Lettres à son ami Henry de Castries (1901-1916) : Sa vie au Sahara, ses réflexions sur l'Islam...

 
9782853136525: Lettres à son ami Henry de Castries (1901-1916) : Sa vie au Sahara, ses réflexions sur l'Islam...
Extrait :

RENCONTRE

Quand et comment Henry de Castries et Charles de Foucauld se sont-ils rencontrés pour la première fois ? En réalité, il faut dire : quand H. de Castries a-t-il refusé de rencontrer pour une première fois Charles de Foucauld ? En 1881, quand le sous-lieutenant Foucauld eut réintégré l'armée en Algérie et participé à l'expédition dans le Sud-Oranais contre le mouvement insurrectionnel de Bou-Amama ; Henry de Castries a fait partie de l'expédition en question, mais, selon le témoignage même du fils de Madame H. de Castries, il n'a pas voulu ensuite, à Alger, frayer avec Foucauld : «Le capitaine de Castries, prévenu contre les incorrections passées du jeune officier, avait évité de le rencontrer pour ne pas avoir à le présenter à sa femme.»
Il faut préciser que la femme d'Henry de Castries était, on le verra, la fille d'un soldat qui avait pris une part importante à la conquête de l'Algérie, étant connu tout particulièrement pour avoir reçu, en 1847, la soumission d'Abd el-Kader : le général de La Moricière. Lequel s'était mis ensuite au service du pape, avait réorganisé l'armée des zouaves pontificaux qui avait été battue en 1860 par les Piémontais. Devenue veuve avec un fils, Isabelle de Dampierre avait épousé en 1880 Henry de Castries, qui adopte son fils Jacques en 1902. Nul doute que Ch. de Foucauld aurait aimé saluer la fille de La Moricière. Nul doute que H. de Castries n'avait pas voulu présenter sa femme à un officier qui, en 1880, était arrivé à Alger avec son régiment mais s'était aussi accompagné d'une demi-mondaine qu'il n'avait pas hésité à présenter comme sa femme, à la grande indignation de tous.
Foucauld retrouve l'estime de Castries un peu plus tard, après avoir accompli son exploration marocaine. Castries entre alors en lien avec Foucauld : «Il n'eut avec lui de relations un peu plus tard qu'à l'occasion du prodigieux voyage au Maroc qui le réhabilita de la manière éclatante que l'on sait. Connaissant mieux que personne les inimaginables difficultés d'une telle Reconnaissance au Maroc, Henry de Castries considérait cette exploration comme la plus courageuse, la plus habile et la plus méritoire de toutes celles de cette époque, pourtant fertile en explorateurs héroïques. Il fut donc extrêmement flatté de l'hommage que Foucauld rendit publiquement à ses propres travaux en rendant compte de son voyage à la Société de Géographie et plus touché encore lorsque Foucauld, pour perpétuer cet hommage, lui fit don du manuscrit de sa magnifique Reconnaissance. De cordiales relations s'établirent dès lors entre eux, d'autant plus suivies que les données rapportées par Foucauld du Maroc arrivaient à point pour achever la carte de ce pays, en cours de préparation au Service Géographique de l'armée» (JD pp. 40-41).

Présentation de l'éditeur :

La correspondance de Charles de Foucauld avec Henry de Castries s'étend sur quinze ans, depuis l'ordination sacerdotale du Père de Foucauld (1901) jusqu'à la mort de celui-ci (1916); années sahariennes de Beni Abbès et de Tamanrasset, années spirituellement les plus épanouies et les plus créatrices du Bienheureux.

Cette correspondance s'ouvre avec le plus précis, le plus beau récit que Charles de Foucauld a donné de sa conversion (1886), récit qu'il confie à un ami très cher et très estimé. Elle révèle les conditions concrètes de la vie qu'il a menée au désert, non pas en ermite, mais en être relationnel ouvert à de multiples rencontres et en savant linguiste et ethnologue.

Si nous n'avons pas les lettres d'Henry de Castries, la personnalité et la stature scientifique de celui-ci se découvrent à travers cette correspondance : un explorateur, historien, spécialiste de l'Islam (il vient de publier L'Islam, livre qui fait aussitôt autorité et demeure aujourd'hui, plus que jamais, d'actualité). Charles de Foucauld a trouvé, dans son ami Henry de Castries, un interlocuteur avec qui l'échange est d'emblée de haute volée.

Cette correspondance se termine par la publication - restituée - d'une longue lettre écrite par Charles de Foucauld à René Bazin quatre mois avant sa mort, lettre où il est tout particulièrement question, d'une part de son attitude envers l'Islam, et d'autre part de son désir intense de faire naître des vocations de «défricheurs évangéliques».

Elle est présentée et mise en texte par Brigitte Cuisinier et Jean-François Six, historiens, spécialistes de Charles de Foucauld.

Une première édition, en 1938 (Grasset), avait été réalisée par Jacques de Dampierre, fils adoptif d'Henry de Castries. Épuisée depuis longtemps, elle peut, aujourd'hui, être reprise et augmentée grâce à la famille d'Henry de Castries et tout particulièrement à son arrière-petite-fille, Aymardine Matray de Dampierre.

Charles de Foucauld est un militaire français devenu voyageur, homme de lettres, puis moine. Il fut assassiné dans son ermitage au fin fond du Sahara. Béatifié, il est l'un des saints français les plus connus et les plus aimés.

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