Kivousavé

 
9782841569151: Kivousavé
Extrait :

Elle a cru me faire de la peine. Elle a plissé les yeux, glissé sa langue entre ses dents avant de me le dire, ma pauvre fille, ne prends pas tes airs d'orpheline, avec moi ça ne marche pas ; ta mère, elle n'est pas morte, comme tu le crois. Elle est partie quand tu avais deux ans. Tu te demandes pourquoi ? C'est son cul qui la démangeait. Une pute, ta mère. C'était une pute. Voilà la vérité.
Elle voulait me faire de la peine. Sa voix sifflait, ses yeux cognaient, quand elle a vu que je pleurais, elle a cru qu'elle avait gagné. Mais moi, j'étais heureuse. Je suis heureuse, puisque tu es vivante. Je peux t'écrire, entre nous, en secret.
La Vieille ne m'a jamais aimée. Normal, elle n'aime personne. Sauf papa, et le chien. Mais je crois qu'elle préfère le chien.
Elle est sèche, elle est raide, elle a comme des crochets au bout des bras, pourtant c'est des doigts comme tout le monde, mais quand elle te touche, on dirait qu'elle va te griffer. Heureusement, elle ne me touche presque jamais. Sauf le mercredi, quand elle a ses copines à la maison. Là, elle joue la mamie modèle. Viens embrasser ta vieille grand-mère, ma chérie, avec sa voix de quand elle parle au chien. Évidemment, il y a toujours une autre vieille pour dire mais non, vous n'êtes pas vieille, qu'est-ce que je devrais dire. Elle passe sa langue entre ses dents, elle me regarde, elle tend ses griffes, ça veut dire qu'il faut l'embrasser. Sa joue sonne creux, comme une limace avec des poils qui piquent, une limace qui sentirait la naphtaline. Je n'aime pas ça mais je me force : après, souvent, elle me laisse aller chez Catherine ; devant les autres, elle n'ose pas m'interdire. Et puis comme ça, elles sont tranquilles, je ne suis plus là pour les entendre.
Entre elles, elles t'appellent qui-vous-savez. Au début, je croyais que c'était un nom, j'écrivais ça Kivousavé, j'ai même demandé à papa s'il savait qui c'était. Mais un jour, la Vieille m'avait punie, empêchée d'aller chez Catherine, j'entendais tout derrière la porte, elle a baissé la voix, décidément, cette petite tient beaucoup de Kivousavé, une autre a répondu, il n'y a pas de miracle, les chiens ne font pas de chats. C'est là que j'ai compris. Je ne sais pas si je te ressemble, même un peu, mais ça me plaît, le soir j'y pense avant de m'endormir, je ressemble à Kivousavé, je suis comme elle, la Vieille ne m'aura pas comme elle a eu papa.
Papa, pourtant, je l'aime bien. Il pique aussi quand on l'embrasse, mais il sent bon, ses mains sont douces, sa voix est chaude. Sauf quand la Vieille est là.
Le mieux c'est le dimanche après-midi, quand elle dit qu'elle veut faire son ménage tranquillement, sans qu'on lui traîne dans les pattes. On part se promener avec le chien, quand il fait beau on va au parc, on se tient par la main. Papa est différent quand la Vieille n'est pas là. Il est plus grand, il se tient droit, et puis il parle, il raconte des histoires qu'il invente en même temps, juste pour moi, avec des fées, des lutins, des sorcières, moi je suis une princesse, ou alors une mendiante, mais jeune, et qui rencontre un prince.
D'autres fois on s'amuse, même à des jeux très bêtes, par exemple on jette des petits cailloux aux cygnes, ils viennent tous pour manger, ils croient que c'est du pain. Je sais, ce n'est pas très malin, mais nous on rigole bien, moi c'est le rire de papa qui me fait rire. Devant la Vieille il ne rit pas.

Présentation de l'éditeur :

«Qui-vous-savez», sa grand-mère en parle à voix basse quand elle prend le thé avec ses copines. Au début, elle croit que ça s'écrit Kivousavé, que c'est le nom d'une princesse japonaise. Mais un jour, cachée derrière la porte, elle surprend une conversation : «Décidément, cette petite tient beaucoup de Kivousavé», dit l'une. «Il n'y a pas de miracle, les chiens ne font pas de chats», répond l'autre. Alors elle comprend. Kivousavé, celle dont on ne parle qu'à voix basse, c'est sa mère. Une mère qu'elle croyait morte. Une mère qui est vivante. Qui l'a abandonnée quand elle avait deux ans. Comment la retrouver ? Pourquoi lui a-t-on menti ? Quels secrets lui a-t-on cachés ? Est-ce vrai qu'elle lui ressemble ?
Kivousavé est le roman d'une révolte, la lutte d'une adolescente pour la vérité et la liberté.

Béatrice Hammer vit à Paris avec ses filles, son mari et son chat. Elle a publié une dizaine de romans et adore les secrets de famille.

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Béatrice Hammer
ISBN 10 : 2841569152 ISBN 13 : 9782841569151
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