Hôpital de l'océan - La panne 1914-1919

 
9782874663345: Hôpital de l'océan - La panne 1914-1919
Extrait :

Extrait du prologue

Le passé est un pays étranger
L.P. Hartley

Qu'est-ce qu'une génération perdue ? Une catégorie d'âge que l'on sacrifie, parce qu'on l'envoie à la guerre, parce quelle s'inscrit dans une tache aveugle de l'Histoire

J. De Decker

Perth, Australie, 4 mai 2011. L'Australian Broadcasting Corporation, la télévision publique australienne, vient d'annoncer que l'ultime vétéran connu de la Première Guerre mondiale s'est éteint à l'âge de 110 ans. Claude Choules, surnommé «Chuckles», était né en Grande-Bretagne le 3 mars 1901. Le dernier «poilu» n'a pas connu la boue des tranchées, mais la marine de guerre et les eaux glacées de la mer du Nord. Ayant menti sur son âge pour s'engager dans l'armée à 14 ans, il rejoint la Royal Navy en 1916, où il sert sur le cuirassé Impregnable. Il est témoin de la capitulation et du sabordage de la Marine impériale allemande au large de l'Écosse, en 1918. Le vétéran se souvenait de la guerre comme d'une période de privation et d'ennui, ponctuée par des moments de danger extrême. Il avait rencontré en Australie, en 1926, une jeune infirmière écossaise, Ethel, et tous deux s'étaient installés au sud de Perth. Le couple connut quatre-vingts années de vie commune, et il eut trois enfants, treize petits-enfants, vingt-six arrière-petits-enfants, deux arrière-arrière-petits-enfants. Claude Choules a vécu ses dernières années dans une maison de retraite à Perth et attribuait sa longévité à «un peu d'huile de foie de morue, une bonne alimentation et de l'exercice physique régulier». Il buvait peu d'alcool et adorait blaguer. Il haïssait la guerre et refusait de participer aux commémorations du souvenir... «Continuer de respirer» était le secret d'une longue vie, confiait-il avec malice (Belga, mis ligne le 5 mai 2011).

Cet homme était le dernier survivant connu des quelque septante-quatre millions de combattants qui furent mobilisés durant la Grande Guerre. Son décès, passé pratiquement inaperçu chez nous, et la disparition progressive des «enfants de 14-18», ceux qui avaient connu le conflit dans leurs années d'enfance, marquent en quelque sorte une rupture historiographique, c'est-à-dire que le temps du témoignage direct s'est éteint avec Claude Choules, laissant la place au temps de l'Histoire «à distance», celle des historiens professionnels, celle des documents et des bibliothèques, et aussi au temps de la Mémoire.

Et que l'écart semble grand entre nous, citoyens du XXIe siècle, et ce que Stéphane Audoin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker, dans leur remarquable encyclopédie, ont appelé «l'immense expérience collective de 1914-1918». Le regard de nos contemporains sur ce cataclysme vieux d'un siècle laisse chez la plupart un sentiment d'étrangeté : nous ne comprenons plus ce conflit dont la violence primale et l'étendue des sacrifices consentis par les soldats et les populations dépassent l'entendement commun.

Un siècle, quatre générations seulement, nous séparent de cette grande hécatombe européenne. Pas très longtemps, finalement, à l'échelle d'une vie. Et la plupart de nos familles ont leur histoire intime, leurs mythes, leur légende minuscule de 14-18. La mienne : mon grand-père paternel Édouard, qui était gendarme à cheval à la 15e brigade mixte en août 1914, eut sa monture abattue sous lui par un parti d'Uhlans en maraude dans les Ardennes. Il y eut aussi ce grand-oncle Alphonse engagé au 10e de Ligne qui fut tué lors de l'offensive finale, le 23 octobre 1918, et dont le frère Joseph finit par épouser la veuve, Ida, après la guerre... Proche donc de nos familles, de nos générations, et pourtant si distante de notre temps d'Union Européenne et de paix pan-continentale, cette guerre, cette «mère de toutes les guerres», nous ne la comprenons plus...

(...)

Un mot de l'auteur :

En pleine tourmente de la guerre 14-18, alors que l'armée belge se bat sur l'Yser, un hôpital de la Croix-Rouge est installé dans l'Hôtel de l'Océan, à La Panne, à une douzaine de kilomètres des premières lignes. L'ambulance du docteur Depage va y soigner les blessés des tranchées et faire progresser la chirurgie de guerre. L'auteur convoque l'étonnante galerie des portraits de ceux qui furent les héros et parfois les victimes de cette saga oubliée : Elisabeth de Belgique, Marie Curie, Alexis Carrel, Alexander Fleming, Edith Cavell, et tant d'autres. Une aventure médicale, scientifique et humaine qui fait se croiser des destins exceptionnels, au coeur des affres de la Grande Guerre...

Eline Van Lysebeth

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