Histoire du gouvernail: Son origine et son évolution

 
9782842655198: Histoire du gouvernail: Son origine et son évolution

Editeur : La découvrance Date de parution : 1996 Description : In-8, 120 pages, souple, occasion, bon état Envois quotidiens du mardi au samedi. Les commandes sont adressées sous enveloppes bulles de marque Mail Lite. Photos supplémentaires sur simple demande. Réponses aux questions dans les 12h00. Merci

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Extrait :

L'histoire du gouvernail commence avec l'Antiquité. Déjà, Aristote en avait parlé. Au Moyen Age, les Rôles d'Oleron, le plus ancien recueil français qui nous reste des coutumes et des lois maritimes, fait du gouvernail un objet sacré. C'est le reste d'une tradition païenne, du temps où l'extrême arrière abritait, avec les barres de gouvernail, les dieux lares du bâtiment et leurs autels. C'est aussi l'héritage, probablement, d'une tradition beaucoup plus lointaine qui faisait de la conduite des navires, comme de toutes les techniques sortant un peu de l'ordinaire, l'objet de connaissances surnaturelles, privilège des seuls initiés.

Aux époques plus récentes, nombreux sont les écrivains qui consacrent quelques lignes ou un paragraphe au gouvernail. Cela se rencontre surtout dans les récits et notes de voyage des gens venus de l'intérieur des terres et découvrant la mer et les bateaux. Souvent, l'auteur dit son émerveillement devant le fait qu'un organe aussi petit fasse obéir la masse énorme de la coque. C'est là une réflexion qui trahit le manque de réflexion. Personne n'aurait cette idée devant un phénomène analogue de la vie terrienne. Mais il y a si longtemps que l'on considère la technique maritime comme quelque chose de tout à fait à part : on y voit du sortilège dans ce qui n'offrirait, ailleurs, qu'une application du bon sens ! Chacun sait qu'il suffit de peu de chose pour rompre l'équilibre de blocs considérables. La ménagère sait très bien que, sur son kilo de sucre, un morceau de plus ou de moins, c'est-à-dire moins de 1 % du total, fait pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Or le navire, reposant sur un liquide, est au moins aussi libre de ses mouvements dans le sens horizontal que ne l'est, dans le sens vertical, le fléau sur son couteau. Son équilibre, en l'espèce, est même si précaire que la moindre asymétrie des résistances, de la brise ou du clapotis, suffit à le faire dévier. Le bâtiment le plus parfait, abandonné à lui-même, serait bien incapable de continuer sa route en droite ligne : à la mer il embarderait continuellement, il courrait au hasard ou tournerait en rond si l'on ne procédait, à chaque instant, à de petits redressements. Et ceci fait songer que la définition normale du gouvernail n'est vraie qu'accidentellement. Si l'on vous demandait à brûle-pourpoint : «Qu'est-ce que c'est que le gouvernail ?» Beaucoup d'entre vous répondraient, tout naturellement :

«C'est l'engin qui sert à faire tourner le bateau !».

Voyons la réalité. Par exemple, un grand paquebot rapide qui va du Havre à New-York en une centaine d'heures.

De quai à quai, les durées additionnées des girations ne doivent pas totaliser une heure. Pendant le reste de la traversée, la route est rectiligne ; c'est pour la suivre que s'agite le gouvernail ; si bien que la définition de cet outil, pour 99 % de son temps d'action, serait plus exactement : «ce qui sert à empêcher le bateau de tourner». Simple cas particulier d'une tendance générale : lorsqu'on évoque la carrière d'un objet, d'une idée, d'un homme, ce n'est pas la normale que l'on retient comme caractéristique, mais bien l'accident exceptionnel et spectaculaire.
Ceci dit pour donner, après tant d'autres, un exemple des élucubrations qu'on peut produire à propos du gouvernail, et non pour recommander d'en changer la définition. Passons, pour celle-ci, à quelque chose d'un peu plus précis.
Nul n'ignore en quoi consiste essentiellement cet appareil. C'est un plan mince vertical, articulé à l'arrière du bâtiment. La partie agissante (Fig. 1) s'appelle le safran ; la tige qui la continue vers le haut est la mèche ; elle porte une barre au moyen de laquelle on incline le tout du côté vers lequel on veut aller, soit à la main, soit à l'aide de mécanismes plus ou moins compliqués.
Tous les gouvernails en usage courant répondent à cette description très sommaire. Mais ceux qui ont pu en examiner soit directement, soit sur des plans ou autres images, ont constaté qu'il existe de très nombreuses variétés de forme et d'agencement. Elles participent chacune plus ou moins de l'une des deux espèces que l'on peut considérer comme typiques.

Présentation de l'éditeur :

Après de minutieuses recherches historiques, le commandant Guilleux La Roërie complète avec ce texte le travail du commandant Sauvé, publié en 1905.
L'histoire du gouvernail y est retracée depuis l'Antiquité. Le texte est illustré de croquis et complété par une bibliographie.

«...Le bâtiment le plus parfait, abandonné à lui-même, serait bien incapable de continuer sa route en droite ligne : à la mer il embarderait continuellement, il courrait au hasard ou tournerait en rond si l'on ne procédait, à chaque instant, à de petits redressements... Qu'est ce que c'est que le gouvernail ? Beaucoup d'entre vous répondraient, tout naturellement : C'est l'engin qui sert à faire tourner le bateau !...»

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