La Relation Educative selon Xavier Thévenot

 
9782914547857: La Relation Educative selon Xavier Thévenot
Extrait :

Avant-propos de Chantal Paisant, Maître de conférences à l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 Ancien Doyen de l'ISP-Faculté d'éducation de l'Institut Catholique de Paris

Le lieu d'une possible rencontre est dans nos différences... puisque chacun est unique. «Parce que c'était lui, parce que c'était moi...» : parce que c'était lui à nul autre semblable, parce que c'était moi à nul autre Semblable. Parce que chacun est unique, à chaque étape de la vie se poursuivent des apprentissages pour lesquels une vie ne suffit pas.

Apprendre que l'autre n'est pas moi : apprendre à éviter le mirage de l'alter ego (lui ou moi), à résister aux désirs de similarité, des amours fusionnelles aux rivalités mimétiques (moi comme lui) ou faux dialogues narcissiques (c'est tout comme moi !). Et puis apprendre aussi que l'autre, si différent, m'est nécessaire : apprendre à refuser le cercle exclusif (Nous et les autres), à renoncer au refuge des identités groupales et claniques, pour construire ma liberté. L'enfermement dans le même est chemin de mort. Apprendre encore et encore, chaque jour, au-delà de tout ce qui réunit, si bon à vivre, à partager, que l'autre m'échappe et que cela est bon ainsi. Plus profond que tout ce qui rassemble, s'ouvre le puits de nos différences, où puiser l'eau de Vie.

Parce que chacun est unique, il n'est de rencontre véritable que dans la déroute où l'autre m'étonne, me déporte et, pour tout dire, me dérange. L'enchantement est à ce prix (il n'y en pas deux comme lui !). Le désarroi aussi - où je désarme mes certitudes. Le lieu de la rencontre n'est pas dans le même, c'est une altérité qui m'altère : elle change mon regard, elle me transforme. Là où je me laisse surprendre par l'imprévu de l'autre, s'ouvre un chemin neuf où je me découvre en le découvrant. La déprise est la condition de la rencontre.

Le lieu-source de la rencontre est le paradoxe : celui où la reconnaissance précède la connaissance ; celui où la confiance précède la preuve. Ainsi l'enfant s'accueille dans sa promesse. Et pour aller plus loin, nommons le troisième paradoxe : le primat de la relation sur les termes qu'elle suscite. Car c'est la relation qui pose les acteurs, avant que les partenaires ne la modifient et ne se laissent à nouveau modifier par elle. Elle dit les places : nous sommes parent, père ou mère, avant de savoir qui sera l'enfant et comment sa venue au monde nous permettra de le devenir. La relation dit les places et elles ne sont pas interchangeables : on est d'abord parent et non pas l'ami de l'enfant, encore moins le copain. On est éducateur social, et non pas le parent ni le jeune que l'on accompagne.

La rencontre ne modifie pas les statuts, elle les transcende : il n'y a de rencontre qu'entre des personnes, au sens profond du terme. Elle dépend de la qualité de la relation. Dans la relation éducative, la possible rencontre s'inscrit au coeur de la responsabilité pour l'autre ; c'est d'abord celle du jeune avec un visage insoupçonné de lui-même - qui que soit ce jeune. Et cependant, et c'est l'ultime paradoxe, la relation, entre les personnes, est à chaque fois unique, ou n'est pas : au lieu où un jeune, blessé, éclot à lui-même dans la reconnaissance de sa singularité. La joie intérieure en est le signe. Elle est réciproque. Elle est au prix d'une ouverture à l'autre où l'adulte lui-même se risque. Peut-on parler d'un 'sacrement de la rencontre' ? C'est ce que le beau livre de Thierry Le Goaziou nous donne à connaître.

Présentation de l'éditeur :

Le contexte sociétal est aujourd'hui marqué par un accroissement continu de la précarité de sujets de plus en plus vulnérables. Cette fragilité touche particulièrement les jeunes et leurs familles qui doivent faire face à de multiples défis, parmi lesquels : réagir contre le décrochage scolaire, s'insérer durablement dans la cité, reconstruire le lien familial.

Le champ de la prévention et de la protection de l'enfance cherche à comprendre les causes de ce processus permanent d'exclusion. Il tente d'inventer de nouvelles approches éducatives en refondant le sens de l'action sociale.

La vision de Don Bosco et de ses successeurs occupe une place prépondérante et légitime dans une juste conception de l'intervention pédagogique. A sa suite et pour aujourd'hui, Xavier Thévenot (1938-2004), moraliste salésien, a développé une pensée positive et innovante sur le sens et le fondement de la relation éducative.

Sa conception, attractive et motivante, est insuffisamment connue au sein du secteur social. Elle s'adresse en particulier aux éducateurs, chrétiens ou pas, mais aussi à l'ensemble des travailleurs sociaux qui accompagnent au quotidien des jeunes en difficulté. Ils y trouveront des repères utiles et constructifs, capables d'éclairer le sens de leur action.

Thierry Le Goaziou est actuellement Directeur du Territoire Bretagne au sein d'Apprentis d'Auteuil (Fondation d'Auteuil). Il poursuit une recherche doctorale en théologie morale à l'Institut Catholique de Paris sur le sens de la relation éducative dans l'oeuvre de Xavier Thévenot.

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(Aucun exemplaire disponible)

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