Un rital aux carrières de Voutré : Mystère en Kabylie...

 
9782847121377: Un rital aux carrières de Voutré : Mystère en Kabylie...
Extrait :

Le train de 18 h 50, en provenance de Paris, s'arrêta en gare de Voutré dans un crissement de freins prolongé. Un long panache de vapeur blanche sortit en chuintant de la cheminée, puis enveloppa entièrement la locomotive, avant de se déliter au-dessus du bâtiment bas occupé par la gare.
Le soleil était encore haut dans un ciel sans nuages. Dans les champs situés de l'autre côté de la voie, les foins entassés en meules apportaient jusqu'à la gare l'odeur caractéristique de l'herbe fraîchement coupée.
Sur le quai, stationnaient quelques personnes venues attendre l'arrivée d'un parent. Elles habitaient vraisem­blablement la localité même ou ses environs immédiats puisqu'elles avaient gardé leurs habits de travail.
Cinq ou six voyageurs descendirent, de lourdes valises à la main. Deux ou trois autres montèrent péniblement, tout aussi chargés. Les transferts se firent sans bousculade, ni précipitation. Des embrassades discrètes, quelques cris de joie, des éclats de rire, l'appel d'une maman en direction de ses enfants, des débuts de discussion vite avortés. Le petit rassemblement traversa la salle d'attente, descendit la place mal empierrée, avant de remonter la rue à pied en direction du bourg.

«En voiture les voyageurs ! Fermez les portières, s'il vous plaît !» aboya le chef de gare, un petit bonhomme rondouillard, engoncé dans un uniforme un peu râpé, devenu, avec les ans, trop étroit pour lui. Il s'essuya brièvement le visage avec un mouchoir à carreaux sorti de sa poche, agita plusieurs fois son drapeau. Un coup de sifflet strident fendit l'air surchauffé. Aux fenêtres des wagons, quelques voyageurs avaient baissé les vitres et regardaient en attendant le départ. La locomotive s'ébranla dans un nouveau rideau de vapeur blanche, prit de la vitesse, arriva à la première courbe. L'arrière du dernier wagon disparut en direction d'Évron.

Il ne demeura bientôt plus sur le quai que le chef de gare et un homme resté planté debout à proximité des poteaux indiquant le nom de la gare, deux valises à ses pieds. Une grande silhouette bien charpentée, enveloppée dans un long imperméable beige. Son visage bronzé était souligné par une barbe grisâtre soigneusement entretenue. Il tourna lentement sur lui-même comme s'il voulait embrasser l'ensemble du paysage. Les collines arrondies des Coëvrons se détachaient sur l'horizon, dessinant une longue ligne verte qui déclinait en direction de la petite ville d'Evron. Sur la droite, s'ouvrait une large cicatrice de roches jaunâtres mises à nu : les carrières de porphyre de la Kabylie, grosses dévoreuses d'une main-d'oeuvre bon marché.
Le chef de gare se dirigea un moment vers lui, mais il se ravisa, fit un geste de la main en signe d'impuissance, puis rentra dans son bureau, sans mot dire.

Présentation de l'éditeur :

Jacques Cousin est né à Ernée (Mayenne) en 1939. Fils d'ouvriers en chaussures, il est devenu instituteur en 1961 et a exercé essentiellement dans des écoles rurales. Il a commencé à écrire en 1984 et a, depuis publié une dizaine d'ouvrages traitant de l'histoire locale, ainsi que quatre romans.

Voutré, 1965. 18h50. Le train en provenance de Paris entre en gare. Parmi les quelques voyageurs qui descendent, un homme, flanqué d'un long imperméable beige, s'attarde sur le quai. Il n'a pour seuls bagages que deux valises.
L'inconnu, peu loquace, fait pourtant rapidement parler de lui. D'abord à l'hôtel du village, où il prend une chambre, puis à la carrière où il est embauché comme conducteur d'engin dès le lendemain.

Il faut dire que le mystère plane autour de lui. Pourquoi est-il venu se perdre dans ce coin isolé ? Que vient-il chercher ici ? Pourquoi a-t-il un pistolet sur lui ? Et comment se fait-il qu'il soit étroitement mêlé à plusieurs événements dramatiques qui viennent, curieusement, bouleverser la vie paisible des habitants de Voutré ?

C'est dans le cadre grandiose des carrières de Kabylie - un site industriel dont l'histoire est si longue, si riche, qu'elle ne trouve aucun équivalent dans le département rural de la Mayenne - que se déroule cette action aux rebondissements multiples. L'occasion pour Jacques Cousin - et pour nous, lecteurs - de saluer le travail dur et périlleux des carriers, mais aussi de nous immiscer, pour quelques pages, dans leur vie de tous les jours, où solidarité et fraternité sont les maîtres mots.

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1.

Jacques Cousin
Edité par Petit Pave (2007)
ISBN 10 : 2847121374 ISBN 13 : 9782847121377
Neuf(s) Quantité : 3
Vendeur
Gallix
(Gif sur Yvette, France)
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Description du livre Petit Pave, 2007. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782847121377

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