Joyce Carol Oates Petit oiseau du ciel

ISBN 13 : 9782757833001

Petit oiseau du ciel

Note moyenne 3,32
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9782757833001: Petit oiseau du ciel
Extrait :

Ce désir dans mon coeur ! C'était il y a longtemps.
«Je ne peux pas t'accompagner jusqu'à la porte, Krista. Mais j'attendrai de te savoir en sécurité pour partir, promis.»
Ce soir de novembre, nous roulions à la nuit tombante le long de la rivière - la Black River, dans le sud du comté de Herkimer, État de New York - à l'ouest et un peu au sud de la ville de Sparta, en ce temps lointain enveloppé de brume et d'une odeur humide un peu métallique : la rivière, la pluie.
Pour certains d'entre nous - les filles - filles de leur père à jamais, quel que soit leur âge - les odeurs - souvent jumelées, mêlées - de tabac et d'alcool ne sont pas déplaisantes, mais délicieuses, séduisantes.
Roulant le long de la rivière, me ramenant à la maison. Cet homme qui était mon père, Edward Diehl - qui avait été «Eddy Diehl», un nom assez mal famé à Sparta, en ces années-là - «Eddy Diehl», qui serait mon père jusqu'au soir où son corps serait criblé de dix-huit balles, tirées en l'espace de dix secondes par un peloton d'exécution improvisé d'agents de la force publique.
La voix rauque de papa, toujours un peu taquine. Et vous adorez être taquinée quand vous êtes une fille, vous savez que c'est un signe d'amour.
«Dis juste qu'on a été retardés, mon chat. Pas la peine de développer.»
Je ris. À tout ce que disait papa généralement, je riais et disais Oui, bien sûr.
Il fallait répondre vite aux remarques de papa, même quand ce n'étaient pas des questions. Sinon il vous jetait un regard acéré, sans se fâcher mais sans sourire non plus. Un petit coup de coude dans les côtes - Hé ? Alors ?
Évidemment il me raccompagnait un tout petit peu tard, par insouciance. Impossible par conséquent de cacher que j'avais été raccompagnée à la maison et que je n'avais pas pris le bus scolaire.
Insouciant, c'était la nature d'Eddy Diehl. Ce n'était jamais son intention.
Ce soir de novembre, peu avant sa mort-par-peloton-d'exécution, papa me ramenait dans une maison d'où il avait été chassé par ma mère, dans des circonstances humiliantes pour lui. C'était une banale maison blanche à bardeaux, mais elle était chère à mon père, ou l'avait été : une maison qu'il avait en partie construite de ses mains ; une maison dont il avait surveillé les travaux de couverture et de peinture ; une maison semblable à d'autres sur la route de la rivière, peinture un peu écaillée du côté nord exposé aux intempéries, volets et encadrements en mauvais état ; une maison dont Edward Diehl avait été chassé quelques années auparavant par une ordonnance du tribunal pénal du comté de Herkimer, services des affaires familiales. (Ni mon frère ni moi n'avions vu ce document, mais nous savions qu'il existait, caché quelque part dans les dossiers juridiques de notre mère.)
Notre mère mettait ce genre de document à l'abri de peur - une peur déraisonnable, mais caractéristique - que l'un de nous, vraisemblablement moi, ne prenne l'ordonnance et ne la déchire en morceaux.
Je n'étais pas ce genre de fille. Je ne le crois pas. S'accrocher à la promesse insouciante d'un homme J'attendrai de te savoir en sécurité pour partir, mon chat.
De quels dangers il était censé me protéger ainsi, papa ne le dit pas.

Revue de presse :

Ça commence comme de coutume : Zoe Kruller, serveuse et star de country locale, a été assassinée. Qui est le coupable ? Delray, son mari, l'Indien, le «sang-mêlé» ? Eddy, son amant, l'Amérique incarnée, viril, rassurant ? Un autre ? En fait, on s'en moque un peu - et tant mieux, car le dénouement, après plus de 500 pages, ressemble simplement à la vraie vie. L'enjeu est ailleurs : l'histoire est racontée du point de vue de la fille d'Eddy, Krista, puis de celui d'Aaron, fils de Delray. Deux ados, qui dealent avec les dommages collatéraux du monde adulte. Comment la rumeur les atteint, les détruit par ricochet. (Thomas Stélandre - Libération du 15 novembre 2012)

C'est d'abord par la manière dont elle travaille la temporalité de son livre que Joyce Carol Oates rappelle quelle très grande romancière elle est. Ce qui n'enlève rien ni à la puissance élégiaque de sa langue, ni à la force des images qu'elle emploie...
Si cet écrivain de la violence et de la fatalité évoque une fois de plus, dans Petit oiseau, la brutalité des rapports familiaux, sociaux, amoureux, elle parvient encore, après une cinquantaine de romans, à impressionner par sa capacité d'empathie pour des êtres qui tentent d'échapper au piège de leur existence, ou pour des hommes " prédateurs " qui se menacent d'abord eux-mêmes. Rappelant par instants Nous étions les Mulvaney (Stock, 1998), Petit oiseau du ciel appartient au meilleur de l'oeuvre pléthorique et inégale, forcément, de Joyce Carol Oates. (Raphaëlle Leyris - Le Monde du 18 octobre 2012)

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Joyce Carol Oates
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Carol, Joyce
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