Chair et langage : Essais sur Merleau-Ponty

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9782909422565: Chair et langage : Essais sur Merleau-Ponty
Revue de presse :

L'œuvre de Merleau-Ponty se situe au confluent de deux traditions de pensée : la philosophie française, de Descartes à Maine de Biran et Bergson, et la phénoménologie husserlienne et heideggérienne. C'est le rapport à cette seconde tradition de pensée, la plus déterminante du point de vue de l'évolution interne de l'œuvre, que les essais réunis ici ont entrepris de mettre en évidence. Il s'agit en effet, en suivant l'évolution de la pensée de Merleau-Ponty, de la Phénoménologie de la perception à la dernière œuvre inachevée, Le visible et l'invisible, de montrer que l'interprétation de deux thématiques fondamentales, celles de la corporéité et de la chair, qui lui vient de Husserl, et celle du langage et de l'expression, qui le conduit dans une proximité toujours plus étroite avec Heidegger, lui permet de former le projet d'une « ontologie indirecte » et de rompre ainsi décisivement avec le subjectivisme contemporain.

(Jean-Pierre Deschepper 2002-02-01)

[…] Le recueil d'essais publié par Françoise Dastur prend également à charge de comprendre le sens de cette ontologie « de l'ambiguïté », mais de l'intérieur du parcours philosophique. Comment passe-t-on d'une phénoménologie de la perception, d'inspiration encore très husserlienne, à la pensée du Visible et de l'invisible, plus proche de Heidegger ?

(David Rabouin 2001-11-01)

Une douzaine de textes dont certains ont été prononcés ou déjà édités, tous revus, constitue ce bel ensemble sur Maurice Merleau-Ponty organisé autour de la notion de chair, c'est-à-dire de la nature en tant « qu'autre côté de l'homme », et de la notion de langage en tant que logos qui se réalise dans l'homme, « mais nullement comme sa propriété ». Deux noms servent de contrepoint à ces recherches, ceux de Edmund Husserl et de Martin Heidegger, qui furent fondamentaux dans la trajectoire du penseur français. La phénoménologie qui aura donné son impulsion aux recherches de Merleau-Ponty demeure avant tout une tâche, la philosophie même, celle de penser l'homme et le monde d'un seul tenant, hors les abstractions et réifications que les traditions rationaliste et empiriste auront consacrées. Pas plus que le corps n'est une chose, la parole n'est un simple moyen de communication. Le corps que j'ai, doit être distingué du corps que je suis, qui est déjà traversé par des significations qu'il exprime de façon pré-langagière. Le langage n'est pas seulement code institué à la disposition des sujets parlants, il est logos, élément à partir duquel se différencieront perception et expression. La notion de chair, avec celles de monde et d'invisible, constituent les apports les plus importants d'un penseur qui dut subir un « purgatoire » après sa mort (en 1961) avant de ressurgir, avec Jan Patocka ou Eugen Fink comme l'un des plus importants phénoménologues « entre Husserl et Heidegger ».
Les mérites de cet ouvrage, clair et précis, sont nombreux : Chair et langage : essai sur MerleauPonty permet de retracer la genèse d'une pensée en quête d'une « ontologie indirecte », de situer avec exactitude la place de Merleau-Ponty dans la philosophie française de la seconde moitié du XXe siècle et enfin de montrer la richesse d'intuitions que la mort brutale du philosophe aura empêché de développer.

(2002-04-01)

Si les recueils d'article sont parfois décevants, qui rassemblent des fragments hétéroclites et ne tiennent pas la promesse qu'un beau titre prononce, tel n'est pas le cas de "chair et langage". Ce recueil de dix essais de Françoise Dastur, rédigés sur une période de vingt ans, tous consacrés à la réception de l'oeuvre de Merleau-Ponty, trace en touches successives une ligne directrice, qui a la vertu de « faire apparaître l'originalité de la position de Merleau-Ponty dans le "mouvement » phénoménologique, où il se situe (...) « entre » Husserl et Heidegger. Il s'agit en effet en suivant l'évolution de la pensée de Merleau-Ponty, de La phénoménologue de la perception à la dernière oeuvre inachevée, Le visible et l'invisible, de montrer l'interpénétration de deux thématiques fondamentales, celle de la corporéité et de la chair, qui lui vient de Husserl et celle du langage et de l'expression, qui le conduit dans une proximité toujours plus étroite avec Heidegger" (p. 8) Ce qui s'indique ici avec clarté, à l'ouverture du recueil, se confirme au fil des pages, et ouvre un accès original à la lecture de Merleau-Ponty. Par ces lectures de Françoise Dastur, le phénoménologue français se révèle en effet et avec toujours plus de force en explorateur patient du noeud langagier de l'humain, noeud politique et logique, où l'essence du « sujet parlant » se donne en énigme, dans la différence invincible de la langue et de la parole.

(Pascal Marin)

Biographie de l'auteur :

Françoise Dastur a enseigné la philosophie à l'Université de Paris-I de 1969 à 1993 et est actuellement professeur émérite de l'Université de Nice. Son travail et son enseignement portent plus particulièrement sur la phénoménologie et sur l'idéalisme allemand. Elle a publié de très nombreux articles en français, en anglais et en allemand sur Heidegger, Husserl, Merleau-Ponty, Derrida, Ricoeur. Elle est notamment l'auteur de Heidegger et la question du temps (P U F, 1990), Dire le temps, Esquisse d'une chronologie phénoménologique (Encre Marine, 1994), La mort, Essai sur la finitude (Hatier, 1994), Husserl, Des mathématiques à l'histoire (P U F, 1995).

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