Paul Peyssonerie La fille des neiges

ISBN 13 : 9782848861401

La fille des neiges

 
9782848861401: La fille des neiges

La fille des neiges

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Extrait :

Ce matin-là, comme tous les matins, François s'était levé peu après six heures. A son entrée dans la vaste cuisine, Yourka, la chienne berger allemand âgée de trois ans, au pelage fauve et noir, avait quitté son quartier de nuit devant le cantou, cette grande cheminée qui trônait en bonne place dans la plupart des fermes, et accueilli son maître avec de grands coups de langue affectueux.
Après avoir gratté les cendres, sous lesquelles couvaient encore des braises, François avait remis du bois dans la cuisinière et rallumé le feu dans le cantou. Puis il avait préparé son café. Pendant que, lentement, la cafetière se remplissait, il avait mis le nez dehors. Yourka en avait profité pour aller faire ses besoins. Son maître avait jeté un rapide coup d'oeil sur le ciel encore ténébreux de cette fin décembre. Au firmament, quelques étoiles brillaient de leur éclat froid, tandis qu'un vent du nord glacial balayait la campagne gelée. Un regard sur le thermomètre le fit frissonner. Le mercure affichait moins quinze, comme depuis deux semaines. Tous les matins, au lever du jour, la terre avait revêtu un habit scintillant de lumière, frêle parure de givre argenté que les rafales rageuses arrachaient avec désinvolture. François rentra et se blottit devant la cuisinière qui, déjà, avait repris vigueur et dispensait une chaleur agréable. Un aboiement retentit. Il ouvrit la porte. Aussitôt, la chienne se jeta à l'intérieur en le bousculant. Il s'installa pour boire son café, pendant que Yourka, assise sur le sol, décortiquait avidement une tranche de pain en s'aidant de ses pattes.
Il se leva ensuite et, suivi de la chienne, sortit pour se diriger vers le fournil, qui était situé à droite de la maison. La veille, il avait garni le foyer de bois. Il alluma une torche et la présenta sous les brindilles sèches qui s'enflammèrent rapidement. Quelques minutes plus tard, le bois se mit à crépiter et les flammes dorées montèrent jusqu'à lécher la voûte. Satisfait, il referma la porte après un dernier regard. Aujourd'hui, comme toutes les deux semaines, il allait cuire le pain qu'il avait pétri et formé la veille. Dans trois heures, il enfournerait. Ses voisins de Cabre et de Clédy, de même que les Barède, d'Estal, porteraient également leur pain à cuire. Ils se partageaient l'approvisionne­ment en bois et rentabilisaient ainsi la cuisson. Juste avant midi, il n'aurait plus qu'à récupérer les belles tourtes dorées qui cra­queraient au contact de l'air frais et qui parfumeraient le fournil avant d'embaumer la cuisine où elles seraient rangées sur le râte­lier, en attendant de les consommer. Sa mère en profiterait pour cuire deux brioches et des biscuits.
Il se rendit à l'étable où les vaches commençaient à s'agiter, faisant tinter leurs chaînes, tandis qu'à côté, les moutons lais­saient échapper des bêlements d'impatience. Il lâcha les deux veaux qui, en trois ruades, furent sous les mères, saisissant glou­tonnement les tétines. François passa dans la grange. Il remplit les mangeoires de foin, puis en fit de même du côté des brebis. Les veaux, enfin rassasiés, mais toujours aussi remuants, regagnèrent leurs box. L'agriculteur se mit à curer les étables, avant de répandre une nouvelle litière. Il s'installa ensuite sur le petit tabouret à trois pieds et procéda à la traite des vaches.
Il était presque huit heures quand il eut terminé. Il empoigna le bidon de lait en aluminium et regagna la maison, après avoir fait un rapide détour par le fournil, où la flambée crépitait de plus belle.
Avant de rentrer, il observa le ciel. Dans la grisaille du matin naissant, l'ouest commençait à se charger de gros nuages noirs, pendant que l'est rosissait sous la caresse d'un soleil qui n'était pas encore apparu, mais qui, déjà, avait empourpre quelques traînes de brume paresseuses qui flottaient, inertes, au-dessus de l'horizon. A la vue de cette capeline rouge, François fit une gri­mace. «Le temps va changer !», se dit-il.
Ce matin-là, nous étions le dimanche 24 décembre 1967. Pour l'agriculteur, ce jour serait comme les précédents, avec la routine biquotidienne de la ferme que constituaient les soins aux trou­peaux. Après le casse-croûte, il enfournerait le pain à cuire. Il emploierait ensuite la matinée à bricoler. Il y avait toujours une machine à réparer, quelques planches à clouer, quelques fils à rattacher. Cet après-midi, il ne ferait pas grand-chose. C'était dimanche ! Et demain, ce serait Noël. Il se contenterait de s'oc­cuper du bétail. Ce soir, sa mère aurait préparé un repas plus copieux qu'à l'habitude, un repas de fête. La traditionnelle soupe de légumes, mitonnée sur le bord de la cuisinière, serait au menu, agrémentée de tranches de pain de seigle. Puis, elle servirait fiè­rement un bloc de foie gras de sa fabrication. Leurs yeux se croi­seraient alors et son fils lui adresserait un compliment. Ensuite, il y aurait du confit de canard accompagné de cèpes, quelques feuilles d'endives, le fromage de la ferme et un gâteau. François déboucherait deux bouteilles, une de monbazillac et une de côtes-du-rhône, qu'ils ne finiraient pas ce soir, mais demain au repas de midi. Une fois le dîner terminé, tous deux s'installeraient devant la télévision, qu'ils avaient achetée deux semaines plus tôt. Cette récente acquisition allait leur tenir compagnie et les divertir durant les longues soirées d'hiver, et ils seraient au courant des nouvelles, dans leur campagne isolée.

Présentation de l'éditeur :

François vit auprès de sa vieille mère, au Pech du Pâtre, portant à bout de bras la propriété familiale dont il améliore petit à petit le confort avec l'espoir secret de fonder un foyer. Seul ennui, ce célibataire de 40 ans et sa mère ne parviennent pas à s'entendre sur le choix de la promise. Et voilà que ce soir-là, en cette veille de Noël 1967, alors que la neige recouvre le plateau aux terres noires, un couple vient frapper à leur porte. Tombés en panne, un peu plus bas, Helen, l'Anglaise, et Gabriel, le Parisien, deux jeunes gens en quête de retour aux sources, demandent l'hospitalité.
Dès lors, au Pech du Pâtre, plus rien ne sera comme avant. La neige est tenace et s'accroche au pays. Bien mieux que Gabriel qui se morfond et décide de repartir à Paris. L'Anglaise, quant à elle, a choisi de rester. Commence alors entre elle et François une histoire d'amour un peu folle sous les yeux désapprobateurs de la marâtre. Mais l'Anglaise, à son tour, s'envole comme une hirondelle avec l'enfant né de leur rencontre. François ne peut plus attendre : il part à son tour Outre-Manche où il rencontre Susan, la soeur d'Helen, jeune femme tout aussi extravagante.
De retour au Pech du Pâtre, où les hivers du coeur suivent les printemps de l'âme, François ne vit plus que dans une espérance de jours plus calmes. Sa vieille mère décédée, il rêve que reviennent vivre auprès de lui son fils et la fille des neiges.

Paul Peyssonnerie nous donne là un roman de terroir coloré, riche en rebondissements, dans lequel il met en scène, avec psychologie et fantai­sie, le célibat rural et la quête parfois rocambolesque de l'âme soeur.

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Edité par LUCIEN SOUNY (2007)
ISBN 10 : 2848861401 ISBN 13 : 9782848861401
Ancien(s) ou d'occasion Paperback Quantité : 1
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Description du livre LUCIEN SOUNY, 2007. Paperback. État : OKAZ. - Nombre de page(s) : 330 - Poids : 542g - Genre : Littérature française Romans régionaux. N° de réf. du libraire O1977705-666

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