La fille qui dort au Céramique

 
9782914033350: La fille qui dort au Céramique
Extrait :

GLAUCON : En vérité, Socrate, le ciel occidental ne t'est guère favorable et la lumière, ici, n'aura jamais la fulgurance qu'elle eut à Delphes ou Olympie.
SOCRATE : Dans la vallée du Kladéos, la lumière dont tu parles est légèrement voilée. Une faible brume s'accroche aux cimes rondes des oliviers. Notre monde n'était pas aussi transparent qu'on l'a cru. C'est à Delphes, tu le sais, où Apollon régnait en maître, que le fronton du temple invitait à connaître - le monde autant que nous-mêmes. Depuis, les dieux sont morts, bel et bien morts. Un mal étrange les a emportés, et qui nous a laissés, nous-mêmes, exsangues...
GLAUCON : Un mal étrange ? Veux-tu parler de ce mal de la connaissance, que tu disais pourtant être un bien autrefois ? Reconnais-toi coupable, alors, mon cher Socrate ! Car c'est bien toi qui les as tués, ces dieux, à moins qu'ils n'aient eux-mêmes souhaité, pour quelque obscure raison, leur propre perte !
SOCRATE : Une hypothèse plus favorable serait qu'ils aient été, comme Dionysos, démembrés et recuits par de nouveaux Titans, non ceux de Diodore de Sicile ou d'Euphorion de Chalcis mais nos modernes machines.
GLAUCON : Sans doute pourrait-on alors espérer que leurs coeurs aient été épargnés et confiés à quelque tombeau; à moins que, selon l'autre légende, ce ne soit leurs corps tout entiers qu'il faille s'attendre, un jour ou l'autre, à voir renaître à la vie.
SOCRATE : Si nous avons tué les dieux, Glaucon, je crains bien que nous n'ayons achevé que des mourants. Souviens-toi qu'aux plus beaux jours de notre jeunesse, leur ancienne brillance était déjà devenue comme la lumière d'Olympie : légèrement voilée, même en plein midi. Mais ce voile, il est vrai, n'était pas pure absence, comme aujourd'hui.
GLAUCON : Dis-moi, Socrate, puisque je t'ai sous la main : que penses-tu, en réalité, de ce monde dépourvu de dieux ? N'est-il pas, après tout, le pur produit de ton démon, l'un de tes rêves secrets, que tu n'osas réaliser ?
SOCRATE : Non. Je ne me souviens pas d'avoir jamais souhaité l'absence du Bien.
GLAUCON : Haha ! Socrate, tu te défends comme un beau diable, et te perds en dérobades ! Aussi poserai-je ma question autrement. S'il te fallait décrire ce monde sans dieux, dans lequel tu nous as entraînés, que dirais-tu ?
SOCRATE : Peut-être me servirais-je d'une image mathématique, comme celle que Platon, jadis, me mettait parfois sur les lèvres...

Présentation de l'éditeur :

Imaginons Socrate après sa mort, dialoguant avec différents interlocuteurs. À ceci près qu'il a pu prendre connaissance depuis le Paradis de toutes les avancées de la science jusqu'à aujourd hui : des mathématiques à la biologie, en passant par l'informatique théorique et la méréologie. Que restera-t-il de sa fameuse théorie des idées et plus largement de la pensée de son disciple Platon ? C'est à un véritable retournement philosophique que nous convie Daniel Parrochia, non sans humour et avec beaucoup de sérieux, dans La fille qui dort au Céramique. À travers trois dialogues qui fleurent bon la Grèce Antique, le lecteur se rendra compte que Platon, s'il était un tant soit peu logique, ne pouvait que devenir antiplatonicien.

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Daniel Parrochia
Edité par Le Corridor Bleu (2012)
ISBN 10 : 2914033354 ISBN 13 : 9782914033350
Neuf(s) Quantité : 3
Vendeur
Gallix
(Gif sur Yvette, France)
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Description du livre Le Corridor Bleu, 2012. État : Neuf. N° de réf. du libraire 9782914033350

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