Le film français (1945-1958) : Rôles, fonctions et identités d'une revue corporative

 
9782878546521: Le film français (1945-1958) : Rôles, fonctions et identités d'une revue corporative
Extrait :

Extrait de l'introduction de Laurent Creton, Kira Kitsopanidou et Thomas Pillard

«Bible du cinéma», «bourse du secteur», «courroie de transmission», «éclaireur», «intermédiaire», «Journal officiel du cinéma français», «porte-voix institutionnel» : autant de termes et d'expressions qui révèlent à la fois l'étonnante diversité des rôles et l'importance historique de la revue corporative Le Film français, fondée par Jean Bernard-Derosne et Jean-Baptiste Mauclaire, dont le premier numéro sort le 8 décembre 1944.
Créée quelques mois avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte marqué par des difficultés économiques de grande ampleur, une situation industrielle préoccupante et d'intenses tensions idéologiques, cette publication professionnelle se distingue également par son exceptionnelle longévité, indice supplémentaire attestant de la place toute particulière qu'elle occupe dans l'histoire du cinéma français. La parution du présent ouvrage coïncide avec le 70e anniversaire de la revue, qui non seulement a accompagné sans discontinuer les évolutions industrielles, techniques et corporatives qu'a connues le cinéma en France depuis la Libération, mais n'a jamais cessé depuis cette date d'être considérée par les professionnels comme le journal du cinéma français.
En dépit de son statut de revue de référence et de cette remarquable pérennité, il n'existait à ce jour aucune étude scientifique approfondie portant sur l'histoire de cet hebdomadaire corporatif, ce qui peut s'expliquer à la fois par le manque d'études sur le cinéma français des années 1950 (une période négligée par l'historiographie) et par le manque de travaux portant sur la presse cinématographique en France (même si cette situation semble être en train de changer)2. En effet, bien que Le Film français soit amplement utilisé et cité par de nombreux chercheurs en France et à l'étranger, notamment pour les données chiffrées qu'il présente, il n'a encore fait l'objet d'aucune recherche spécifique. L'un des enjeux de cet ouvrage est de montrer qu'au-delà de son statut de source incontournable pour les chiffres du box-office, la revue, par la quantité des informations qu'elle propose dans son ensemble (des articles aux publicités et de la première de couverture aux tableaux statistiques) constitue une matière extrêmement riche pour les études cinématographiques : il est par exemple possible d'étudier l'évolution des salles de cinéma à partir des documents iconographiques qu'elle contient, tels que les publicités des fournisseurs de matériel.
Ce volume de la collection Théorème vise précisément à combler cette lacune, en prolongeant les perspectives ouvertes par un colloque international organisé à Paris en avril 20143, qui a réuni à la fois des spécialistes du cinéma français, des économistes, des historiens s'intéressant aux rapports cinéma/presse et des professionnels. Son ambition est d'interroger le statut, l'identité et les différentes fonctions du Film français, en réinscrivant la création et les quinze premières années d'existence de cette revue corporative dans son contexte historique, et en portant un regard nouveau sur un ensemble de documents méconnus ou oubliés, qui n'étaient jusqu'ici utilisés que par une poignée d'experts et d'archivistes. Soulignons tout spécialement la place importante réservée dans Le Film français à une iconographie extrêmement riche et variée (reportages illustrés, affiches de films, publicités commerciales, etc.), qui à l'époque participe de sa dimension corporative (comme en témoigne notamment la prédilection de la revue pour une palette graphique «bleu, blanc, rouge»), et qui n'a guère jusqu'ici retenu l'attention des chercheurs. Il s'agira donc ici de soumettre la grande diversité des informations communiquées par la revue à ses lecteurs (photographies, données statistiques, fiches de films, tableaux de tournage, présentations corporatives, bilan hebdomadaire officiel des recettes d'exploitation...) à un examen critique, en se demandant en particulier à quel lectorat ces articles étaient destinés, quelles étaient leurs implications idéologiques, et s'ils étaient au service d'une branche particulière. Envisageant Le Film français à la fois comme source historique et comme archive protéiforme devant être interrogée et mise en perspective, cette démarche est susceptible d'apporter un éclairage sur des problématiques aussi décisives que les rapports France/Hollywood (une question d'économie politique centrale à l'époque, que Le Film français a documentée mais dont il a aussi contribué à fixer les orientations) ou les rapports entre le cinéma et l'État dans les années séparant les mesures prises sous l'Occupation (création du COIC en octobre 1940, installation du système d'avances à la production par l'intermédiaire du Crédit National en mai 1941) du rattachement du cinéma au nouveau ministère des Affaires culturelles d'André Malraux en 1959.

Présentation de l'éditeur :

Créée au lendemain de la Libération, la revue Le Film française pré sente comme le «guide éclairé» de toutes les branches de l'industrie cinématographique. Principal relais des grands débats qui traversent alors le cinéma français, des Accords Blum-Byrnes à la «bataille de la qualité», et témoin privilégié des multiples évolutions que connaît le secteur dans l'après-guerre, elle offre à ses lecteurs quantité d'informations qui lui valent d'être qualifiée de «bible du cinéma».
La revue ne se réduit pas pour autant à ce rôle, mais s'installe progressivement au coeur de l'industrie française du film, tel un «agent de liaison», prenant part à sa professionnalisation et à son institutionnalisation. En peu de temps, Le Film français devient à la fois porte voix institutionnel auprès du CNC, chambre d'écho des nouvelles tendances économiques au sein de l'industrie et organe de défense des intérêts de ses principales parties prenantes, notamment les exploitants.
Fruit d'une recherche pluridisciplinaire menée dans le cadre du programme ANR Cinépop50, cet ouvrage interroge les fonctions de cette revue corporative au sein d'une industrie en voie de modernisation, en la considérant à la fois comme une source et comme un objet d'étude à part entière : de sa création à 1958, quel a été le rôle de ce «Journal officiel du cinéma français» ?

Coordination :
Laurent Creton, Kira Kitsopanidou et Thomas Pillard

Réalisé avec le concours de la Cinémathèque française

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1.

Collectif; Kira Kitsopanidou; Laurent Creton; Thomas Pillard
Edité par Presses Sorbonne Nouvelle (2015)
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CRETON LAURENT, KITS
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ISBN 10 : 2878546520 ISBN 13 : 9782878546521
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