Les 100 tableaux qui ont fait l'impressionnisme

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9782812310652: Les 100 tableaux qui ont fait l'impressionnisme

S'il est aujourd'hui universellement admiré, l'impressionnisme a pourtant d'abord été synonyme de scandale. Pour mieux comprendre son histoire et vivre l'impressionnisme en temps réel, Pascal Bonafoux s'appuie sur les témoignages et réactions de la presse de l'époque (détracteurs ou défenseurs), des écrivains tels Zola, Huysmans ou Gautier, et sur les souvenirs des peintres eux-mêmes. On revit avec eux l'émerveillement, le doute, la révolte et la fascination qu'a provoqués cette nouvelle façon de peindre. Devenus maîtres de l'art du paysage parce qu'ils ont quitté leurs ateliers pour peindre en plein air, ces artistes ont aussi investi le terrain de la ville en spectateurs de la vie moderne. Ils ont su capter l'instant, restituer des sensations. Corot et Boudin ouvrent la voie, puis ce sont Manet, Monet, Renoir, Degas, Caillebotte, Seurat, etc. qui nous éblouissent et le livre se referme avec, pour point d'orgue, l'époustouflante série des Nymphéas.

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Extrait :

Avertissement

Peut-être vous posez-vous cette question simple, très simple : Qu'est-ce que l'impressionnisme ? Méfiez-vous. Je ne suis pas certain (formule prudente) que ma réponse puisse être aussi simple que votre question... Ne serait-ce que pour une raison. En 1877, pendant le temps de la préparation d'une nouvelle exposition qui ne réunit plus que dix-huit peintres, de Degas à Monet, de Caillebotte à Sisley, de Guillaumin à Morisot, de Cézanne à Rouart, on s'inquiète de la manière dont elle doit être présentée. Les débats sont intenses. Renoir propose la solution. Ce qu'il raconte à son marchand Ambroise Vollard : «ce fut moi qui insistai pour qu'on gardât ce nom d'Impressionnistes qui avait fait fortune. C'était dire aux passants, - et personne ne s'y trompa : - "Vous trouverez ici le genre de peinture que vous n'aimez pas. Si vous venez, ce sera tant pis pour vous, on ne vous remboursera pas vos dix sous d'entrée !"» On savait à quoi s'en tenir. Comment ne pas se demander, maintenant que ce même «genre de peinture» est aimé plus qu'aucun autre, si l'impressionnisme n'a pas été, et n'est pas, un malentendu ? Cette question doit vous sembler très étrange. Quelques précisions devraient vous convaincre qu'elle n'est pas aussi inconséquente qu'elle en a l'air...

Le 27 décembre 1873, une Société anonyme coopérative à capital variable des artistes peintres, sculpteurs, graveurs, etc., qui doit présenter des expositions indépendantes, sans jury, vendre les oeuvres exposées et publier un journal artistique, est créée à Paris. Les fondateurs de cette société sont des peintres qui sont las d'avoir été encore et encore refusés au Salon, qui est alors le seul moyen de se faire connaître des amateurs et donc de pouvoir vivre de sa peinture. Mais pour être admis à ce Salon, il faut se soumettre aux critères qu'imposent ceux qui se veulent les héritiers de David. Il faut donc maîtriser un dessin que l'on aura exercé grâce à des modèles nus et à des moulages d'antiques, il faut soumettre la couleur à ce dessin et il faut encore être en mesure de composer des tableaux qui ont pour sujet l'Ancien et le Nouveau Testament ou l'Antiquité grecque et l'histoire de Rome. Sinon, comment obtenir ce Premier Grand Prix de Rome qui conduit à la villa Médicis et, au-delà, aux commandes officielles et aux honneurs ? En 1856, les élèves de l'École des beaux-arts qui sont montés en loge ont eu à peindre Le Retour du jeune Tobie, en 1857 La Résurrection de Lazare, en 1859 Coriolan chez Tullus, roi des Volsques, en 1860 Sophocle accusé par ses fils, en 1861 La Mort de Priam... Or les peintres qui fondent cette Société anonyme coopérative à capital variable ont l'impudence de représenter le monde qui les entoure. Certains d'entre eux ont même l'audace de prétendre qu'il est nécessaire de peindre en plein air, seul moyen de rendre compte d'une lumière qui n'est pas celle affadie par l'atelier, et donc de la variété de la couleur. Inadmissible.

Dès le mois de mai de cette même année 1873, dans un article publié par L'Avenir national, Paul Alexis a évoqué l'hypothèse d'une telle création. Ce qui lui a valu une lettre de Monet : «Un groupe de peintres réunis chez moi a lu avec plaisir l'article publié par vous dans l'Avenir National. Nous sommes tous heureux de vous voir défendre des idées qui sont les nôtres et nous espérons ainsi que vous le dites que l'Avenir National voudra bien nous prêter son appui quand la Société que nous sommes en train de former sera entièrement fondée.» Mais même parmi les peintres qui se sont réunis à Argenteuil chez Monet, tous ne sont pas convaincus que la création de cette société puisse être la meilleure solution. Très probablement, au cours de ces conversations qui se poursuivent et reprennent dans le café de la Nouvelle Athènes, place Pigalle, ou encore chez lui, rue Saint-Georges, Renoir doit lire une lettre que le critique Théodore Duret lui a envoyée le 15 février : «Il vous reste un pas à franchir, c'est d'arriver à être connu du public et à être accepté par tous les marchands et amateurs. Pour cela il n'y a que les ventes à l'hôtel Drouot et la grande Exposition du Palais de l'Industrie. Vous avez maintenant un groupe d'amateurs et de collectionneurs qui vous sont acquis et vous soutiennent. Votre nom est connu des artistes, des critiques, du public. Mais il faut faire un pas de plus et arriver à la grande notoriété. Vous n'y arriverez point par des expositions de sociétés particulières. Le public ne va pas à ces expositions, il n'y a que le même noyau d'artistes et d'amateurs qui vous connaît d'avance.» Malgré cet avertissement, les dés sont jetés. L'exposition aura lieu. Par prudence, il est hors de question qu'elle puisse passer pour trop «particulière», adjectif employé par Duret. On s'assure donc du concours d'artistes qui n'ont rien de commun avec ceux qui ont été régulièrement refusés au Salon. Rallier des artistes comme Zacharie Astruc, qui a prouvé ses qualités de critique et qui est l'auteur des (mauvais) vers qui ont accompagné l'apparition de l'Olympia de Manet, comme Brandon, comme Louis Debras ou Émilien Mulot-Durivage ou Léon-Paul Robert, ou encore Alfred Meyer qui a, lui, été médaillé au Salon en 1866, et d'autres encore, c'est montrer à tous, à la presse comme aux amateurs, que l'on ne propose pas une nouvelle édition du Salon des refusés qui eut lieu en 1863.

(...)

Biographie de l'auteur :

Pascal Bonafoux, romancier, historien de l’art, commissaire d’expositions, a été pensionnaire de la Villa Médicis, en 1980 et 1981. Professeur, il enseigne l’histoire de l’art à l’université Paris VIII et est Secrétaire général de la Cité internationale des Arts. Il est l’auteur de nombreux essais sur l’art, en particulier sur le thème de l’autoportrait dont Moi Je, par soi-même (Diane de Selliers, 2004). Il a publié plus récemment Correspondances impressionnistes (Diane de Selliers, 2008) ainsi que Monet, 1840-1926 (Perrin, 2007) et Renoir, 1841-1919 (Perrin, 2009). Aux Éditions du Chêne, il est l’auteur des ouvrages Les Coulisses du Louvre (2008) et Les Coulisses de Versailles (2009).

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