Oeuvres : Coffret 4 volumes : Le Réveil de l'âme ; Théâtre Tomes 1 & 2 ; La Vie de la nature

 
9782874950964: Oeuvres : Coffret 4 volumes : Le Réveil de l'âme ; Théâtre Tomes 1 & 2 ; La Vie de la nature
Extrait :

Introduction de Paul Gorceix

On a toute raison de penser que l'auteur, en allant s'établir à Paris avec Georgette Leblanc en 1896, avait cru possible une collaboration entre lui et la cantatrice. Ariane et Barbe-Bleue et Soeur Béatrice, ces deux librettos où celle-ci chanterait le premier rôle ont été très vraisemblablement composés dans cette perspective. Nouveauté pour Maeterlinck - si peu musicien selon lui - dont seuls les poèmes avaient été mis en musique.

En avril 1899, celui-ci fait part à son traducteur allemand Oppeln-Bronikowski qu'il est en train d'achever Ariane et Barbe-Bleue :

«J'ai en ce moment achevé une sorte d'opéra légendaire ou féerique en trois actes destinés avant tout à la musique, et qui si je trouve à temps un musicien convenable seront représentés à l'Opéra-Comique de Paris l'hiver prochain, titre Ariane et Barbe-Bleue.»

Dès le début, l'auteur avait insisté sur le peu d'importance de cette oeuvre, n'ayant jamais eu l'intention de créer une pièce proprement dite. Dans la note introductive, il précise qu'il ne s'agit là que d'«une petite fantaisie, inoffensive et assez insignifiante», destinée et soumise en tout à la musique, et nullement d'un poème indépendant, autonome et complet par lui-même. En juillet 1899, il faisait part à son traducteur de son intention de distinguer l'Ariane de son drame et l'héroïne de la légende classique d'Ariane :

«Je crois aussi, après réflexion, pour éviter l'équivoque de l'Ariane, symbole historique ou mythologique du délaissement, de changer [sic] le nom d'Ariane en un autre plus conte de fées, plus simplement légendaire, celui de Blanchebelle, par exemple. Le titre serait alors : Blanchebelle et Barbe-Bleue, ou la Délivrance inutile.»

Ce changement de titre fut abandonné. Un seul aspect du mythe grec est resté : Ariane est la libératrice, comme Ariane la fille de Minos donna à Thésée le fil grâce auquel il put sortir du Labyrinthe.

Le compositeur français Paul Dukas se chargea de faire la partition, très déçu en apprenant que l'oeuvre allait paraître en anglais et en allemand, alors qu'il n'en était qu'au début de son travail. La pièce fut jouée à l'Opéra-Comique en 1907. Elle fut créée à la Scala, le 1er avril 1911. Georgette Leblanc y tenait le premier rôle. Voici ce qu'elle note dans ses Souvenirs :

«Cette adorable histoire que Paul Dukas illustra d'une musique géniale est assez peu connue et peu comprise. Cette femme qui vient pour ouvrir les portes du château de Barbe-Bleue aux princesses enfermées et qui, repoussée par les victimes, s'éloigne sans rancoeur pour continuer sa vie de "délivreuse", paraît incompréhensible et même un peu absurde...»

Reste la difficulté d'interpréter cette pièce qu'il faut bien considérer comme une allégorie. Compte tenu de l'affirmation de l'auteur selon laquelle «l'oeuvrette n'a été écrite qu'en vue de l'effet scénique».

Revue de presse :

Les éditions André Versailles republient l'oeuvre complète de Maeterlinck. L'occasion de redécouvrir son chef d'oeuvre La vie des abeilles. La trappe, cette oubliette métaphorique censée escamoter les proses périmées, ne montre pas toujours un discernement à la hauteur de ses responsabilités. Même un prix Nobel ne vous en protège pas. Ainsi les oeuvres de Maeterlinck que viennent de republier, dans une édition luxueuse, les éditions André Versailles ne sont plus guère lues. Quel dommage ! La prose du Nobel 1911 n'est nullement désuète, au contraire, sa majesté classique la rattache à cet âge d'or intemporel de la littérature française, et, partant, la garde de tout vieillissement...La trappe, cette oubliette métaphorique censée escamoter les proses périmées, ne montre pas toujours un discernement à la hauteur de ses responsabilités. Même un prix Nobel ne vous en protège pas. Ainsi les oeuvres de Maeterlinck que viennent de republier, dans une édition luxueuse, les éditions André Versailles ne sont plus guère lues. Quel dommage ! La prose du Nobel 1911 n'est nullement désuète, au contraire, sa majesté classique la rattache à cet âge d'or intemporel de la littérature française, et, partant, la garde de tout vieillissement. (Alexis Brocas - le Magazine Littéraire, février 2011)

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