La circoncision : Parcours biblique

 
9782872992324: La circoncision : Parcours biblique
Extrait :

Extrait de l'avant-propos

L'histoire des religions réserve parfois quelques surprises et recèle encore bien des énigmes. Ainsi en va-t-il à propos de la circoncision. D'un côté, et malgré l'ancienneté et l'expansion géographique quasi universelle de ce rite, l'origine de celui-ci reste largement obscure. D'un autre côté, et eu égard à la dimension symbolique et à l'importance que prendra la circoncision dans la tradition et l'histoire juives, le corpus des textes bibliques paraît, somme toute, assez restreint. Le nombre d'interprétations, de commentaires, de coutumes et de représentations que la circoncision engendre - que celle-ci soit comprise comme signe de l'alliance, comme rituel protecteur, comme marqueur d'identité ou encore, de manière métaphorique, comme signe de conversion (la «circoncision du coeur») - est ainsi sans commune mesure avec la quantité relativement limité des lieux scripturaires sur lesquels ces traditions se fondent.
L'inventaire est donc assez simple à établir. Pour la Bible hébraïque, tout tourne autour de deux racines (moûl, «circoncire» et ‘âral, «être incirconcis», «prépuce») et d'une demi-dizaine de récits, tous servant à attester que les patriarches et les ancêtres d'Israël se sont soumis à ce rite : Abraham, son fils Ismaël, et toute sa maison (Gn 17,9-27) ; Isaac (Gn 21,4) ; Moïse ou son fils (Ex 4,24-26) ; la génération de l'Exode (Ex 12,43-50) ; celle de l'entrée en terre promise (Jos 5,2-9). À ces mentions principales qui représentent environ la moitié des occurrences, on peut encore ajouter l'une ou l'autre référence plus ponctuelle telle la loi sur le garçon qui vient de naître (Lv 12,3), la formule stéréotypée et récurrente pour désigner les Philistins (Jg 14,3 ; 15,18 ; 1 S 14,6 ; 17,26.36 ; 18,25-27 ; 31,4 ; 2 S 1,20 ; 3,14 ; 1 Ch 10,4) ou, plus largement, les étrangers (Gn 34,14-24 ; Is 52,1 ; Jr 9,24 ; Éz 28,10 ; 31,18 ; 32,17-32 ; 44,7-9 ; Ha 2,16), et enfin, les usages métaphoriques tels que la circoncision des lèvres (Ex 6,12.30), du coeur (Dt 10,16 ; 30,6 ; Lv 26,41 ; Jr 4,4 ; 9,25 ; Éz 44,7-9), des oreilles (Jr 6,10) et même des arbres (Lv 19,23) !
Au risque de surprendre, la moisson est proportionnellement plus abondante dans le Nouveau Testament, prouvant - s'il en était besoin - combien la question de la circoncision a pesé, dès l'origine, sur l'histoire des relations entre le judaïsme et le christianisme. Les substantifs (akrobustia : «prépuce», «incirconcision», d'où «les païens») et (peritomé : «circoncision», d'où «les juifs») et le verbe (peritemno : «circoncire») y figurent plus de soixante-dix fois. Mais là encore, le corpus n'est pas sans présenter quelques caractéristiques intéressantes. Tout d'abord, hormis une brève évocation, comme en passant, de la circoncision de Jean-Baptiste (Le 1,59) et de Jésus (Le 2,21) et une polémique de ce dernier avec les Juifs (Jn 7,22-23), les évangiles n'abordent pas le sujet. Par contraste, la question du shabbat y apparaît bien plus conflictuelle. Ensuite, c'est chez Paul, et surtout dans les épîtres aux Romains et aux Galates, que l'on trouve la majorité des attestations (près de 80 %). Enfin, l'usage métaphorique y est quasiment absent : sauf une exception (Rm 2,29), quand ils parlent de circoncision, les auteurs du Nouveau Testament visent toujours la circoncision charnelle, concrète, même si c'est pour chercher à en démontrer la caducité et l'inefficacité.
Pourquoi alors s'intéresser encore à cette réalité si triviale - quoi de matériellement plus insignifiant, en effet, que ce petit bout de chair excisé ? - dont le christianisme s'est cru peut-être trop aisément débarrassé alors que le judaïsme en a fait un marqueur d'identité emblématique ? Sans aborder les multiples aspects (historiques, psychologiques ou psychanalytiques, sociologiques, prophylactiques, voire politiques et juridiques) pourtant intéressants d'une telle question, l'ouvrage présent gage qu'en revisitant les sources bibliques et en remontant aux origines de la séparation entre le judaïsme et le christianisme, il peut - entre la valorisation des uns et l'occultation des autres - contribuer à fournir quelques éléments éclairant non seulement les raisons, mais aussi certaines conséquences d'une telle disparité d'attitude. Ce faisant, il espère bien aussi montrer le bénéfice - même de façon indirecte - que les chrétiens, surtout occidentaux, pourraient tirer d'une réappropriation de certaines richesses du donné biblique et traditionnel, notamment au plan liturgique et théologique comme à celui des relations avec le judaïsme.

Présentation de l'éditeur :

En jugeant, le 7 mai 2012, que la circoncision était assimilable à une blessure passible de condamnation, le président du tribunal de grande instance de Cologne ne s'attendait sans doute pas à susciter une polémique aussi vive, qui allait très vite franchir les frontières de son pays. Pris dans une logique trop exclusivement juridique, il oubliait, sans doute, qu'en contestant la légitimité de ce rite, sous prétexte d'atteinte à l'intégrité physique de l'enfant, il faisait fi de dimensions symbolique et religieuse pourtant essentielles aux yeux de nombreux croyants, juifs, musulmans, mais aussi chrétiens.

Cet ouvrage, même s'il croise l'actualité, n'entend pas réagir à celle-ci - le séminaire de recherche dont il est issu précède d'ailleurs l'événement - et encore moins entrer dans la polémique. En revisitant la quasi-totalité des textes bibliques sur le sujet, Nouveau Testament inclus, les six contributeurs cherchent, au contraire, à scruter la signification de ce rite aux origines obscures et à mieux comprendre, au travers des textes qui le fondent, sa signification et son importance. On peut toutefois espérer que ce recueil contribue à éclairer le débat.

Les auteurs : Régis BURNET (UCL, Louvain-la-Neuve), Elena DI PEDE (Université de Lorraine), Didier LUCIANI (UCL, Louvain-la-Neuve), David MEYER (Université grégorienne, Rome), Simon-Claude MIMOUNI (École pratique des hautes études, Paris), Michel REMAUD (Institut Albert Decourtray, Jérusalem), André WÉNIN (UCL, Louvain-la-Neuve).

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