9782801116432: Prise en charge énonciative
Extrait :

VOLATILITÉ DE LA DÉSACTIVATION ILLOCUTOIRE DANS LE DRD : CONFLITS ENTRE NIVEAUX DE PRISE EN CHARGE ÉNONCIATIVE

Hugues CONSTANTIN DE CHANAY

On s'intéressera ici au caractère composite de la prise en charge des énoncés par le locuteur qui les profère. Composite parce que, d'une part, on peut à notre sens distinguer différents niveaux de prise en charge ; et parce que, d'autre part, ces différents niveaux se superposent dans les énoncés et y interagissent. Nous tâcherons d'abord de définir la prise en charge en général, avant d'en distinguer différents types; nous envisagerons enfin quelques exemples illustrant des conflits entre niveaux de prise en charge, qui ont pour effet de contrecarrer la désactivation illocutoire propre aux actes de langage représentés en style direct (désormais DRD).

1 Essai de définition

L'expression de prise en charge entretient des rapports de proximité sémantique avec d'autres expressions, synonymes - ainsi Nølke et al. (2004 : 44) considèrent-ils prendre en charge, être la source de, être responsable de, assumer comme des formulations équivalentes - ou hyponymes - par exemple, dans l'article de Dendale & Coltier (2005 :137), responsabilité et accord désignent deux sous-types de prise en charge. Plus généralement, la notion peut être traquée dans la littérature sous des vêtements aussi divers que : ratifier (la vérité de), rattacher énonciativement à, octroyer une valeur argumentative / conclusive, imputer à, revendiquer...

Quant aux phénomènes concernés, ils sont eux aussi relativement divers, même si Dendale & Coltier (ibid.) signalent le rôle souvent central dévolu à la notion de vérité dans la définition de la prise en charge : prendre en charge une proposition revient alors, pour une instance donnée, à en entériner la vérité. Cependant, il est d'autres types de prise en charge qui échappent à une telle définition. Ainsi, lorsque Nølke déclare que LOC2 (2006 : 253) «assume la responsabilité des actes illocutoires et argumentatifs», il s'agit là d'un lien qui déborde le problème de la garantie de la vérité, lequel ne peut guère concerner que les actes d'assertion. Pour les mêmes raisons, la distance prise dans le discours représenté par le locuteur actuel avec le discours qu'il représente, souvent définie comme une non-prise en charge (pour Nølke & al. (2004 : 49), les liens de représentation sont un sous-type des liens de non-responsabilité), n'est pas simplement une distance prise avec la vérité des actes illocutoires représentés, car une partie de ceux-ci, et parfois la totalité, échappe à la vériconditionnalité.

Au vu de la diversité des phénomènes en jeu, on peut bien sûr se demander s'il n'est pas vain de les regrouper sous une même notion de prise en charge. Pourtant, il ne nous paraît pas fortuit de rapprocher le fait de valider une information, d'effectuer un accord, et de se revendiquer ou non l'auteur des propos que l'on énonce : ces opérations sont partiellement solidaires et les différentes «prises en charge» qu'elles permettent d'observer entretiennent entre elles des relations d'implication. Dès lors, on peut faire l'hypothèse qu'elles concourent à construire une prise en charge globale et multiplement stratifiée.

Présentation de l'éditeur :

La prise en charge comme son contraire la non-prise en charge est une notion fréquemment usitée dans les approches énonciatives, sous des étiquettes aussi diverses que adhésion, engagement, prise en compte, responsabilité, validation, modalisation, etc. Elle est utilisée pour la description d une grande variété de phénomènes langagiers (modalité, évidentialité, médiativité, assertion, temps, concession, discours rapporté, interaction conversationnelle, ...). Ce volume collectif réunit douze études empiriques qui appliquent ou utilisent la notion de (non) prise en charge pour la description de marqueurs linguistiques essentiellement français. Il constitue un des premiers ouvrages consacrés à la notion et vise précisément à poser les premiers jalons d une théorisation de celle-ci. Il intéressera tous ceux qui étudient divers aspects de l énonciation et de la modalisation.

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Collectif
Edité par DE BOECK SUPERIEUR (2011)
ISBN 10 : 2801116432 ISBN 13 : 9782801116432
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Description du livre DE BOECK SUPERIEUR, 2011. Paperback. État : NEUF. "La prise en charge - comme son contraire la non-prise en charge ? est une notion fréquemment usitée dans les approches énonciatives, sous des étiquettes aussi diverses que adhésion, engagement, prise en compte, responsabilité, validation, modalisation, etc. Elle est utilisée pour la description d'une grande variété de phénomènes langagiers (modalité, évidentialité, médiativité, assertion, temps, concession, discours rapporté, interaction conversationnelle, .).Ce volume collectif réunit douze études empiriques qui appliquent ou utilisent la notion de (non) prise en charge pour la description de marqueurs linguistiques essentiellement français. Il constitue un des premiers ouvrages consacrés à la notion et vise précisément à poser les premiers jalons d'une théorisation de celle-ci. Il intéressera tous ceux qui étudient divers aspects de l'énonciation et de la modalisation." - Nombre de page(s) : 256 - Poids : 416g - Genre : Lettres et linguistique Textes CHAMPS LINGUISTIQUES. N° de réf. du libraire N9782801116432

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