Rêves d'hier et d'aujourd'hui : De Thémistocle à Descartes et à C.G. Jung

 
9782907963060: Rêves d'hier et d'aujourd'hui : De Thémistocle à Descartes et à C.G. Jung
Extrait :

LA SOURCE CACHÉE DE LA CONNAISSANCE DE SOI

La parole delphique attribuée à Pythagore, gnôthi seaut?n, connais-toi toi-même, a une longue histoire en Occident. Le fait même qu'elle devint célèbre grâce à Socrate, puis à Platon, amena un déplacement des efforts tendant à la connaissance de soi, du domaine de la religion à celui de la philosophie. Dès lors, l'homme occidental chercha davantage, dans la religion, la connaissance de la nature et le sens de la totalité de l'univers ainsi que son salut et la délivrance de ses souffrances plutôt que la compréhension empirique de sa propre nature. Dans l'histoire de la philosophie, par contre, on observe que, depuis Platon, les grands esprits concentrèrent leurs efforts sur l'étude des conditions sous-jacentes de notre pensée consciente bien plus que sur celle de l'être humain dans sa totalité. Au cours du dévelop­pement de la philosophie, ce furent avant tout les penseurs introvertis qui tentèrent de pénétrer, par leur réflexion, jusque dans l'arrière-plan de leur propre pensée, ce qui les conduisit à une recherche passionnée des fondements ultimes de la pensée humaine en général. Saint Augustin, Descartes et Kant offrent d'illustres exemples de ce type de quête. Les esprits qui descendirent assez profond dans ces abîmes atteignirent tous, sous une forme ou sous une autre, un facteur irrationnel sis au fond de leur propre conscience et que, pour la plupart, ils nommèrent Dieu.
On vit, d'autre part, se développer ce qu'on peut appeler une psychologie objective, faite d'une observation rationnelle et expérimentale de la nature psychique de l'homme envisagée d'un point de vue extérieur. Cette tendance apparut avec Aristote et conduisit aux différentes doctrines portant sur ce qu'on appelait alors pathê, à savoir les émotions, les affects, etc., de l'être humain, ainsi que sur ses pulsions sociales. Un des avatars modernes de cette exploration de la nature humaine par l'observation extérieure est le «behaviourisme» actuel ainsi que d'autres écoles de même tendance.
Quels que soient les apports positifs de tous ces efforts vers la connaissance de la nature humaine, on ne manque pas de s'étonner, de nos jours, qu'ils n'aient pas pris en considération la source par excellence de la connaissance de soi dans laquelle nous discernons à présent le principal trésor d'informations nous concernant, à savoir l'inconscient et, tout particulièrement, ses manifestations oniriques. On sait que Sigmund Freud qualifia le rêve de via regia, de voie royale vers l'inconscient, et qu'il utilisa les rêves de ses patients pour leur faire prendre conscience de ces pulsions sexuelles dont le refoulement constitue précisément, d'après sa théorie, l'essence même des troubles névrotiques. Selon sa conception, les songes contiennent, sous une forme voilée, des allusions à des désirs pulsionnels dont nous pourrions normalement avoir conscience si les choses se passaient bien. Aussi Freud pensait-il les avoir «expliqués» (au sens de «démystifiés») à l'aide de son système. Au contraire de Freud, C.G. Jung ne put se satisfaire de cette théorie. Face aux rêves, il garda l'attitude qu'il avait adoptée dès ses débuts, estimant qu'ils contenaient un facteur essentiellement inconnu, créé par le fond de l'âme inconsciente et issu de lui, et qu'il s'agissait d'explorer par l'observation expérimentale et empirique, en se penchant sur chaque cas particulier avec l'esprit dégagé d'idées préconçues et empreint d'un souci d'objectivité.
Le rêve demeure jusqu'à ce jour un phénomène vital inexpliqué dont les racines plongent dans les profondeurs des processus physiologiques. Il constitue une manifestation normale et générale présente dans toutes les formes de vie animale évoluée. Nous rêvons environ quatre fois par nuit. Si l'on empêche une personne de rêver, il en résultera de sérieux troubles psychiques et somatiques. C.G. Jung a retenu les aspects suivants du rêve, les considérant comme suffisamment fondés et validés par les faits : Le rêve provient de deux souches différentes : d'un côté les contenus conscients tels que les impressions reçues dans la journée, etc., et de l'autre, les contenus constellés dans l'inconscient. Ces derniers peuvent se diviser en deux catégories :
1. Les constellations provoquées par les contenus conscients ;
2. Les constellations issues de processus créateurs dans l'inconscient.
La signification du rêve peut être formulée comme suit :
1. Le rêve constitue une réaction inconsciente à une situation consciente.
2. Il représente une situation telle qu'elle résulte d'un conflit entre la conscience et l'inconscient.
3. Il manifeste une tendance de l'inconscient qui cherche à provoquer un changement dans l'attitude consciente.
4. Il représente des processus inconscients qui ne permettent pas qu'un lien s'établisse entre eux et la conscience. Ces processus peuvent avoir une seule ou plusieurs causes somatiques ou provenir de sources psychiques créatrices.
De tels processus peuvent donc avoir pour fondement soit des événements intervenus dans l'environnement physique ou psychique du sujet, soit des événements appartenant à son passé ou à son avenir.
En effet, mis à part les rêves de réaction à un choc (par exemple le songe provoqué par l'impact d'une grenade), les rêves ne se contentent jamais de la pure et simple reproduction d'une expérience vécue. Le lien entre le contenu d'un rêve donné et certains événements physiques ou psychiques ou encore des événements à venir ne peut, dans la plupart des cas, être décelé qu'après coup. De tels rêves sont d'ailleurs plus rares que ceux qui contiennent une réaction inconsciente à une situation consciente - soit qu'il s'agisse de la représentation d'un conflit entre la conscience et l'inconscient, soit que s'y exprime cette tendance qu'a l'inconscient à induire un changement d'attitude sur le plan conscient. Quant au trois dernières catégories, il s'agit de repré­sentations de processus psychiques qui se déroulent entièrement au sein du sujet.
Or, dans le cadre de notre étude, c'est à cet aspect important du rêve que nous accorderons notre attention.

Présentation de l'éditeur :

Cet ouvrage est une magistrale application des découvertes de C.G Jung dans le domaine de l'inconscient et du symbolisme des rêves.
L'auteur, qui collabora pendant trente ans avec Jung et possède une longue pratique de l'interprétation des rêves, examine des songes de personnalités historiques, de l'antiquité à nos jours Elle consacre notamment d'importantes études aux célèbres songes de Socrate et de Descartes, ainsi qu'aux rêves qui jalonnèrent et déterminèrent l'itinéraire scientifique de C.G Jung.
Avec sa pénétration habituelle. Marie-Louise von Franz nous fait entrer ainsi dans le «laboratoire» des âmes d'individus exceptionnels, où se préparent et s'annoncent les développements de l'histoire dont nous sommes les héritiers.

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Marie-Louise von Franz
Edité par Jacqueline Renard (1998)
ISBN 10 : 2907963066 ISBN 13 : 9782907963060
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Gallix
(Gif sur Yvette, France)
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Description du livre Jacqueline Renard, 1998. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782907963060

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