Former les hommes et les citoyens : Les réformateurs sociaux et l'éducation, 1830-1880

 
9782846211376: Former les hommes et les citoyens : Les réformateurs sociaux et l'éducation, 1830-1880
Extrait :

En guise d'introduction

L'idée de préparer ce recueil de documents commentés est née au départ d'un double constat. Tout d'abord l'incroyable importance accordée à la question de l'éducation par l'ensemble des réformateurs sociaux, indépendamment de leurs choix idéologiques, durant l'ensemble de la période 1830-1880. Ensuite le fait que, dans les études historiques comme dans les manuels universitaires et scolaires, leurs propositions concernant ce domaine font généralement l'objet d'une attention réduite comparée à celle qui est accordée à leurs idées économiques ou politiques.
Il suffit de feuilleter la presse républicaine, démocratique ou socialiste (au sens large du terme), les brochures, les ouvrages de doctrine pour constater l'omniprésence de la question de l'éducation dans les esprits durant la période qui nous intéresse. Dans une mouvance caractérisée par le foisonnement des écoles et des doctrines, chacun entend défendre son orientation dans ce domaine.
A bien y réfléchir, il n'y a rien là qui puisse étonner. Globalement, les années 1830-1880 apparaissent comme un long moment de transition. L'ébranlement révolutionnaire, suivi de l'épisode napoléonien, a mis à bas les fondements de l'Ancien Régime qu'une Restauration obtuse s'efforça en vain de rétablir. Dès lors se posait la question des bases nouvelles sur lesquelles pourrait s'édifier la société de l'avenir. Il fallait lui donner une forme politique stable, ce qui fut finalement fait avec l'établissement définitif de la République en 1877.
Entre-temps se succédèrent diverses périodes de tâtonnement et d'expérimentation (Monarchie de Juillet, Deuxième République, Second Empire), qui, toutes, échouèrent à consolider les bases politiques et institutionnelles d'une société nouvelle en dépit d'avancées diverses non négligeables dans pratiquement tous les domaines, au plan économique aussi bien que social ou intellectuel.
Dans cette quête d'une société nouvelle, la question de l'éducation a indéniablement occupé une position centrale, notamment parce que comme l'a parfaitement montré Nathalie Brémand (voir bibliographie), le premier XIXe siècle, dans le sillage des Lumières, fut une période charnière dans l'évolution des attitudes à l'égard de l'enfant, lequel devint du même coup une figure centrale de la modernité.
Si la plupart des réformateurs sociaux y attachèrent une importance extrême, c'est donc parce qu'ils étaient convaincus que l'éducation émanciperait l'homme en en faisant un citoyen digne de ce nom, permettant ainsi une rupture radicale avec le passé et une véritable transformation des rapports sociaux. En fait, presque tous, même ceux qui ne partageaient pas ses vues politiques extrémistes, auraient sans doute souscrit à ce point de vue d'Auguste Blanqui :

«Point de révolution durable sans lumières ! Point d'émancipation sans l'intelligence pour base ! La liberté, c'est l'instruction ! L'égalité, c'est l'instruction ! La fraternité, c'est l'instruction ! Des instituteurs, des livres, la lettre moulée, voilà les vrais agents révolutionnaires ! Les prédications frappent dans le vide quand elles s'adressent à des foules ignorantes. Les flots de ces multitudes aveugles se soulèvent à tous les vents. Un revers les pousse contre l'impulsion de la veille. Malheur aux guides de cette masse mouvante qui broie les hommes en poussière sous chacune de ses oscillations ! Les avalanches sont moins imprévues et moins foudroyantes.»(Le Moniteur, 2 février 1850).
(...)

Présentation de l'éditeur :

Pour tous les réformateurs sociaux du XIXe siècle, changer la société implique de changer radicalement l'école. Aussi débattent-ils passionnément des problèmes de l'éducation et de la formation du citoyen. L'ouvrage rassemble un grand nombre de textes publiés entre 1830 et 1881, qui sont replacés dans leur contexte et commentés. Certains sont dus aux grandes figures de l'époque, d'autres sont peu connus, voire inconnus, extraits de brochures populaires, d'almanachs, ou encore de tracts. Parmi les noms célèbres : Louis Blanc, Cabet, Fourier, Gambetta, Godin, Victor Hugo, Gustave Lefrançais, Lissagaray, Benoît Malon, Proudhon, Raspail, Renouvier, Saint-Simon, Flora Tristan, Varlin, Paul Bert...
Pour cette frange de la société allant de la gauche républicaine à l'extrême gauche radicale, la question scolaire trouvera son aboutissement provisoire avec les lois établissant l'école laïque, gratuite et obligatoire, que Jules Ferry fera voter entre 1879 et 1882. Mais beaucoup des problèmes soulevés à l'époque restent néanmoins d'une actualité saisissante.

Alain Bataille, enseignant retraité, président du Musée du livre scolaire à Auxerre, et Michel Cordillot, professeur à l'université Paris 8, spécialistes du mouvement ouvrier au XIXe siècle, fondateur des Cahiers Charles Fourier.

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1.

Alain Bataille; Michel Cordillot
Edité par Les Editions de Paris-Max Chaleil (2010)
ISBN 10 : 284621137X ISBN 13 : 9782846211376
Neuf(s) Quantité : 3
Vendeur
Gallix
(Gif sur Yvette, France)
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Description du livre Les Editions de Paris-Max Chaleil, 2010. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782846211376

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