Faut-Il Juger George W. Bush? Pleins feux sur un rapport qui dénonce la torture et l'impunité

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9782874951633: Faut-Il Juger George W. Bush? Pleins feux sur un rapport qui dénonce la torture et l'impunité
Extrait :

Extrait de l'introduction

Le déshonneur des démocraties

Peut-on, doit-on, juger des chefs d'État ou des hauts responsables de pays démocratiques, dont les forces armées ou les services secrets se seraient rendus coupables, en toute connaissance de cause, d'actes de torture, d'assassinats, de crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité ?

La question interpelle les démocraties depuis des décennies : elle a divisé la France à propos de la torture lors de la guerre d'Algérie entre 1954 et 1962 ; elle a hanté la Belgique après l'assassinat, en 1961, du héros de l'indépendance congolaise Patrice Lumumba.

Cette interrogation, toutefois, est le plus souvent escamotée. Certains l'enterrent dans les zones obscures de l'histoire nationale ; d'autres s'indignent même qu'elle puisse être posée comme s'il s'agissait d'une forme de déloyauté, voire d'un crime de lèse-majesté ; d'autres encore craignent qu'elle n'instaure une équivalence morale «entre Truman et Hitler», ce qui serait évidemment inique et intolérable.

Mais refuser de juger signifierait-il qu'un acte criminel est moins répréhensible s'il est perpétré par une démocratie ? «Sans aucun doute», soutiennent certains apologistes des démocraties musclées : la nature démocratique d'un régime et les fins que celui-ci poursuit - lutter contre le terrorisme ou renverser un «régime voyou» - lui accordent des circonstances atténuantes. Dans le monde tel qu'il est, ajoutent-ils, les démocraties doivent parfois se salir les mains : la nature des conflits asymétriques entre des États-Gulliver empêtrés et des groupes non étatiques qui utilisent tous les moyens - terrorisme, bouclier humain, prises d'otages - pour atteindre leurs fins ne leur laisserait, selon cette école de pensée, guère de choix.

Lorsque des gouvernements jusque-là attachés aux règles du droit international ont été confrontés à des défis majeurs et, en particulier, au terrorisme, ces avocats de la «licence démocratique» ont souvent imposé leurs arguments. «.Le réflexe dominant des démocraties, explique Samy Cohen, directeur de recherche au CERI, est de ne pas se laisser entraver par le droit international, lequel n'offre pas de protection suffisante face à des groupes qui justement l'ignorent, lueurs dirigeants ont à défendre leur crédibilité vis-à-vis de leur opinion publique, ils doivent montrer qu'une démocratie n'est pas un régime qui encaisse les coups sans broncher au nom de principes dits universels. Ils ont également à gérer le problème de leur crédibilité vis-à-vis des groupes armés. Respecter le droit international à la lettre reviendrait à envoyer aux terroristes un "message erroné" qui ne pourrait que les encouragera commettre d'autres attentats.»

Pour les partisans de «démocraties exemplaires», au contraire, les actes criminels dont les gouvernements démocrates se rendent coupables sont beaucoup plus graves que s'ils étaient commis par des dictatures, car, en transgressant des valeurs qui constituent leur essence même, ils minent inéluctablement leur légitimité, leur intégrité et leur unicité. Si dans les régimes autoritaires, la torture est la règle, insistent-ils, elle ne peut pas être l'exception au sein des systèmes démocratiques, même lorsque ceux-ci sont confrontés au risque terroriste. «Transgresser les limites établies par les droits humains à propos de la torture, notait en 2004 Kenneth Roth, directeur de Human Rights Watch (HRW), reviendrait à se rapprocher dangereusement de la logique terroriste de la fin qui justifie les moyens.»

Présentation de l'éditeur :

Dans sa croisade contre le terrorisme, l'administration Bush a-t-elle sciemment enfreint les lois américaines et internationales en autorisant la torture : pratique de " simulacres de noyade " dans les interrogatoires de membres présumés d'Al Qaïda, " disparition " de prisonniers ou renvoi vers des pays où ils étaient torturés, prisons secrètes dirigées par la CIA...? Deux noms symbolisent à eux-seuls ces exactions : Abou Ghraib et Guantanamo. S'il reste bien des zones d'ombre, Human Rights Watch, organisation de défense des droits de l'homme basée aux Etats-Unis, apporte dans ce livre de nouveaux éclairages sur les pratiques de l'administration Bush et sur ses responsabilités. Des preuves solides qui embarrassent Washington. Jusqu'à présent, la justice internationale n'a poursuivi que des dictateurs. Quelle attitude adopter face à des chefs d'Etat de pays démocratiques qui violent des droits humains et pratiquent la torture ? A partir du rapport de Human Rights Watch - dont on trouvera ici l'essentiel -, ce livre invite à un débat nécessaire sur des questions fondamentales en matière de justice internationale: l'impunité et la différence éthique entre les démocraties et les régimes autoritaires, en temps de guerre.

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Brody Reed
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