CLARENCE DANY LES ANCIENS DES BARAQUES

ISBN 13 : 9782848332901

LES ANCIENS DES BARAQUES

 
9782848332901: LES ANCIENS DES BARAQUES
Extrait :

Quand mes parents ont quitté la France pour l'Australie à la fin des années 60, emmenant la toute petite fille que j'étais, ils n'auraient jamais envisagé qu'ils commenceraient par habiter en baraque. Ces structures provisoires furent pour beaucoup d'immigrants rêvant d'une nouvelle vie leur première expérience de la Terra Australis. L'Australie était un pays jeune, régi par la politique du «peupler ou périr». Travailleurs et familles, préparés à relever ce défi, sont arrivés par bateau des quatre coins du monde. Les immigrants, assistés par le gouvernement australien, signaient des contrats de deux ans en échange du voyage depuis leur pays d'origine. Avec une population grandissante et, de ce fait, une main-d'oeuvre largement accrue, l'Australie espérait relancer son économie et assurer son avenir.

Notre paquebot, le Galileo-Galilei, est arrivé à Melbourne le 19 septembre 1969. Nous avons alors été conduits au camp d'immigration de Bonegilla, sur la frontière entre les États de Victoria et de la Nouvelle-Galles du Sud, dans le plus grand et le plus ancien camp d'immigration de l'Australie. Entre 1947 et 1971, plus de 300000 personnes, la plupart venant d'Europe, y ont commencé leur aventure australienne. Mes parents y ont appris l'anglais à l'aide des chansons de Frank Sinatra et pris des cours sur la «vie à l'australienne», le temps qu'ils décident de leur futur.

Pour ma mère, ces baraques étaient très familières. Native de Saint-Renan à deux pas de Brest, elle a passé la majorité de sa jeunesse dans une baraque américaine, dans le quartier du Bouguen. Dans la même veine que les baraques australiennes, ces structures provisoires étaient destinées à héberger les gens de tous niveaux sociaux. Une baraque est essentiellement une construction militaire, une cabane standard rudimentaire, construite la plupart du temps en bois.

Brest a vu ces structures apparaître pendant la Première Guerre mondiale, quand les forces américaines établirent leur campement près du port de commerce et de Pontanézen. Dans ces baraques, elles ont préparé et entraîné les jeunes soldats avant de les envoyer dans les tranchées. Ces baraques ont également servi à l'hébergement de nombreux prisonniers de guerre.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la majorité de la population avait fui Brest à cause des bombardements incessants. La ville était victime de la position stratégique de son port et par conséquent de l'importance pour les Allemands d'en faire leur base navale. Anglais et Américains ont finalement réussi à libérer Brest de l'étau allemand en 1944, au prix de bombardements dévastateurs qui ont duré six semaines.

Après la libération, la population brestoise d'avant-guerre revint dans sa ville martyre pour la trouver en ruines. Sur les 16500 immeubles d'avant-guerre, 5000 étaient totalement détruits, 5000 détruits à cinquante pour cent, 1500 à vingt-cinq pour cent et 1800 à dix pour cent. Inhabitable, le centre-ville fut complètement rasé. Malgré un effort collectif considérable, le nettoyage et la reconstruction de Brest représentaient une tâche longue, rendue difficile par l'affaissement des fondations et les fréquentes explosions de mines. Le relogement de la population devenait une priorité.

C'est ainsi que peu de temps après, dans les années 1950, aux limites de la ville où ne s'étendaient que des champs, 3000 baraques furent érigées afin de loger 16000 personnes. Même les dégâts et le traumatisme engendrés par l'explosion accidentelle du bateau l'Ocean Liberty ne purent ralentir la reconstruction.

Les baraques étaient d'origines française et américaine. Leurs habitants, issus de tous les niveaux de la société, se retrouvaient dans une concentration sans précédent, mais tous avaient le même objectif : se reconstruire une nouvelle vie. Riches, pauvres, patrons et ouvriers de tous âges vivaient, travaillaient et se distrayaient côte à côte. Les prêtres et les religieuses demeuraient et prêchaient dans les baraques, éprouvant les mêmes expériences rudes que leurs voisins. Cette diversité a créé, au moins au début, un sentiment unique d'égalité, une motivation partagée et une convivialité qui ont inspiré une nouvelle philosophie d'entraide. Il y avait certes des situations de pauvreté, mais il n'y avait pas de misère, du moins au départ.

En fait le loyer était très bas, voire inexistant. Les baraques elles-mêmes n'avaient pas besoin de beaucoup d'entretien et les petits morceaux de terrains qui les entouraient étaient à la disponibilité des locataires. Beaucoup créèrent des jardins et des potagers, d'autres élevèrent des poules ou des lapins... Chacun faisait comme il le voulait. Confrontés aux challenges d'après-guerre, c'est surtout leur humanisme, leur capacité à affronter l'adversité et leur solidarité qui caractérisèrent les habitants des baraques de cette époque.

Présentation de l'éditeur :

Brest compte parmi les villes de France les plus bombardées pendant la Deuxième Guerre mondiale, presque entièrement détruite, il lui a fallu mettre en place des solutions d'hébergement destinées à la population. C'est ainsi qu'une ville à l'origine provisoire, constituée de bâtiments préfabriqués, a perduré pendant près de trente ans, jusqu'à ce que l'ensemble des habitants soient relogés. Appelées familièrement les baraques, ces habitations, au-delà de leur nécessité, ont suscité un attachement durable chez les Brestois, qui pour certains y ont vécu durant une génération. C'est le souvenir toujours vivace de cette vie «en baraques» que partagent les quatre personnages de la pièce de Clarence Sophie Dany tandis que la deuxième partie de ce livre, abondamment illustrée de documents photographiques provenant de collections particulières et des archives de Brest, évoque cet épisode singulier de l'histoire de la ville.

Née en France, Clarence Sophie Dany a émigré avec ses parents en Australie à l'âge de deux ans. Comédienne et metteur en scène, elle a enseigné au National Institute of Dramatic Art de Sydney. Revenue dans son pays natal en 2008 elle a créé la compagnie Théâtre d'Ici et Là en 2012. Les Anciens des baraques est sa première production.

Christine Berthou-Ballot, responsable du service patrimoines et Hugues Courant responsable de la section archives historiques aux archives municipales et communautaires de Brest ont assuré la partie historique de l'ouvrage.

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CLARENCE DANY
Edité par LE TELEGRAMME (2013)
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