Roman d'un voyageur : Victor Collin de Plancy, l'histoire des collections coréennes en France

 
9782862667195: Roman d'un voyageur : Victor Collin de Plancy, l'histoire des collections coréennes en France
Extrait :

DIPLOMATIE CULTURELLE, DE VARAT À COLLIN DE PLANCY LES COLLECTIONS CORÉENNES DU MUSÉE GUIMET, AU XIXe SIÈCLE

«Les Sciences ont pris successivement possession de toutes les contrées de l'Orient, à la seule exception de la Corée. Cette péninsule, dont l'Histoire remonte aux temps les plus reculés des Annales asiatiques, et qui, de nos jours, compte grâce à sa position stratégique de premier ordre au nombre des contrées les plus importantes de l'Extrême-Orient, cette péninsule, dis-je, rigoureusement fermée à toutes les puissances maritimes de l'Occident, demeure à l'état d'énigme, dans une obscurité d'autant plus regrettable que de sa connaissance dépend sans doute la solution de plusieurs des grands problèmes ethnographiques de l'ancien monde.»

Léon de Rosny, Sur la Géographie et l'Histoire de la Corée, Paris, 1868

L'histoire des collections coréennes au Musée Guimet s'inscrit dans un contexte historique bien précis. Elle est à la fois logique, le reflet d'une époque où la Corée, dernier territoire fermé, à l'est de l'Asie, se retrouve brutalement plongée au coeur de l'actualité. Mais elle est aussi le résultat du hasard et de connexions qui sont d'abord humaines. Elle n'aurait pu se faire sans l'idée de Charles Varat (1843-1893) d'aller voir en Corée, en 1888, ce qu'il en était de ce pays lointain. Elle n'aurait pu se faire sans la connivence entre l'explorateur et le diplomate Victor Collin de Plancy (1853-1922), qui rejoint son poste alors et qui, par goût et sensibilité, prend pleinement la mesure de la carte culturelle dans la diplomatie. Elle n'aurait pu se faire sans l'entremise de Félix Régamey (1844-1907) avec Hong Jong-ou (1854- ?) l, venu en France en 1891 étudier la modernité sur le modèle occidental, et le directeur du tout nouveau Musée Guimet, Émile Guimet (1836-1918), qui malgré son attirance pour le Japon a une vision globale de l'Asie du Nord-Est. Elle n'aurait pu se faire sans l'approche que ce dernier impulse à cette institution, qu'il voit comme un laboratoire d'idées, ouvert sur des domaines ignorés jusque-là, inaugurant en 1893 une galerie coréenne pour abriter la collection de Varat, avec l'aide d'Hong Jong-ou. Elle n'aurait pu se faire enfin sans l'aval des autorités coréennes qui acceptent le projet de voyage proposé par Varat, grâce à Collin de Plancy, et qui, après avoir tenté la carte américaine, tendent à se rapprocher de la partie française qui, paradoxalement, malgré la faiblesse de sa communauté, se distingue des autres par ses liens très étroits avec les milieux catholiques, et notamment les Missions étrangères de Paris, celles-ci reprenant le flambeau des missions en Asie après la destitution de la Compagnie de Jésus par Rome en 1773.
C'est grâce à ce noyau qu'il sera possible, lors de la rénovation du Musée Guimet en 2001, de bâtir une galerie coréenne qui reprend, plus de cent ans après, la toute première galerie créée dans cet établissement, quatre ans à peine après l'ouverture officielle de ce musée national consacré à l'Asie. Certes, en 1889, quand le musée apparaît, sur fond d'exposition internationale à Paris - qui voit la Tour Eiffel s'ériger en symbole de la puissance française -, la Corée est loin d'être une priorité.
Les enjeux sont ailleurs. La France est alors de plus en plus impliquée dans l'aventure indochinoise et la Chine, plus à l'est, reste l'Eldorado. Pourtant, si le traité d'amitié et de commerce entre France et Corée ne date que de 1886 - bien après les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne ou l'Italie, voire encore le Japon -, les contacts ont existé avant, de façon ponctuelle et même plutôt violente, lors de l'expédition de Kanghwa-do en 1866.

PREMIERS CONTACTS ENTRE FRANCE ET CORÉE

À cette époque, le «Royaume Ermite» vit sous la protection de la Chine, hermétiquement fermé à tous les étrangers, ne tolérant guère que la présence japonaise à Pusan. Si, dès le XVIIIe siècle, Jean-Baptiste d'Anville (1697-1782) en a dressé la carte, le pays reste un monde inconnu que ne font qu'effleurer les premières reconnaissances navales effectuées par la France. Jean-François de Lapérouse (174l-1788) reconnaît le détroit de Corée, et les rochers Liancourt, l'actuelle île de Tokto, sont localisés en 1849 par des navires français mais cela s'arrête là. Pourtant, malgré son isolement, la Corée est loin d'être en dehors du monde. Vivant à l'heure confucéenne, le royaume connaît ainsi une progression fulgurante de la religion catholique dans toute la société, après la conversion à Pékin en 1784 d'un diplomate coréen, Yi Sung-hun, membre de la mission officielle dépêchée par Séoul auprès de «l'Empire du Milieu». Les milieux confucéens «libéraux», travaillés par le mouvement Silhak ou la Voie du réel, glissent en effet facilement vers le catholicisme qu'avaient introduit les Jésuites - sohak, la Voie de l'Ouest-, en réaction contre un néo-confucianisme jugé par trop rigide voire même inefficace. C'est à la suite de cette diffusion très rapide à travers le pays qu'arrivent, à la demande des milieux catholiques coréens, les premiers missionnaires. Ceux-ci sont français et relèvent de la Société des Missions étrangères de Paris. Devant cette expansion très rapide, le régent à la poigne de fer, Taewon'gun, père du futur roi Kojong (règne de 1863-1907) semble avoir pris ombrage et se lance, soudainement et de façon très brutale, dans une persécution systématique contre les catholiques, français et coréens, et ce après avoir longtemps laissé faire.

(...)

Présentation de l'éditeur :

L'année France-Corée débutera en 2015. Organisée sous l'égide de l'Institut Français, elle est l'occasion de mettre en avant un pays singulier et encore méconnu.

Sèvres - Cité de la Céramique organise une exposition du 20 janvier au 20 juillet consacrée à l'histoire des collections de céramiques coréennes en France et aux différents aspects de la création céramique depuis ses débuts, au Ier siècle, jusqu'aux créations contemporaines d'artistes revisitant la tradition. Une grande partie de ces pièces a été ramenée par Victor Collin de Plancy (1853-1924), grand connaisseur de l'art de la Corée et premier consul de France dans le pays.

Une première partie du livre invite au voyage sur les traces de Collin de Plancy à la rencontre du «pays du matin calme», la Corée, au XIXe siècle.

La seconde partie propose de découvrir les oeuvres rassemblées pour l'exposition, les céladons de l'époque Kôryô - ces pièces à la couverte vert bleuté admirées dans le monde entier -, les sobres porcelaines des lettrés, la grande jarre au décor de dragon - l'une des pièces maîtresses du musée -, l'art populaire né à la fin du XVIIIe siècle ou encore les créations contemporaines des «Trésors vivants nationaux».

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1.

Collectif; Frédéric Bodet; Jean-Philippe Dumas; Philippe Bruguière; Pierre Cambon
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Description du livre LOUBATIERES, 2015. Paperback. État : NEUF. L'année France-Corée débutera en 2015. Organisée sous l'égide de l'Institut Français, elle est l'occasion de mettre en avant un pays singulier et encore méconnu.Sèvres - Cité de la Céramique organise une exposition du 20 janvier au 20 juillet consacrée à l'histoire des collections de céramiques coréennes en France et aux différents aspects de la création céramique depuis ses débuts, au Ier siècle, jusqu'aux créations contemporaines d'artistes revisitant la tradition. Une grande partie de ces pièces a été ramenée par Victor Collin de Plancy (1853-1924), grand connaisseur de l'art de la Corée et premier consul de France dans le pays.Une première partie du livre invite au voyage sur les traces de Collin de Plancy à la rencontre du " pays du matin calme ", la Corée, au xIxe siècle.La seconde partie propose de découvrir les oeuvres rassemblées pour l'exposition, les céladons de l'époque Kôryô - ces pièces à la couverte vert bleuté admirées dans le monde entier -, les sobres porcelaines des lettrés, la grande jarre au décor de dragon - l'une des pièces maîtresses du musée -, l'art populaire né à la fin du xVIIIe siècle ou encore les créations contemporaines des " Trésors vivants nationaux ". - Nombre de page(s) : 266 - Poids : 1488g - Genre : Mobilier, Antiquités, Design, Décoration d'intérieur, Métiers d'art. N° de réf. du libraire N9782862667195

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