L'homosexualité dans les psychothérapies

 
9782804169206: L'homosexualité dans les psychothérapies
Extrait :

Extrait de l'introduction de Paolo Rigliano et Margherita Graglia

Pourquoi ce livre

A l'heure où les personnes gays et lesbiennes sortent de l'ombre et font leur coming out, les psychothérapeutes et les psychiatres sont à la traîne et relégués au placard... in the closet, comme l'étaient les gays et les lesbiennes dans le passé. Le renversement des positions, aussi ironique soit-il, est l'expression d'un renversement des pouvoirs. En effet, si pendant longtemps les psychothérapeutes ont eu le pouvoir de décider ce qu'était l'homosexualité parce qu'on les avait chargés d'en montrer les perversions les plus intimes et d'en déceler les causes les plus morbides, aujourd'hui ils sont pour ainsi dire muets. La réflexion théorique et clinique est médiocre, la recherche est aride et le dialogue public, absent. Alors, par paresse, par accoutumance à des préjugés faciles, par capitulation ou par incapacité, ils ont tous recours aux termes les plus banals, les plus trendy, les plus efficaces (pour démontrer quoi ?) comme gay, coming out, outing, gay pride... L'importation de ces échantillons terminologiques est le signe d'une subordination à des comportements sans lien avec la réalité, à des lieux communs médiatiques, à de nouvelles mythologies et à des représentations stéréotypées.

Que signifie cette absence de langage autonome, ce manque de mots appropriés ? On pourrait répondre que la réalité s'est produite avant que l'on ne trouve les mots pour la nommer et que la langue n'a pas encore intégré cette émancipation soudaine par rapport aux anciens préjugés, si rassurants et commodes. De sorte que le vide de mots pour désigner la nouvelle réalité sociale est surtout l'expression d'une incapacité à lui faire face, et plus, d'une incapacité à la comprendre. Il est le résultat de l'absence totale d'une réflexion sérieuse sur la condition amoureuse et sexuelle qui unit deux personnes de même sexe dans un lien dont les formes peuvent être aussi nombreuses que celles des liens hétérosexuels. Un tel désert de pensée affaiblit ultérieurement l'autoréflexion des personnes gays et lesbiennes car on les prive une fois de plus d'une prise de conscience et d'une confiance en elles, avec pour résultat de les asservir aux stratégies, aux visions et aux attentes des autres.

Mais est-il vrai que les psychothérapeutes se sont retranchés dans une méditation silencieuse alors même que leurs anciens patients-déviants semblent occuper le devant de la scène ? On ne peut que mettre en doute l'hypothèse de la réconciliation après une si longue histoire de «relations thérapeutiques» qualifiée à juste titre de véritable persécution. Et l'on a des raisons de croire que si les thérapeutes ont officiellement abandonné les anciennes théories, certains en tout cas continuent de cultiver une vision secrète et officieuse à «usage interne» qui influence voire même guide leur action thérapeutique. Selon cette dernière approche, seule l'hétérosexualité serait réglementaire, saine, naturelle et elle seule serait garante d'un développement normal et de la santé mentale. L'homosexualité ne serait qu'un «fait sexuel», incapable d'engendrer une signification globale de soi ; elle proviendrait de troubles précoces graves du développement qui donneraient lieu à des conflits et à tous les défauts «typiques» de la personnalité des homosexuels. Il existerait en somme une personnalité névrotique typiquement homosexuelle, avec ses carences, ses défauts et ses traits psychopathologiques qui, bien que flous, seraient indéniables. La psychopathologie de ces patients aurait toujours un lien étiologique avec l'homosexualité, la cause de tous les maux psychiques ; les personnes gays et lesbiennes seraient condamnées à être des désadaptés de la société et des malheureux que l'on peut et que l'on doit essayer de guérir de leur déviance. Ces principes n'ont jamais fait l'objet d'un vrai débat dans les assemblées publiques, ils n'ont jamais été remis en question avec le patient et pourtant certains psychothérapeutes s'y réfèrent plus ou moins fidèlement. Or de tels principes altèrent et entravent (parfois inconsciemment) le travail psychothérapeutique et empêchent le traitement véritable de la souffrance et l'émancipation par rapport au stigmate.

Présentation de l'éditeur :

Aujourd'hui, en Europe, de plus en plus de personnes, gays ou lesbiennes, vivent leur homosexualité au grand jour. Pourtant, face à cette évolution, les psychologues, les psychiatres ou les psychothérapeutes tendent à garder le silence. La réflexion théorique et clinique ainsi que la recherche sur ces nouvelles réalités sont encore très pauvres. Le dialogue scientifique est lui pratiquement inexistant.

Désireux de combler ce vide d'idées et l'absence de pensées clinique, scientifique et théorique, L'homosexualité dans les psychothérapies propose une réflexion, basée sur une connaissance approfondie des approches théoriques psychothérapeutiques ainsi que sur une longue expérience pratique en milieu soignant.

Ses auteurs, professionnels reconnus du secteur, se basent sur différentes approches psychothérapeutiques des problématiques liées à l'homosexualité - de la psychanalyse au cognitivisme en passant par la thérapie systémique-relationnelle. Ils tentent ainsi de définir des systèmes interprétatifs capables de stimuler une nouvelle réflexion sur la relation thérapeutique. Les problématiques spécifiques et concrètes, comme la décodification de la demande de «guérir» de l'homosexualité, les intéressent tout particulièrement mais ils examinent également les questions que soulèvent les nouvelles conditions sociales des couples et des familles gays et lesbiennes.

Des points de vue variés et tout en nuance qui éclairent un sujet encore trop exploré.

Paolo Rigliano est psychiatre et psychothérapeute. Il dirige un service de psychiatrie à l'Hôpital San Carlo de Milan. En sa qualité de médecin et de formateur, il s'occupe du traitement des toxicomanies.

Margherita Graglia est psychologue et psychothérapeute. Elle est formatrice auprès du CIS (Centre italien de sexologie) et de la FISS (Fédération italienne de sexologie scientifique) et collabore avec l'Université de Bologne. À côté de son activité clinique, elle conçoit et dirige des cours de formation pour psychothérapeutes, médecins, enseignants et éducateurs sur les thèmes de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre.

Silvia Guzzi est traductrice de formation, spécialisée en sciences humaines et en relations internationales. Elle traduit à partir de l'italien, de l'anglais et de l'espagnol. Dans le domaine des psychothérapies, elle a notamment traduit L'Océan Borderline de Luigi Cancrini.

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Margherita Graglia; Paolo Rigliano
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