285-1314
Extrait :

PHILIPPE III LE HARDI

Guillaume de Nangis amorce de la sorte la chronique des faits et gestes de ce roi : «Après avoir élevé par de dignes louanges ce très précieux joyau de Jésus-Christ, Louis, roi des Français, de sainte mémoire, non toutefois selon son mérite mais selon notre pouvoir, il nous semble à propos de compléter notre oeuvre en célébrant l'escarboucle issue de ladite pierre précieuse, à savoir : monseigneur Philippe, fils du saint roi Louis, et digne d'honneur et de gloire. Quoiqu'il ne fût pas grand clerc, toutefois il était doux et débonnaire envers les prélats de sainte Église et tous ceux qui cultivaient le service du Seigneur.»
Étrange escarboucle que ce roi dont on ne sait même pas pourquoi on le surnomma «le Hardi» et qui serait tombé dans l'oubli s'il n'était le fils de saint Louis et le père de Philippe le Bel ! Il faut pardonner les pieux mensonges de nos premiers biographes, mais savoir séparer le bon grain de l'ivraie. Le martyre de Louis IX, l'hécatombe de princes qui allait suivre, les circonstances tragiques de son avènement, tout à la vérité concourait à servir Philippe III. Ce fut devant le tref où gisait le corps du saint roi, le 25 août 1270, que les barons lui prêtèrent hommage. Il avait alors vingt-cinq ans. Le débarquement de son oncle, Charles d'Anjou, roi de Naples et de Sicile, permit de rétablir la situation et de terminer honorablement la malheureuse croisade de Tunis. La flotte, encombrée de malades, fut assaillie par une grosse tempête. On perdit de nombreux navires et des hommes à foison : la mer acheva l'oeuvre de la dysenterie et du typhus. On fit escale à Trapani, en Sicile. Mais le sort s'acharnait sur les croisés et sur les princes capétiens. Thibaut V, roi de Navarre, comte de Champagne et de Brie, mourut le 4 décembre 1270 ; Isabelle, son épouse (une des filles de saint Louis), devait mourir de chagrin le 23 avril 1271. La femme de Philippe III, Isabelle d'Aragon, qui était enceinte, fit une chute de cheval en Calabre : la mère et l'enfant mouru­rent le 28 janvier 1271. Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis, mourut à Saverne le 21 avril 1271 ; sa femme, Jeanne de Toulouse, ne put lui survivre. Ainsi, en quelques mois, Philippe avait perdu son père, son frère Jean-Tristan, comte de Nevers, sa femme, la reine Isabelle, ses oncles et tantes : Alphonse de Poitiers, Jeanne de Toulouse, le roi et la reine de Navarre. J'ai évoqué dans un autre ouvrage2 l'extrême douleur du jeune roi terrassé par cette succession de deuils, et le convoi funèbre qu'il conduisit à travers le royaume jusqu'à Paris. Le 22 mai 1271, après avoir fait «apprêter les corps qu'il avait ramenés de si lointaines terres», il porta à Notre-Dame le mince cercueil contenant les ossements de saint Louis. Dans la cathédrale, selon le témoignage de Primat, il y avait «foison de luminaires», et se déroula un grandiose office nocturne. Le lendemain, Philippe «prit le cercueil de son père, le troussa sur ses épaules» et, à pied, le porta jusqu'à Saint-Denis. Les portes de la basilique étaient closes, car l'abbé de Saint-Denis contestait à l'archevêque de Sens et à l'évêque de Paris le droit de paraître en officiants; il affirmait avec véhémence que c'était là une atteinte à ses privilèges. On parlementa, cependant que Philippe attendait avec son père sur l'épaule ! Il n'osait pas intervenir et trancher le débat : première indication sur son caractère. Les deux évêques préférèrent céder et se «dévêtir». Après quoi, la cérémonie put commencer, à l'issue de laquelle les restes mortels de saint Louis furent placés près de ceux de Louis VIII, son père, et de Philippe Auguste, son grand-père. La reine Isabelle et le prince Jean-Tristan les jouxtèrent. Pierre le Chambellan fut inhumé aux pieds du saint roi.
Bien que Philippe III eût été proclamé roi par les barons, dans les circonstances que l'on a dites, il lui manquait l'onction du sacre. Il la reçut des mains de Milon de Bazoches, évêque de Soissons, l'archevêché de Reims étant alors vacant. Le couronnement fut suivi des festivités habituelles. «Joyeuse», l'épée dite de Charlemagne, fut portée par Robert II d'Artois, fils du vaincu de Mansourah et cousin germain du roi. Il faut croire que la tristesse de Philippe persistait, car le même Robert d'Artois se mit en devoir de la dissiper. Il emmena son royal cousin dans la bonne ville d'Arras, où les bourgeois lui offrirent une fête somptueuse. Robert «manda les dames et demoiselles du pays pour les faire trescher (danser) et caroler (danser des rondes) avec les femmes des bourgeois qui s'étudiaient de toutes manières à danser et à espinguier (sauter), et se démenaient pour plaire au roi.» Le remède fut-il salutaire ? Il semble que non, encore que Philippe se déclarât, selon l'usage, «honoré» par l'accueil qu'il avait reçu. Robert d'Artois était un personnage haut en couleur, une force de la nature. Il ne pouvait concevoir que le jeune roi restât fidèle au souvenir d'Isabelle, oubliant que Philippe était aussi dévot que son père.

Présentation de l'éditeur :

Pendant presque mille quatre cents ans, des rois se sont succédé de manière quasiment ininterrompue sur le trône de France. Ils étaient issus de trois célèbres dynasties, les Mérovingiens, les Carolingiens et les Capétiens. À travers l'épopée tumultueuse de leurs vies et de leurs règnes, où se révèlent des personnalités diverses et parfois controversées, renaissent avec un grand éclat les heures les plus prestigieuses et les plus exaltantes de notre Histoire.

PHILIPPE IV
1285-1314

Philippe IV le Bel domine la fin du Moyen Âge. Son règne reste cependant une énigme, de même que son caractère et sa personne, animée par un véritable génie politique. Fut-il réellement un roi de fer ou jouit-il d'une réputation usurpée ? À travers des événements dramatiques (l'attentat contre le pape Boniface VIII, le procès et la chute des Templiers, l'adultère des trois brus, la lutte contre l'Angleterre), émerge une volonté constante et tendue vers un but unique : la grandeur du royaume de France. Chez lui affleurent une ingéniosité et une imagination hors du commun mais aussi un machiavélisme indéniable. Il aurait, en somme, pu dire comme Louis XIV, auquel il ressemble par plus d'un point : «l'État, c'est moi», s'il n'avait été lui-même l'État dans toute l'acceptation du terme.

GEORGES BORDONOVE

Lauréat de l'Académie française et de la Bourse Goncourt du récit historique, grand prix des libraires, officier de la Légion d'honneur, Georges Bordonove conte la superbe épopée des rois qui ont fait la France.
Refusant les facilités d'une vulgarisation simpliste de l'Histoire, il la clarifie afin d'en mieux traduire les palpitations vraies et les étonnantes analogies avec notre époque.

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BORDONOVE GEORGES
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